Jusqu'au bout de l'Asie...

Bangkok / secondes incursions

Publié dans Thailande

Du 7 au 17 janvier 2013 / Bangkok / Capitale de la Thaïlande

 

Sans doute était-elle perceptible, visible et palpable. Sans doute nous guettait-elle depuis un certain temps. Et sans doute souhaitait-elle nous terrasser. Cette fatigue, morale et physique, qui nous frappe de plein fouet à notre retour d'Ayutthaya, nous impose de ralentir la cadence.

Sylvie, la maman de Lucy, l'a bien compris. Elle nous offre, avant de nous quitter et de rejoindre sa Gironde froide et humide (!), une nuit d'hôtel luxueuse, au pied de la tour baiyoke, avec piscine superbe et petit-déj gargantuesque. La renaissance est en marche !

 

 

Ces dames se prélassent à l'ombre de la tour Baiyoke

 

 

La piscine de l'hôtel, royale quand elle est déserte !

 

Beaucoup de transports inconfortables depuis 7 mois, des points de chute parfois lugubres, parfois humides, parfois étouffants, parfois infestés de bestioles (parfois aussi très biens, on vous rassure !!), une vie de nomades sans repère qui se retrouvent confrontés au "homesick" redouté des voyageurs au long cours, et une incertitude grandissante sur notre périple de retour (cargo, train ?), auront eu raison de notre énergie et de notre volonté de continuer.

Peut-être même est-ce cette dernière raison la plus sérieusement à l'origine de notre lassitude ? Conscient de la nécessité qui est la nôtre de rentrer d'ici le printemps (ben ouais, les congés sabbatiques, c'est pas pour la vie !), nous sommes pourtant toujours incapables de dire comment nous allons nous y prendre. Perspective inexistante, impression de vide, d'absence de route ; le moteur est à sec, et même s'il pouvait nous faire avancer, nous ne saurions par où commencer.  

 

De mon côté, la simple idée de monter dans un train finit d'épuiser mes quelques ressources, me répugne littéralement, même pour rejoindre quelques destinations bien douces, comme certaines îles du sud. Du coup, je pratique un lobbying intense, bien maladroit, et voué à l'échec, auprès de Lucy, qui se posera quand même la question de prendre l'avion, avant de définitivement tirer un trait sur cette éventualité.

 

 

On s'affaire à la gare centrale de Bangkok que nous quittons... avant de la retrouver ?

De son côté, après 2 semaines euphoriques passées en compagnie d'amis et famille, Lucy ressent un profond vide difficile à combler au départ de ses proches. 7 mois que nous vivons 24/24 ensemble, à partager de fantastiques moments, mais aussi à nous soutenir mutuellement en cas de petits fléchissements de l'autre. Cette fois, tout le monde fléchit, plus personne ne soutient, et nous nous réfugions dans notre petit quartier Bangkokais, soucieux de nous créer un chez-nous, avec une routine que nous n'avons plus, des habitudes qui nous manquent, des sacs à laisser moisir dans un coin, et des regards à croiser quotidiennement.

 

 

 
Balades nocturnes dans des rues quasi-désertes

Puis les jours passent. Un froid terrible semble s'abattre sur l'Europe, tandis que nous nous baladons en tongue et en tee-shirt. Les titres des journaux français évoquent la dure (!) réalité d'un pays riche, où l'actualité ne change pas, et dont le traitement ne reflète toujours que la partie sombre (crise, chômage, intolérances diverses, peur de l'autre...). Je me surprends encore à lire certains commentaires d'internautes à la fin d'articles du monde. Ils sont teintés de pessimisme et de mécontentement : trop de ci et pas assez de ça, mais que fait l'Etat ? Ici, les sourires continuent de fleurir sur chaque visage et nous rappellent que si la misère semble en effet moins pénible au soleil, la volonté de vivre l'instant semble plus forte que celle d'attendre toujours autre chose de la vie. Alors pour nous, garçon, ce sera la même chose svp !

 

Nous retrouvons un bon sommeil, nous prenons du temps, et devenons de vrais Bangkokais. Fini les sites touristiques et les taxis, place à un quotidien de local, avec ses déplacements en bus urbain et repas pris dans des gargottes qui deviennent des QG, et dont les petits propriétaires commencent à nous faire la causette. Lucy se fait rafistoler quelques ratounes qui la font souffrir depuis notre départ. Nous filons faire le plein de souvenirs et petits cadeaux au grand marché de chatuchak. Nous déambulons dans notre quartier de Thewet. Puis nous passons quelques coups de fil à la famille. Et nous lisons de biens gentils petits mots de tas d'amis à qui nous semblons manquer. Enfin, cerise sur le gâteau, nous découvrons que notre blog est désigné "blog coup de coeur du mois de janvier" par la rédaction d'uniterre.

