Jusqu'au bout de l'Asie...

Kaléidoscope culinaire !

Février / Mars 2013 / Chine

 

Côté table, rien à dire, la Chine est vraiment au top ! Si on a su apprécier la cuisine épicée et raffinée du Sichuan, réputée dans le monde entier, ce deuxième séjour en Chine confirme la mention particulière pour la cuisine des Hui, les musulmans de Chine, sa diversité et ses pâtes fraîches malaxées à la commande dans tout le pays. Exceptionnellement je vous propose un petit tour d'horizon en images, sans commentaire. Sauf un : VIVE LA CUISINE CHINOISE !


 

 

Le saviez-vous ? Si dans la cuisine chinoise les aliments sont toujours découpés en petits morceaux, c'est principalement à cause du manque de combustible qui a sévit dans le pays pendant très longtemps. Le peu d'énergie disponible était essentiellement utilisée pour le chauffage. Ainsi coupés, les ingrédients cuisent rapidement et à feu vif.  C'est aussi la raison de l'invention et de l'utilisation du Wok qui permet de saisir et de cuire rapidement les aliments en répartissant la chaleur sur une grande surface...

 

 



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Publié à 07:43, le 15/03/2013 dans Chine, Chine
Mots clefs : soupesnouilles chinoisesspécilités des huicuisine au wokcuisine du sichuanchinegastronomieriz


Train chinois, visa russe, et réjouissances Pékinoises.

 

Du 6 au 16 mars 2013 / Pékin / capitale de la Chine

 

Le "nid d'oiseau" a été construit pour accueillir les JO de 2008. Il est au coeur d'un immense complexe olympique.


sluuuuuuuuuuurp... Miaaach miaaaach miaaaach...


6h30 du matin. Train Chengdu / Beijing. Nos voisines de couchettes au sein de notre compartiment sont déjà au p'tit déj. Et comme tout bon repas d'épicuriens Chinois, il se déguste la bouche ouverte ! C'est pour mieux apprécier les saveurs paraît-il ! Etrangement, nous avons réussi à nous habituer à ces mélodies de bouche, les ingurgitations de soupes et bouillons accompagnés d'un retentissant « sluuuuuuuuuuurp » rivalisant de concert avec la mastication de divers mets produisant une série de miaaarch miaaarch miaaarch atteignant le nirvana des décibels buccaux!


Mais là, il est tôt, et comme tout bon épicurien Chinois, le bruit, quel qu'il soit, fait partie du plaisir de l'existence. Quand il n'y a plus de bruit, en Chine, c'est qu'il n'y a plus de vie ! Alors, peu importe l'heure, pour nos voisines, c'est celle du p'tit déj.


Dans l'esprit des Chinois, il ne semble y avoir qu'un seul repas possible à prendre dans un train : le ramen. Cette espèce de soupe de nouilles aux saveurs chimiques et aux emballages colorées, ne passe pas inaperçue dans les rayons des supermarchés. Toute personne embarquant dans un train est donc inévitablement accompagnée de son ramen. Une fois les quelques sachets de produits déshydratés vidés sur les nouilles encore sèches, il suffit de rajouter de l'eau chaude, disponible dans tous les wagons, de laisser reposer 5 minutes, et de déguster le tout. Lorsque l'envie nous prend de varier les plaisirs, et de remplacer notre traditionnel ramen par un bol de patates déshydratées, le chemin aller-retour, de notre siège jusqu'à la source d'eau chaude du wagon, nous donne l'impression d'être de véritables bêtes de foire, sanction que nous nous infligeons à nous-mêmes, pour pas un kopek ! Mais là encore, nous nous sommes habitués à ces regards insistants, scrutant la moindre parcelle de nos personnes. Et pour un peu que madame soit un peu plus grande que monsieur, proche du mètre quatre vingt, et donc plus grande que la plupart des Chinois, le succès est garanti, et l'intrigue poussée si loin, bien au-delà du simple bol de patates déshydratées, qu'elle risque de déclencher de violents torticolis chez nos « admirateurs ». Les Chinois sont curieux et ne s'en cachent pas. Que ce soit dans un train, dans la rue, dans un restaurant, s'ils sont intrigués, ils le montrent ! Et le partagent bien souvent dans de grands éclats de rire !


