Jusqu'au bout de l'Asie...

Bangkok / premières incursions

Publié dans Thailande

Du 17 au 24 décembre 2012 et du 4 au 7 janvier 2013 / Bangkok / Capitale de la Thaïlande

 

Centre-ville de Bangkok.

 

La traversée des faubourgs de la ville est interminable. Notre train vieillot s'arrête dans toutes les gares de banlieue. La ligne de chemin de fer forme une parallèle à une immense rocade surplombée d'une gigantesque autoroute suspendue, et est entourée de tours de béton disgrâcieuses. L'énorme effervescence de la cité Thaïlandaise, illustrée sous nos yeux par l'impressionnant trafic automobile du petit matin, coincé dans un décor urbain anarchique, est la première image d'elle-même qu'elle nous offre.

 

Après le slalom effrenné de notre tuk-tuk au milieu de diverses cylindrées toutes plus polluantes les unes que les autres, nous élisons domicile dans l'ouest de la ville, plus cheap que les autres quartiers. C'est dans différents soi (petite rue perpendiculaire à une artère principale) de Samsen Road que nous posons nos baluchons dans les auberges voulant bien nous accueillir. Entouré de temples, bordé par la chao phraya (fleuve qui traverse la ville), et tout proche du quartier de Thewet, notre repère devient vite notre chez-nous. Nous passerons du temps à Bangkok, au gré de nos pérégrinations dans le pays, des routes de nos proches qui croisent les nôtres, et de la fascination que nous aurons pour cette ville exténuante, mais tellement exaltante.  

 

La Chao Phraya, depuis un quai de bâteau-bus 

 

Les écrivains en herbe, les aventuriers de tout poil, les rédacteurs de guide touristique, les bloggers (!), rivalisent tous en superlatifs, qualificatifs et autres dénominations tapageuses pour coller une étiquette à Bangkok. En ce qui nous concerne, nous resterons simples. Inutile d'ouvrir le dictionnaire des synonymes de google ! Pour nous, Bangkok, c'est le mélange. Mélange des gens, mélange des genres. Mélange de couleurs, mélange d'odeurs. Mélange de riches et pauvres, de buildings et cabanes, de gargottes et palaces, de tuk-tuks et berlines, de centres commerciaux gigantesques et petites échoppes anonymes. Tout se mixe, tout se rencontre et tout explose dans un incroyable fatras désordonné. Petits restos à 3 francs 6 sous (même pas en fait!) au pied du central world, le plus moderne et luxueux des centres commerciaux. Une altère ultra-bruyante et embouteillée aboutit sur une autre, où les oiseaux se font entendre le long d'un canal s'écoulant lentement. Les bâteaux se croisent et se rasent en descendant la chao phraya. Certains déversent leurs groupes touristiques, d'autres transportent leurs travailleurs bangkokais côtoyant des voyageurs indépendants, d'autres enfin, privés, sont à la recherche du touriste voulant explorer les célèbres khlong (canaux traversant le vieux bangkok). Les opposés s'attirent à Bangkok, et la ville aimante ceux qui s'y aventurent.

 

  La chao Phraya, depuis le sommet du Wat Arun

 

Sa topographie permet le maintien d'une véritable vie de quartier. Les amateurs de vie nocturne et de rencontres féminines peu farouches se donnent rendez-vous dans Sukhumvit ou Patpong. Les fortunés et fauchés, mais friands de shopping, trouvent leur bonheur dans l'un ou l'autre des centres commerciaux de Siam Central. Beaucoup de jeunes de passage, peu enclins au dépaysement, se regroupent dans la désarmante Khao San Road, où les portefeuilles occidentaux un peu vides s'offrent ici tout et n'importe quoi, du tee-shirt de marque contrefait aux lunettes rayban contrefaites, en passant par l'artisanat... d'usine. Shopping facile, shopping utile, on trouve tout, et nous en profitons aussi pour amasser quelques souvenirs ! Le soir venu, place à une ambiance boîte de nuit avec des sonos rivalisant en décibels dans toute la rue ! Ici, les destins se croisent au hasard des bistrots, ou de vieux hippies des seventies n'ayant jamais lâchés leur bouteille, et s'étant un peu perdus dans le pays, côtoient de jeunes tatoué(e)s arborant débardeurs et gros muscles, mini shorts et gambettes bronzées, au milieu de commerçants thaïs ayant perdu leur sourire dans cette artère de la ville. Changement radical d'ambiance en se rendant rue Sathorn, dans le quartier de Silom : le calme règne à l'ombre des buildings modernes des grandes banques internationales. Ici, les affaires, les vraies, sont reines. Ceux qui cherchent à rencontrer la Thaïlande des Thaïlandais s'aventurent plus à l'ouest, à Thewet ou Thonburi, bercés par les cours d'eau, les marchés, et les petites rues calmes à l'écart des grandes artères. Enfin, les inconditionnels d'exotisme, d'agitation, de commerce sans limite, se retrouvent dans China Town, qui englobe également les quartiers Indiens et Pakistanais, où des marchés hors normes de légumes et fleurs, chinoiseries et accessoires, laissent apparaître d'éclatantes couleurs au milieu d'odeurs diverses, agréables ou non !

