Jusqu'au bout de l'Asie...

Anecdotes et rencontres, sur les routes du sud Laos

Publié dans Laos

Du 19 au 25 novembre 2012 / Sur les routes du Sud Laos

 

 

Quand le réveil sonne, ce 19 novembre, à 3h30 du matin, 2 solutions s'offrent à nous :

- nous lever immédiatement et mettre la tête sous l'eau.

- nous rendormir.

Courageux, nous ne céderons pas aux appels de la couette !

Notre bus est "censé partir" à 5h00, un transport est "censé venir" nous prendre à 4h00 à l'hôtel. Il ne passe finalement qu'à 5h00 et nous dépose près du bus, 200 mètres plus loin ! Aaaaah... L'organisation Cambodgienne ! 1h30 de sommeil perdu !

 

Dernières images avant la frontière Cambodge / Laos.

 

Environ 11 heures plus tard, nous arrivons au poste-frontière ! Au préalable, nous remplissons la paperasse dans le bus et payons 36 dollars afin d'obtenir le Visa. Tiens, 36$ ? Alors que c'est officiellement 35 ! Le prétexte : "Vous le faites avec nous dans le bus et cela ira vite. Si vous voulez le faire à la frontière, vous risquez d'en avoir pour longtemps". Te casse pas, on a compris ! Les sociétés de bus gagnent de l'argent et versent un bakchich aux douaniers qui, du coup, refusent les voyageurs solitaires. Bons princes, nous payons notre dollar supplémentaire et nous évitons par là même une "légère contrariété" ! Ce n'est pas le cas de tous ! 3 Américains et un couple Français ont décidé de changer le monde. Et par là même, les petits arrangements indo-chinois ! 

 

Arrivée à la tombée de la nuit au poste frontière.

 

Nous récupérons nos passeports, eux sont encore à essayer d'obtenir le tampon de sortie du Cambodge. Peine perdue ! Les américains capitulent, et paient leur dollar en sus ! Nos chers jeunes Français à l'âme révolutionnaire ne désarment pas. Et pendant ce temps là, tout le monde les attend pour repartir ! Cela tourne vinaigre : pas de tampon de sortie du Cambodge, nos justiciers tentent leur chance au poste Laotien : pas de visa Laotien sans tampon de sortie du Cambodge !! C'est un véritable complot ! Certes, mais ça aurait été bien de le comprendre avant...

Retour au poste Cambodgien qui est fermé !! Mademoiselle n'en peut plus, a honte de faire attendre tout le monde pour 0,80 cts d'euros, et souhaite payer. C'est sans compter sur la ténacité de monsieur qui se met à insulter tout le monde, y compris mademoiselle ! Cela lui fait sans doute très mal, mais finalement, il capitule ! La révolution, ce sera pour plus tard, en attendant, paye ton dollar !

Nous arrivons finalement aux 4 000 îles. Situé à l'extrême sud du laos, ce lieu où le Mékong explose ses méandres sur plusieurs kilomètres de largeur au milieu d'innombrables îlots, est réputé pour être un paradis d'oisiveté et de tranquilité.

 

Vue de la rive de Don Det, l'une des nombreuses îles sur le Mékong, au sud du Laos.

 

 

C'est sur Don Det que nous débarquons. Toute petite île, elle présente pourtant un grand choix de bungalows en bambou, de restaurants étirant leur terrasse jusqu'au fleuve et de bars arborant fièrement leur choix de cocktails "happy" (càd fortement imprégnés de marijuana !). Ce coin attire surtout des jeunes à leur période babacool ! C'est au milieu de cette sympathique faune hirsute que nous rencontrons Daniel et Jeannie, couple franco-malgache. Lui est un "jeune" cadre à la retraite de chez Vinci ayant parcouru le continent Africain dans ses grandes largeurs ! Elle est aide soignante et résiste tant que bien mal aux hivers grenoblois loin de son île tropicale. Nous passons 4 jours ensemble, partageons nos repas et parlons de tout en engloutissant quelques litres de Beerlao. 

 

 

 

 

Nous décidons communément de nous rendre à Don Khong, la plus grande île de l'archipel. Plus d'habitants, et une population touristique plus amatrice de grands espaces que de "happy cake". L'endroit devrait nous convenir. Et nous convient effectivement ! Nous partons à sa découverte en scooters. Très sauvage, les scènes de vie rurale qu'elle renferme nous surprennent : les autochtones semblent préférer leur hamac à leur foscille ! A l'ombre de leur maison sur pilotis, ils profitent de la quiétude environnante. Une célèbre phrase datant de la colonisation française nous revient alors à l'esprit : "les Vietnamiens plantent le riz, les Cambodgiens le regardent pousser et les Laotiens l'écoutent pousser". Caricatural ? Pas tant que ça ! Surtout quand on regarde les différences de développement des 3 pays.