Mais revenons à notre petit déjeuner ! Il est tôt, et certains se lèvent à peine. Cracher, par terre, partout, fait également partie du quotidien de l'épicurien Chinois, prêt à se laisser aller à tous les excès afin de soulager sa personne, sous les regards médusés d'occidentaux tels que nous, tentant de cacher leur curiosité (eux !). Mais à 6h30, il semble que le besoin de soulagement soit décuplé. L'(in)activité de tout une nuit est à dégager de la gorge. Alors, c'est bien profond que l'on va chercher le soulagement, et le raclement de gorge dure, dure, dure... Une fois le mollard constitué, il serait temps de penser à ce qu'il va devenir. Certains, plus précotionneux pour leurs voisins (bien difficiles à émouvoir de toute façon) que d'autres, s'en vont éjecter l'objet en train de mûrir sur leur langue baignée de salive dans la poubelle, au bout du wagon, proche des robinets où l'on se lave les dents, et de la source d'eau chaude où l'on se fait à manger ! D'autres, plus traditionnalistes, ne s'embarrassent pas autant, et font tranquillement glisser l'objet à l'extérieur de leur bouche, jusqu'au sol (couloir du train dans le cas présent), la chute étant amortie par un délicat filet de bave ! Et, en effet, pas grand monde ne s'émeut ! Quant à nous, on remet le p'tit déj à plus tard !

 

Vue sur le lac et le parc du Palais d'été, Beijing.

 

En Chine, les bambins ne portent pas de couche, mais des pantalons troués au niveau de l'entrejambe. Paradoxal, me direz-vous, puisqu'ils ne sont pas propres. C'est sans compter la vigilence extrême des parents, prêts à tendre n'importe quel récipient vide afin de collecter les substances liquides ou solides que leur juvénile progéniture s'apprête à éjecter de son petit corps. Mais alors... aucun accident n'est possible ? Un oubli de récipient ? Un réflexe un peu lent ? Un moment d'inattention où le regard se porte malencontreusement sur autre chose, par exemple sur une grande occidentale, que sur le bambin ???? ….. Si !!! C'est possible ! Conscient de cet état de fait, lorsque débarquent dans notre compartiment à couchettes la jeune maman et son adorable chérubin, accompagnés de la mamie et la tata, nous espérons que l'accident ne se produira pas. Espoir se transformant vite en désillusion lorsque le petit farceur se met à uriner à la surprise générale, surtout la nôtre, sans crier gare. Les premières effluves se répandent ainsi par terre, accompagnées des rires communicatifs de la famille ! « Et on nettoie pas là ?? Non !!! Ah bon, ça va sécher ?? Ah très bien ! » Naturellement, lorsque le même bambin se laisse aller, quelques heures plus tard, à l'évacuation de déchets organiques un peu plus solides, une fois l'écoeurante surprise passée, nous comptons sur notre joyeuse famille pour nous débarasser de ces quelques oublis ! Pas de problème, elles ramassent au sopalin, emballent le tout dans un sachet, oublient de se laver les mains, finissent d'essuyer le sol à la chaussure, et reprennent avec le même enthousiasme leur dégustation de cacahuètes dont les innombrables coquilles finissent par terre...


Déconcertant ? Toujours autant, malgré les quantités de trains que nous avons pris en Chine, et dans lesquels les mêmes anecdotes reviennent.

Tiens, le bambin a envie de pisser ! On court lui faire faire ses besoins... au dessus de la grande poubelle commune au wagon qui déborde déjà de cartons de soupes de nouilles arrosés de mollards matinaux...

 

Graff évocateur au sein de la "798 art zone" de Beijing.