Impossible d'exprimer en 10 lignes la richesse incroyable des quartiers de Bangkok, avec leur mixité de populations, d'origines sociales, de couleurs de peau. Voilà une ville qui grouille de vie, qui donne le tournis.

 

  

 

  

  Boxe Thaï et marchés, vie dans les quartiers, Bangkok est populaire

 

La frénésie consumériste des bangkokais n'a plus de limite et se décline sous toutes les formes possibles et inimaginables. Tout s'achète et partout, impossible d'y échapper. Des centres commerciaux géants, du plus luxueux au plus populaire, poussent dans toute la ville. Les petits commerçants envahissent le moindre trottoir, la moindre parcèle de bitume exploitable. Comment un tel stock de marchandise peut trouver preneur, même parmi plus de 10 millions de consommateurs ?

 

Bangkok est une ville d'affaires, mais pas seulement. Il y a à Bangkok plus de temples qu'il n'y a d'églises à Rome. 94% des Thaïlandais sont bouddhistes. Jamais soumis à une occupation étrangère ni à un régime politique allergique à la pratique religieuse, le Siam, puis la Thaïlande, s'est forgé son identité autour du bouddhisme. Les moines ont un vrai rôle de conseil à jouer dans la société Thaïlandaise, directement auprès des habitants, et les temples sont d'authentiques lieux de célébration, ouverts à tous, très fréquentés, dans des environnements aérés. Recelant de nombreuses pépites architecturales, Bangkok offre quelques émerveillements aux amateurs (et nous n'en sommes toujours pas lassés !).  

 

  Le Wat Phra Kaeo, vu du Wat Arun

 

A commencer par le Wat Phra Kaeo, construit pour abriter le bouddha d'émeraude, l'une des légendes du bouddhisme. Originaire du nord du pays pour certains, du Sri Lanka pour d'autres, le bouddha d'émeraude (en jade en réalité, et haut de 66 cm) a traversé les siècles au gré des guerres, déplacé de Chiang Maï à Vientiane, de Luang Prabang à Chiang Raï, avant d'être rapatrié à Bangkok à la fin du XVIIIème siècle, dans le Wat Phra Kaeo, son actuelle demeure. Le complexe est immense et recèle d'autres curiosités, comme cette maquette géante d'Angkor Wat, qui se fait une place entre un immense stuppa doré et un énième temple.

 

A l'intérieur du Wat Phra Kaeo

 

Que dire du Wat Pho et de son gigantesque bouddha couché, à l'étroit dans sa demeure ? Magnifique ensemble, là encore, avec de nombreux temples et stuppas, et où malgré la fréquentation importante, il est possible en début de journée de déambuler paisiblement entre les édifices.

 

Le grand bouddha couché, au sein du Wat Pho 

 

Le Wat Arun, sur l'autre rive, dans le quartier de Thonburi, se distingue par son prang (sanctuaire tout en hauteur) principal, haut de 114 mètres et orné de milliers de petits morceaux de porcelaines. Il offre un point de vue formidable sur la ville et la rivière.

Mais on ne va pas tous les énumérer. Il y en a tellement, petits ou grands, célèbres ou à l'écart des circuits touristiques, du grand Wat Saket et sa montagne d'or, au calme et isolé wat somanas vihara propice à une petite sieste (spirituelle bien sûr) à l'ombre d'un stuppa.  

 

Et nous, dans cette jungle ?? Nous déambulons, partout, à pieds, en taxi, en bâteau. En famille et entre amis. On explore les marchés, les gargottes et les temples. Les centres commerciaux, les canaux et les musées.

Nous croisons Aude (grande amie de Lucy, époque fac de droit !) et Nicolas, et leur petite Jeanne, de passage à Bangkok, prémices de 15 jours de vacances dans le pays. Ils séjournent dans un très bel hôtel et nous invitent à un bel apéro au bord de la piscine à débordement situé au 14ème étage. Ambiance féérique, devant Bangkok qui laisse éclater toutes ses lumières alors que la nuit tombe. 

 

   

Vue depuis l'eastin Hotel où résident Aude et sa famille.