 

Nous croisons des regards qui nous surprennent aussi : où sont les célèbres sourires Laotiens décrits par les guides touristiques ? Sûrement au Cambodge ! Ici, nous ne sommes ni des extraterrestres comme en Chine, ni accueillis par de sincères sourires comme en pays khmer. Nous sommes là, et visiblement, ça n'intéresse personne ! 

 

Nous croisons également des visages et des corps qui nous interpellent : inexpressifs et très maigres, marqués par des années de dur labeur dans les champs et visiblement, parfois, par la maladie. Ici aussi, l'extrême pauvreté semble faire des ravages.  

 

Paysages de Don Khong.

 

  

Petite fille attendant son papa, Don Khong.

 

Entre 2 bières et plats locaux en compagnie de Daniel et Jeannie, Lucy trouve le temps de se faire confectionner un sarong chez une petite couturière locale. Tenue emblématique du pays, le sarong est porté par toutes les Laotiennes. Rappelant le pagne, c'est un tissus noué autour de la taille. A peine le porte-t-elle que déjà sa popularité s'envole. Elle est alpaguée plusieurs fois par jour, les Lao lui communiquant leur joie de voir une occidentale se fondre si bien dans le paysage local !  

 

 

Alors que les douleurs de la cheville blessée de Lucy s'éloignent, la date du 25 et l'arrivée de Camille à Ventiane se rapprochent. Convergence bien arrangeante des évènements, nous décidons donc de mettre cap au Nord. 

Nous embarquons dans un minivan public qui contient en fait bien plus de places que nos yeux et nos exigeances de confort occidentales peuvent bien imaginer. Mais ici, c'est l'Asie, alors on s'y plie, et on se plie !  Et tout le monde rentre. Accueillis chaleureusement par le rocker du coin qui se descend son premier demi litre de beerlao de la journée (il est 8h00) accompagné de quelques cigarettes locales, nous refusons poliment ses offres de tabac et sourions à nous en faire décrocher la mâchoire à chaque fois qu'il trinque à notre intention. 3 heures durant, ce sympathique jeune homme exprimera à sa façon sa joie d'accueillir 2 falangs (occidentaux) dans un minibus typiquement Lao ! 

Nous arrivons finalement à Pakse, grande ville du Sud Laos, dont nous ne verrons que la gare routière. En effet, nous nous empressons de trouver un bus en direction de Savannaketh, qui se trouve dans le centre du pays, sur les rives du Mékong, à mi-chemin entre les 4000 îles et Ventiane.

 

 

A peine avons-nous le temps de prendre nos billets que le bus est déjà sur le départ. Sacré challenge pour un chauffeur que de conduire un tel bus dont le système de transmission semble agoniser un peu plus à chaque changement de rapport. Sacré challenge pour les voyageurs tels que nous d'effectuer un long trajet au milieu des sacs de riz, des poules, sans climatisation, avec des fenêtres qui s'ouvrent quand elles le décident, et une température extérieure avoisinant les 40 degrés ! L'immersion que nous recherchons a un prix ! Nous le payons bien volontiers, conscients malgré le manque de confort, que le souvenir qu'il en restera s'écrit au feutre indélébile. 

 

 

 

 

 

Tandis que le chaud soleil asiatique commence à baisser, laissant la place à un très beau ciel crépusculaire aux faibles lueurs rougeâtres, teinté de quelques nuages épars, notre bus pénètre dans les faubourgs de Savannaketh... Et nous y dépose ! Ce sont les habitants, aimables et accueillants, simples passants ou petits commerçants, qui nous servent de guide, en nous montrant du doigt la direction à suivre. Comment savent-ils où nous allons ?? Naïfs apprentis baroudeurs que nous sommes !! Nous descendons d'un bus, portons 2 sacs à dos alors même que la pénombre tombe sur la ville. Que pouvons-nous chercher d'autre qu'une guesthouse pas trop éloignée du centre ville ? Comme tout le monde en quelque sorte ! C'est finalement un tuk-tuk qui nous fera faire les derniers hectomètres et nous déposera dans un hôtel sans charme mais économique.

 

Arivée à Savannaketh, calme ville de province peu touristique.