La communication est difficile en Chine. Personne, ou si peu, parle anglais. Une fois l'intégralité de notre vocabulaire déblaterré avec fierté (environ 2 mots !), à nous de trouver de nouvelles astuces. Très facile en présence d'un enfant, la tâche s'avère plus ardue dans un environnement exclusivement composé d'adultes. Mais cette fois, nous avons de la chance, et comme notre bambin pisseur chieur semble apprécier les plaisirs de la vie, nous lui faisons don de quelques sucreries. Mi-effrayé, mi-intrigué par nos personnes, il reste méfiant, ce qui fait beaucoup rire ses anges gardiens. Et nous aussi par la même occasion ! Ne résistant plus, il s'emparre du petit gâteau, et le dévore. Dans un élan de générosité, nous en offrons à nos 3 madames, qui refusent poliment, comme à chaque fois que l'on offre une petite sucrerie à un Chinois. Ce n'est définitivement pas leur truc !


On approche de Beijing, et notre petite famille se prépare à descendre. Les adieux sont chaleureux, la promiscuité des lieux créant inévitablement une certaine complicité entre les voyageurs, pour le meilleur et pour le pire !

Des places sont libres, un jeune homme s'installe. En nous écoutant parler, il découvre que nous sommes Français, lui-même parlant un petit peu notre langue car ayant vécu au Togo où son père travaille. Il parle aussi très bien Anglais, nous confie qu'il fait des études de journalisme à Chengdu, et semble ravi d'échanger quelques mots avec des étrangers. Il semble aussi fier, comme beaucoup de jeunes Chinois avec qui nous avons l'occasion de discuter, que des occidentaux découvrent et parcourrent son pays. C'est ainsi qu'une nouvelle fois, nous recevons un sincère « welcome to China » !


A l'image de ce qu'il se passe dans un train, la découverte de la Chine s'avère déconcertante pour des occidentaux. Appréhender le quotidien des Chinois, c'est se heurter à des codes de conduite, des règles de vie, à l'opposé de ce que nous connaissons et de ce que nous sommes. Mais c'est également découvrir une culture d'une grande finesse à l'histoire si riche. On vous réveille tôt le matin avec fracas sans même se préoccuper de votre personne mais on vous salue et vous souhaite la bienvenue ! On vous expose quelques déjections peu ragoûtantes sous le nez, mais on vous propose une cuisine si raffinée ! On crache tout autour de vous dans la rue, mais on vous montre les arts chinois (martiaux et artistiques) avec toute la grâce qui caractérise leur pratique dans les parcs le dimanche... C'est peut-être cette tendance à la schizophrénie qui nous plait tant dans cette Chine, bien qu'elle exige un estomac solide !


Vue sur les toits de la cité interdite depuis les alentours.

 

Lorsque notre train arrive à Beijing, la nuit est déjà bien entamée. Nous constatons immédiatement que l'atmosphère s'est considérablement rafraichie. La longue file d'attente des taxis avance à un bon rythme, et nous sert de répétition générale avant d'annoncer notre destination à notre chauffeur. Les répétitions ont porté leur fruit, l'homme comprend immédiatement, et nous emmène « presque » à destination. Dans un même quartier, beaucoup de noms de rue, d'avenues, ou même d'impasses, se ressemblent. Le chauffeur lui-même est un peu paumé. Mais après y avoir mis toute sa bonne volonté, il semble que nous soyons arrivés. Il est minuit, et si nous pouvions écourter la balade, nous n'en serions pas malheureux. Pas de chance, ce n'est pas la bonne rue. Alors, on marche un peu, on se repère dans les rues encore animées à cette heure de ce quartier proche du centre, et on finit par trouver la bonne direction, bien aidés par un occidental qui semble résider dans la capitale Chinoise. Nous rejoignons donc notre auberge et ne tardons pas à nous coucher.

 

Romantisme du Palais d'été...

 

Dès le lendemain matin, jeudi 7 mars, nous filons à l'ambassade de Russie avec l'objectif d'obtenir un visa touriste en urgence, quitte à y mettre le prix, et ainsi attraper le transsibérien du samedi 9 en direction de Moscou. Doux rêve ! « Tourist visa ? If you don't live in Beijing, you have to wait for 2 weeks !  But you can have a transit visa in one hour ».