 

Puis c'est au tour de Sylvie et Rémi de nous rejoindre, la maman et le petit frère de Lucy. On en profite pour faire quelques incontournables : le mbk, centre commercial populaire où on trouve un peu de tout ; la tour baiyoke, la plus haute de Thaïlande, qui offre une vue vertigineuse sur la ville, du haut de son 84ème étage. Et la gastronomie thaïlandaise bien sûr, qui ravit nos papilles, mais qui les déçoit aussi, en fonction du lieu. Dégustation de chang beer bien fraîche, de salades de papaye bien épicées et nouilles thaï bien parfumées dans quelques gargottes qui deviennent des QG, au détriment des "food court" des centres commerciaux où la mal-bouffe industrielle et grasse a des conséquences visibles sur la population, la seule d'Asie du sud-est où l'obésité devient un fléau.

 

 

   

La tête dans les nuages, au sommet de la tour Baiyoke, en compagnie de Rémi et Sylvie

 

Bangkok fascine, Bangkok épuise aussi. Courses interminables en taxi où il faut attendre le chauffeur qui voudra bien mettre son compteur. Surpopulation, locale mais surtout touristique, encombrement dans les centres commerciaux, circulation incessante et bruyante dans une grande partie de la ville. A Bangkok, il n'y a pas d'heures de pointe. Les embouteillages, c'est tout le temps et tous les jours. On se demande également pourquoi une mégapole de cette taille n'a pas de vie culturelle plus intense. En dehors des temples, il y a finalement assez peu de musées, de salles de concert, de cinéma. L'alliance française nous servira de refuge culturel et culinaire, avec dégustation de tartes au citron et dévorage de bandes dessinées.

Pour l'instant, Bangkok, c'est l'économie, gâteau géant à se partager plus ou moins équitablement, et tellement dépendant des soubresauts de l'économie mondiale et du grand voisin chinois. 1er exportateur mondial de riz, des activités de service et financières qui se développent vitesse grand V, et bien sûr le tourisme, qui est un poids lourd dans l'économie Thaïlandaise. Pendant les fêtes de fin d'années, ce n'est même plus la haute saison, c'est la peak season ! A peine diluée dans l'immensité de cette mégapole, la présence touristique en Thaïlande à cette période de l'année va nous exploser à la figure dans le sud du pays... Heureusement, des bons plans demeurent...

 

 

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Publié à 04:36, le 8/01/2013 dans Thailande, Bangkok
Mots clefs : quartiers de bangkokthaïlandebangkokchao phrayatemples


Commentaire sans titre

Publié par Aude, le 13/01/2013 à 11:25
Les photos en noir et blanc de BKK sont très sympas! Elles donnent une vision presque reposante de la fourmilière!
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bientot le prix pulizer

Publié par Hélène, Simon et Eloi, le 13/01/2013 à 12:09
Encore un super article et de magnifiques photos! Merci les globe trotters.
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Retrouvailles à Bangkok

Publié par Véro, le 15/01/2013 à 10:15
Trop chou Jeanne à Bangkok!! ça doit faire du bien de retrouver les amis j'imagine! Bisous
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nostalgie...nostalgie......!!!!!!!

Publié par papajolipapa, le 15/01/2013 à 11:05
Ah!..........les vieux hippies des sixties-seventies..........
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Commentaire sans titre

Publié par Mayette, le 15/01/2013 à 14:54
c'est bien le mot "mélange", qui à vous lire est tellement hors
du commun!! Ces contrastes sont hallucinants ! êtes-vous sûrs de n'avoir pas changé de planète ?
Bangkok épuisante, Bangkok fascinante.....!!!
bisous pour vous deux
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A bientôt ?

Publié par lucienllinares, le 16/01/2013 à 07:37
Salut les voyageurs, encore un super article et un ensemble qui évolue et se complète pour un exaltant instantané de votre Asie 2012 à conserver pour vos périples 2022 et 2032, aux fins de comparaison. Nous sommes le 16 janvier : est-ce que vous envisagez de prendre le chemin vicinal du retour ?
Bises à tous les 2
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LA SUITE !!!!!!!!!!

Publié par Aude, le 21/01/2013 à 20:29
Que deviennent nos aventuriers?
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Prendre le temps. Prendre le temps avec les gens, avec la vie, avec nous-même. Prendre le temps de découvrir des cultures, des langues, des coutumes. Prendre le temps d'apprendre des autres, d'apprendre à se débrouiller dans un environnement totalement inconnu, d'apprendre sur soi. Pour prendre ce temps, quel meilleur moyen que de se déplacer en train depuis Paris jusqu'au bout de l'Asie...

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