 

Alors cela suffit !! Le goût de l'aventure revient. Nous élaborons un trajet de retour. Plus au sud que notre périple de l'aller qui nous a vu passer par la Sibérie et la Mongolie. Mais le passage incontournable par voie terrestre est la chine, la faute à une junte militaire au Myanmar peu encline à laisser vadrouiller quelques étrangers au gré de leurs envies, et à des liaisons maritimes très chères ou simplement inexistantes (vers l'Inde par exemple). Nous partons donc à la pêche au visa chinois. Et là, c'est de pêche au gros dont on parle ! A Paris, puis à Hong Kong, nous avions dû passer par des agences afin d'obtenir le précieux sésame. Car, en plus d'une somme de documents tout à fait ridicules, détenir un passeport Français n'est pas franchement le meilleur moyen de mettre toutes les chances de son côté. En effet, des manifestations pro-Tibet sur les champs Elysées lors de la visite d'Hu Jintao en France, puis la réception du Dalaï Lama par le chef de l'Etat, sont des évènements qui n'ont que très moyennement plu au pouvoir central de Pékin. Nous nous rendons donc dans Khao San Road sans trop en avoir le choix afin de dégoter une agence qui souhaiterait bien nous rendre ce petit service fort onéreux. Partout, la même réponse : "we don't do that, you have to go to the embassy and do that by yourself". Ben oui ! Même s'il est légèrement obtus d'esprit, le pouvoir central Chinois n'est pas tout à fait idiot, et a percé à jour les petites combines des agences pour obtenir des visas à n'importe quel ressortissant de pays étrangers, notamment en ce qui concerne l'obtention de billets d'avion pour des gens qui n'en ont pas ! (on vous racontera les détails de notre quête dans un croustillant article à venir : "Bangkok / dernières incursions"!).

 

 

Khao San, pas trop notre tasse de thé, mais passage obligé pour le visa chinois ?

 

Le sort s'acharne. Sommes-nous bloqués ici ? Devons-nous nous résigner à passer par les voies maritimes ? Devons-nous acheter un billet d'avion dont nous ne nous servirons pas ? Ou allons-nous finalement prendre l'avion pour rentrer ? Questions pour l'instant sans réponse. Et comme la misère est moins pénible au soleil, surtout s'il y a aussi la mer, nous remettons cap au sud, mais tout au sud cette fois, vers les paisibles îles du parc maritime de Koh Tarutao. Là où nous attendent peut être nos réponses... 

 

 

 

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Publié à 08:47, le 27/01/2013 dans Thailande, Bangkok
Mots clefs : fatigue de voyagevisa chinoisthailandebangkok


...

Publié par Aude, le 1/02/2013 à 19:31
Un article bien mélancolique, ma foi, mais qui nous fait penser d'autant plus fort à vous...
Peut-être aurions nous du vous laisser Jeanne, elle ne vous aurait pas laisser le temps de vous poser le moindre question!! En même temps, avec elle, même pas la peine d'espérer quelques journées bangkokaises tranquilles! Et je suis sûre que ces quelques jours de repos, de routine et de vie presque normale vous auront fait le plus grand bien, il faut savoir ne rien faire, parfois...
On vous embrasse fort fort fort, et on vous rassure, nous aussi on était triste de vous quitter! ;-)
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Commentaire sans titre

Publié par Mayette, le 2/02/2013 à 09:32
Je ne suis pas surprise de ce passage de découragement.Vous avez beaucoup donné de votre physique et de votre moral. Mais après ce repos tellement bénéfique, vous allez retrouvé toute votre énergie. Dès que vous aurez envisagé le moyen de rentrer à la maison, vous serez plus à même de retrouver votre enthousiasme.De toute façon, je suis bien certaine que vous allez découvrir encore des merveilles
qui vous redonneront le courage nécessaire à terminer votre beau voyage en oubliant tout ce qui vous contrarie actuellement. Votre réaction est normale,je ne suis pas surprise....
bisous à vous partager !!
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@ mayette & Aude... et ceux qui s'inquiètent !!

Publié par landry, le 2/02/2013 à 10:00
Rassurez-vous !!! Ce petit passage à vide est terminé ! Tout va pour le mieux, et nous nous apprêtons dès ce soir à remonter vers le nord. Gros bisous, et à très vite pour de nouveaux articles (un peu plus positifs!!)
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Commentaire sans titre

Publié par papajolipapa, le 2/02/2013 à 11:39
Encore beaucoup d'émotion..........
Bisous
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ON THE ROUND AGAIN!

Publié par Véro, le 4/02/2013 à 10:42
Je suis contente de vous savoir sur le chemin du retour!
Oui les français sont pessimistes, c'est pas nouveau!
Et pourtant malgrè la crise, le chômage la précarité, on vit super bien ici! On est heureux comme tout!
Comme quoi, ici aussi il y a des gens optismistes... et qui vous attendent les bras grand ouverts!!! ;-)
Courage pour les mois qui vous restent on the round!
Don't worry, be happy!


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Prendre le temps. Prendre le temps avec les gens, avec la vie, avec nous-même. Prendre le temps de découvrir des cultures, des langues, des coutumes. Prendre le temps d'apprendre des autres, d'apprendre à se débrouiller dans un environnement totalement inconnu, d'apprendre sur soi. Pour prendre ce temps, quel meilleur moyen que de se déplacer en train depuis Paris jusqu'au bout de l'Asie...

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