La matinée est un peu trop avancée, nous ne parviendrons pas à réunir les pièces nécessaires pour faire le visa de transit ce jour, nous nous assurons donc que nous pouvons le faire le lendemain.

Il n'est pas très difficile d'obtenir un visa de transit. Il suffit d'acheter tous ses billets de transport, entrant et sortant du pays, et que la durée du transit n'excède pas 10 jours. Nous filons donc acheter les billets de train pour le samedi 9, et achetons également sur internet des billets Moscou / Riga pour la semaine suivante.

Vendredi 8 mars, 9h00 du matin. Retour à l'ambassade de Russie. Surpris que les portes soient toujours fermées à cette heure, nous devenons carrément inquiets à 9h20, alors qu'aucun signe de vie ne semble animer le bureau des visas. Nous nous dirigeons vers un panneau d'informations, et découvrons avec stupeur parmi la masse de documents rédigés en 3 langues que le service des visas sera « exceptionnellement » fermé ce vendredi 8 mars ! Parfait !

Outre les dizaines d'euros perdues pour les échanges de billets de train, nous voilà « condamnés » à passer une grosse semaine à Beijing.

 

Impressions, "798 art zone", Beijing.

 

Comme si nous n'avions pas vu un ami depuis longtemps, et dont nous recroiserions la route de manière inattendue, ces retrouvailles avec Beijing, finalement, constituent une étonnante surprise. Très vite, ce n'est plus de « condamnation » dont on parle, mais d'une opportunité qu'on avait oublié d'inviter à notre table afin de prolonger notre séjour en Chine. Ainsi, nous pourrons découvrir ce que la capitale Chinoise nous avait caché l'été dernier, nous régaler pour une semaine supplémentaire dans les petits restaurans de la mégapole, et arpenter les hutongs de cette ville, reflet partiel d'un pays si riche dans ses cultures et ses populations, que l'on a appris à aimer, tout autant qu'il peut nous irriter, heurter nos consciences politiques, contrarier nos bonnes habitudes de savoir-vivre, fatiguer nos corps de sa surpopulation et ses climats capricieux. Par la même occasion, Beijing s'impose comme la dernière étape de notre périple asiatique. Même s'il nous reste la Russie, puis l'Europe à traverser, elle s'apparente à la fin de ce voyage, dénouement que nous n'attendions pas, qui s'impose de lui-même, comme dans une histoire logique d'un voyage au long cours, où les imprévus sécrètent leur dose d'excitation. C'est le début de la fin, que nous souhaitons heureuse, et dont nous allons profiter à fond.


Nous avons usé de tant de superlatifs dans les tentatives de descriptions que nous avons fait des endroits où nous nous sommes arrêtés, inspirés simplement en les regardant avec des yeux d'enfants, grands ouverts, émerveillés de toucher du doigt le dépaysement que nous étions venus chercher. Alors aujourd'hui, les superlatifs, on les a rangés dans le placard ! L'énumération de quelques sites, dont les seuls noms, tellement évocateurs, jouent eux-mêmes aux superlatifs, suffira : le palais d'été, étourdissant de gigantisme, calme et beauté (décidément je n'y arrive pas !) ; le sommet du petit parc jinghang, qui offre une vue... (allez, au placard!) sur la cité interdite toute proche ; le parc olympique, où les illuminations du « nid d'oiseau » et du parc aquatique scintillent dans la nuit pékinoise, et la vaste art-zone 798, dédiée à la création. 

 

  

La piscine oylmpique / Vue d'ensemble du complexe olympique.


On s'offre même une toile au mégabox, grand multiplex qui passe des films en version originale. Le premier de l'après midi, « a good day to die hard », commence dans 5 minutes. Plus enthousiaste que Lucy à l'idée de voir les derniers exploits du flic fou de New York, je la convaincs... Hélas, l'intrigue se passe à Moscou ! Avec l'intégralité des dialogues alimentant le mystère autour du complot en Russe, sous-titrés en Chinois, difficile de s'y retrouver. Heureusement, John McClane est là, pour nous rappeler au bon souvenir de la langue de Shakespeare : « I love you son, let's kill some fuckers ! » ou encore « my fuckin' vacations » entre une chute de 30 mètres à travers un échaffaudage et une salve de tirs de mitraillettes faisant trembler le sol de la salle ! No comment ...