 

Le principal attrait de Savannaketh est justement le fait qu'il n'y ait pas d'attrait ! Cette ville peu touristique, posée au bord du Mékong, est l'une des plus importantes du pays. Son économie repose essentiellement sur le rôle de grand carrefour qu'elle joue entre la Thaïlande et le Vietnam. Paisible aux heures de pointe, totalement morte aux heures creuses, la ville donne des envies de déambulations sans but, de rêveries diluées en terrasse de café, de conversations entre voyageurs qui prennent leur temps, de rédaction d'un blog ! 

Nous visitons un superbe temple où un vieux moine nous accueille gentiment en Français. Nous dégustons un poisson grillé en bord de fleuve en observant les immeubles modernes de la Thaïlande voisine. Nous provoquons l'enthousisame du conservateur du musée de paléontologie qui nous montre ses plus belles pièces. Puis le temps se suspend, bien aidé par une intense chaleur n'incitant guère à l'effort. C'est aussi cela voyager. Prendre le temps de s'imprégner de l'ambiance d'une ville, d'un lieu, illustrant à merveille l'atmosphère du pays. C'est ce que permet Savannaketh. Avec guère plus d'agitation qu'aux 4000 îles, elle nous montre ce qu'est le Laos.

 

Vue sur les rives de Savannaketh.

 

   

Clôture de temple / Musée  de paléonthologie.

 

Moines en ballade...

 

Le 24 au matin, nous quittons la ville par le premier bus en direction de Ventiane. Il n'est qu'à moitié plein, et la climatisation marche. Incroyable... Joie de courte durée ! En effet, le chauffeur multiplie les arrêts. Les gens montent, les sacs de riz montent, les sacs de charbon également. Les animaux en tout genre bien sûr. On trouvera même de la place pour un scooter. Après avoir comblé les derniers sièges, le couloir central avec de petits tabourets, les escaliers menant aux ouvertures, l'espace autour du chauffeur, on en arrive à en trouver dans la grande soute à bagages se trouvant au rez de chaussée du bus. Allez, on s'entasse ! On en plaisante, on garde le sourire, on éclate même de rire. Merci aux Lao de nous offrir cela ! Cette faculté de tout dédramatiser, cette propension à rire de tout, ce don de bonne humeur. Ici, le bordel est joyeux, pourvu qu'il demeure ! 

 

Au bout de 12 heures de route (ou ce qui ressemblait de loin à des routes!), notre bus rentre dans la gare routière de Ventiane. Fin d'une drôle d'aventure, d'une drôle d'épopée, d'un sacré road trip en bus public, sur les routes du Sud Laos que nous n'aurons que survoler. Jusqu'à notre prochaine visite...

 

 

La gare routière de Ventiane. Busy !

 

 

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Publié à 04:36, le 11/12/2012 dans Laos, Vientiane
Mots clefs : bus publicsvientianesavannakethFrontière laos cambodge4000 îles


Commentaire sans titre

Publié par Aude, le 13/12/2012 à 00:14
Hihi! Une falang d'un metre 80 en sarong, très couleur locale!! Mais il te manque la peau un peu tannée ma Lulu, de toute évidence, tu abuses un peu trop de la crème solaire!
Vous verrez, au Laos, comme les anciens seront ravis de vous parler un peu français! Profitez! Et puis, après leur génération, il y en aura de moins en moins qui le parleront...
N'oubliez pas de poster de belles photos du marché de nuit à Luang Prabang, encore plus au nord, si vous y allez, c'est absolument charmant.
Plein de bisous...et pour ma part, à dans 5 jours à BKK!!!
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yeah !!

Publié par camille, le 13/12/2012 à 10:01
super article encore. ah les bus du Laos !!! qu'est ce qu'on se marre !!! il doit peser 4 tonnes à la fin le machin. j'ai bien aimé le français qui croit changer le monde. je vois qu'il n'y a pas qu'à roissy que les douaniers sont corrompus, enfin, j'me comprends....
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@ camille

Publié par landry, le 13/12/2012 à 10:06
Ah oui, les fonctionnaires français sont corrompus ?!! Tiens tiens...
Merci pour l'article, le tien est chaud, presque prêt !!
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mdr

Publié par Hélène, le 13/12/2012 à 18:49
Incroyable cette histoire de frontière et de visas!
PS: on veut une photo de Lulu avec le sarong, pas entrain de se faire mesurer....
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Prendre le temps. Prendre le temps avec les gens, avec la vie, avec nous-même. Prendre le temps de découvrir des cultures, des langues, des coutumes. Prendre le temps d'apprendre des autres, d'apprendre à se débrouiller dans un environnement totalement inconnu, d'apprendre sur soi. Pour prendre ce temps, quel meilleur moyen que de se déplacer en train depuis Paris jusqu'au bout de l'Asie...

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