Ce moment de poésie Ricaine passée, nous retrouvons la réalité Pékinoise. D'ailleurs, dit-on Pékin ou Beijing ? Et bien les 2 ! En réalité, « Pékin », c'est « Beijing » prononcé par les habitants du sud du pays, où les colons occidentaux étaient massivement présents il y a quelques siècles. C'est pourquoi le terme est resté, et demeure toujours dans certaines contrées, comme la France ! Mais, prononcé dans un bon mandarin, c'est bien « Beijing ».

 

Intérieur du Palais d'été, Beijing.


A part ça, que fait-on de nos journées ? On mange, bien sûr, tellement bien que la gastronomie Chinoise nous manquera, c'est sûr : des raviolis à la viande, des soupes de nouilles bien chaudes, des légumes, froids ou chauds, agrémentés de sauces toujours succulentes... On se balade aussi, sur la place Tian'anmen par exemple, où l'accès se fait sur contrôle des papiers d'identité pour tous les ressortissants Chinois ! Incroyable ! Cette place, depuis plus de 20 ans, n'est décidément plus un espace public comme les autres. On affronte également, entre 2 journées printannières, un climat capricieux, comme ces violentes tempêtes de sable venant du désert de Gobi. On lit les journaux, enfin, où la passation de pouvoirs des dirigeants a lieu. Nouveau président, nouveau premier ministre, les premiers à être nés après l'instauration de la République Populaire de Chine par Mao, en 1949. Mais ne nous y trompons pas, les seuls sujets abordés concernent l'économie et la poursuite du développement du pays, et les relations internationales avec les Américains, les Japonais et les Européens. Pour le reste, on verra plus tard... Ou pas !


Notre semaine s'achève, et nous sommes un petit peu tristes. Ce n'est pas seulement la Chine que nous quittons, ni seulement l'Asie, mais c'est un mode de vie qui s'arrête. Un mode de vie prônant la découverte, le nomadisme, les imprévus, et forcément le respect des peuples et des cultures qui nous accueillent, même si, parfois, leurs différences nous ont heurtés, choqués, bouleversés. Nous aurons plus appris sur le monde durant ce voyage qu'en 20 ans sur les bancs de l'école, et plus sur nous-mêmes qu'en quelques années de vie professionnelle. Il est temps de rentrer. Heureux d'avoir vécu toutes ces histoires que nous avons essayé de vous raconter. Enfin, nous allons revoir la famille et les amis. Dans 2 semaines. Ouf, d'ici là, nous avons encore le temps de vous en raconter quelques unes...

 

En chine, les nombreuses séances photos précédent de plusieurs mois le mariage.

 

 



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Publié à 17:22, le 11/03/2013 dans Chine, Pékin
Mots clefs : visa russe depuis beijingtrain en chinechinepékinbeijing


Les environs de Chengdu

28 février au 4 mars 2013 / Environs de Chengdu / Sichuan / Chine

 

 

Leshan et le Mont Qingcheng. 

2 petites virées en dehors de la grande ville. 2 sites incontournables de la région. 2 bonnes raisons de se frotter aux groupes touristiques Chinois, toujours nombreux même si la fin des congés du "spring festival" (vacances du nouvel an Chinois dont bénéficient tous les salariés et étudiants Chinois) tend à réduire la fréquentation des sites.

 

La "petite" ville de Leshan, à seulement 2 heures de routes au sud de Chengdu, abrite le plus grand bouddha du monde antérieur au XXème siècle !

La statue a été édifiée au VIIIème siècle au confluent de 3 fleuves dans le but de calmer les eaux de ces larges cours d'eau agités, et ainsi protéger les marins et la ville de Leshan. D'après la légende, sitôt la construction achevée, les eaux sont devenues sages... En réalité, l'impressionnante quantité de matériaux extraits de la falaise et reversée dans les eaux pour la construction du monument calmèrent naturellement le fleuve, permirent la navigation des bâteaux et empêchèrent de nouvelles inondations de la ville.

 

Avec des orteils de 5 mètres de long, le sage en impose !

 

Le bouddha de Leshan mesure 71 mètres de haut et 28 mètres de large. Il est taillé dans la roche et renferme un système complexe d'écoulement des eaux de pluie qui vise à en limiter l'érosion. Il a acquis son statut de plus haut bouddha du monde datant d'avant le XXème siècle après la destruction d'une statue Afghane par les talibans. Son classement au patrimoine mondial de l'UNESCO date de 1996.

 

Vue sur le "bouddha park" et ses collines perdues dans la brume.

 

Si la statue reste le clou du spectacle, l'ensemble du parc qui l'entoure vaut à lui seul le détour. 1er site d'implantation du bouddhisme en Chine (le Taoïsme et le Confucianisme existaient déjà), il se situe au sein d'un parc forestier tout à fait grandiose, baigné par une mer de nuages, et dédié au culte du bouddha. Il est parsemé de statues, de pagodes, de temples et de caves où déambulent les pélerins. Ces derniers, comme nous, ont payé l'entrée, relativement chère. Comme dans la plupart des lieux de culte en Chine. Du coup, cela nous fait penser à un disneyland pour bouddhistes, où entre 2 célébrations de la pensée religieuse, "on" se précipite sur une boutique de souvenirs.

L'expression utilisée (disneyland pour bouddhistes) ne se veut absolument pas péjorative tant le site est somptueux. En revanche, elle amène une reflexion que nous nous sommes faits en le visitant : l'objectif des autorités, en faisant payer l'entrée de tous ces sites, est-il purement économique ou y'a t-il autre chose derrière ? Comme par exemple l'intention de désacraliser la pensée religieuse (ou philosophique), sans purement l'interdire, en organisant des visites où l'"on" suit un guide équipé d'un drapeau et d'un micro, et où l'"on" se prend en photo en se disant "j'y étais", plutôt que "j'y crois" ? Les "pélerins" Chinois seraient-ils davantage devenus des "consommateurs" de sites et attractions touristiques inspirés par la pensée bouddhiste, que de véritables pratiquants d'une religion ?  Enièmes questions, évidemment sans réponse, que nous inspire ce pays, décidément fascinant.

 

Landry auprès d'un "moine suprême" (et non pas un bouddha comme on l'a longtemps pensé).

 

Nous profitons de la visite en nous laissant bercer par le plaisir de la découverte de l'histoire Chinoise, de son riche passé, de son architecture traditionnelle dont les quelques traces encore présentes (temples et ponts dans ce parc) font echo bien involontairement à l'inexorable destin de ce pays, définitivement tourné vers la modernité, quitte à tirer un trait sur son patrimoine (si précieux pour nos yeux d'occidentaux), ou en le monnayant à prix fort. Alors, vu sa beauté, messieurs les dirigeants, autant le monnayer ! 

 

 

Pélerines tibétaines. Entre la mère qui porte vétements et bijoux traditionnels, de la robe-tablier aux

bottes fourrées, et la fille, en mini-jupe et blouson en skai, il y a un monde !

 

Et c'est exactement ce qu'ils font à Qingcheng shan (prononcez chingchengchan ! Très Chinois !!). 

Le Mont Qingcheng, au nord-ouest de Chengdu, est une région sacrée du Taoïsme Chinois. Les nombreux temples qui parcourent la montagne se marrient harmonieusement avec la nature, luxuriante, à travers laquelle une ascencion de quelques centaines de mètres est nécessaire pour atteindre le sommet. 

On s'attend donc à une sortie nature, sportive, sur des chemins difficiles, empruntés par des pélerins courageux et sportifs...

 

L'entrée du site "religieux"...

 

On accède à Qingcheng, depuis Chengdu, par un train ultramoderne et rapide. A l'arrivée, il n'y a pas vraiment de ville, ni de vie. Cela ressemble plus à une cité dortoir où les grues fleurissent un peu partout, donnant l'impression d'un vaste chantier dont l'objectif nous échappe encore.

Afin de nous trouver un toit, nous prenons la direction de la montagne toute proche. Le chauffeur du bus urbain semble nous assurer que l'on peut y dormir. Au bout de la route au bitume flambant neuf, une imposante porte à l'architecture Chinoise nous barre le passage, bien aidée par des tourniquets et des billetteries ! Le charme a déjà bien du mal à agir. Les groupes de touristes Chinois sont nombreux et leur tenue vestimentaire pour le moins déconcertante. Les hommes semblent sortir de rendez-vous d'affaires, et les femmes déjà apprêtées pour une soirée de gala.

Nous redescendons vers notre ville dortoir et nous mettons en quête d'un hôtel. Nous ne tombons que sur des resorts inabordables sans doute destinés aux "businessmen" et "jet-setteuse" croisés plus haut. Finalement, nous tombons sur ce qui semble être LA rue commerçante. Un hôtel s'y trouve. Après 30 bonnes minutes de tentative de communication avec la propriétaire, nous semblons tomber d'accord sur la location d'une chambre double pour 2 nuits à 120 yuans la nuit. Bizarrement, elle nous donne 2 clés, et 2 télécommandes pour le chauffage.

 

Paysage du mont Qingcheng.

 

Le lendemain matin, on enfile le matos : chaussures de rando, pantalons de baroudeurs, polaires pour temps extrême, bien décidés à affronter les difficiles reliefs Chinois. Nous payons notre droit de randonner (!) et pénétrons dans l'enceinte via l'imposante porte d'entrée. Tandis que les mètres et les minutes défilent au rythme de nos pas décidés, l'impression de parc d'attraction refait surface.

Indéniablement, les paysages montagneux et verdoyants laissant une longue trainée de nuages s'infiltrer dans les vallées, et évoquant tout le mystère de ces sites sacrés qui ont tant inspirés poètes et peintres Chinois, sont de toute beauté. Comme ces temples Taoïstes où un grand chevelu moustachu remplace un chauve bien portant aux longues oreilles comme figurine de vénération ! Mais je ne peux m'empêcher certains questionnements. Le défilé de mode des touristes Chinois continuent, les boutiques de souvenirs se succèdent et le balisage bétonné de la voie que nous empruntons évoque davantage une (auto)route qu'un sentier. Certes, comme à Leshan, l'UNESCO est venue poser quelques plaques "patrimoine mondial" sur le site, mais cela nécessite-t-il tant d'aménagements ? Ou là encore, d'obscures raisons politiques et idéologiques peuvent-elles expliquer cette transformation d'un site sacré dans les croyances Chinoises en "simple tour eiffel" ? 

 

Des sensations diverses parcourent mon esprit au moment de quitter les lieux : l'envie de respecter, en tant que visiteur, le tourisme qui se pratique chez les autres, mais aussi le besoin de s'interroger face à ce qui me semble être la mise sous sédatif d'un peuple face à sa culture, ses croyances, ses pensées et son patrimoine, en reléguant cette richesse intellectuelle et philosophique au rang de divertissement.

Hypothèse légèrement pessimiste teintée d'un soupçon de paranoïa vis à vis d'un complot étatique, je vous l'accorde !

 

Lucy, quant à elle, ne voit à travers ce tourisme que l'expression d'une nouvelle forme de distraction demandée par un peuple ravi de découvrir son pays. En effet, l'apparition d'une nouvelle classe aisée en Chine, et avec elle des envies nouvelles comme le sport et le tourisme, a contribué au fort développement de l'industrie des loisirs, inspiré par le modèle occidental. Etant donné les difficultés pour les ressortissants Chinois d'obtenir des visas et de se déplacer à l'étranger, ils pratiquent une certaine forme de tourisme de masse en Chine et profite de l'immensité de leur pays.

 

Les convictions religieuses profondes ne sont plus, depuis longtemps, enracinées dans la culture Chinoise, comme ce fut sans doute le cas il y plusieurs siècles. L'idéologie communiste a sans doute contribué a "athéisé" le pays au XXème siècle (officiellement, 80% des chinois se disent athés même si en pratique le culte des ancêtres, par exemple, reste assez présent). Mais aujourd'hui, il ne semble plus y avoir de pression sur les pratiques religieuses, à partir du moment où elles n'ont pas de velléités indépendantistes ! Ces groupes de touristes se déplaceraient donc joyeusement, en groupe, pour profiter simplement de quelques vacances à la découverte de leur patrimoine. Logiquement, les entrées sont donc payantes puisqu'il ne s'agit nullement de pélerinage.

 

De patrimoine, il en est question dans la ville voisine de Dujiangyan. En effet, depuis plus 2000 ans, cette ville possède un système d'irrigation qui a permis aux campagnes environnantes de devenir extrêmement fertiles. Le système, très ingénieux parait-il, fonctionne encore, et est classé lui aussi au patrimoine mondial par l'UNESCO. Malheureusement, nous arrivons bien trop tard en fin d'après-midi pour le visiter. En revanche, nous découvrons par hasard que la ville possède un quartier historique tout à fait charmant, qui nous rappelle Pingyao ou Dali, que nous avions visité l'année dernière. Architecture traditionnelle des bâtisses, canaux traversant la ville et surplombés de jolis ponts, grandes portes intégrées à des remparts et permettant l'accès en ces lieux bien conservés : voilà un panorama exquis pour une bien agréable balade !

 

Après avoir expliqué à notre petite propriétaire que nous n'occupons qu'une seule chambre, et que par conséquent nous ne lui paierons pas le double de ce que nous lui devons réellement, nous profitons de l'abonnement télévisuel de ce petit hôtel pour regarder la version Anglaise de CCTV, la chaine nationale. Au programme : les Japonais sont des envahisseurs (conflit au sujet des îles Senkaku), les moines Tibétains qui s'immolent par le feu sont des terroristes, retransmission en direct depuis Kunming de la pré-exécution des meurtriers du Mékong, et l'Europe est le nouveau tiers-monde (mon propos est légèrement exagéré sur ce dernier point !), le tout commenté de manière tout à fait partiale par des intervenants occidentaux ! Cela suffit ! Bonne nuit !

 

La Chine nous fascinait avant que nous ne la visitions. Elle nous fascine encore plus aujourd'hui. 

Alors que nous prenons la direction de Beijing, cette sensation ne nous quittera pas. Une relation je t'aime / je te hais, à propos de laquelle nous nous devons d'apporter quelques détails...

 

La vieille ville de Dujianyang avec ses vieilles portes, ses vieilles maisons et ses loupiotes est charmante.

 

 



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Publié à 13:59, le 10/03/2013 dans Chine, Sichuan Sheng
Mots clefs : condamné à mortconflit chine japontaoïsmemont qingchengbouddha géantleshansichuanchengdu


Le panda géant du Sichuan

Le 20 février 2013, Chengdu, province chinoise du Sichuan.

 

Le panda géant est l'emblème de la Chine, de Chengdu et de WWF !

 

J'en rêvais, nous l'avons fait ! L'arrêt programmé à Chengdu nous permet d'aller admirer quelques spécimens d'une espèce désormais endémique à la Chine et menacée, le panda géant.

Nous nous sommes rendus au Centre de recherche sur la reproduction des pandas, situé à quelques kilomètres seulement du centre-ville de Chengdu. C'est l'endroit idéal pour faire connaissance avec l'animal et sa cause, car le centre n'a rien d'un triste zoo. En effet, il est spécifiquement dédié à la reproduction de l'animal. Or, pour l'amener à se reproduire, il faut qu'il se sente le mieux possible et le plus proche de son environnement naturel. Les enclos sont larges, non grillagés (séparés par des murets) et verdoyants. Les animaux sont bichonnés et suivis de près, cela se sent, et c'est chouette !

Nous sommes arrivés tôt le matin, à 8h, il y avait peu de visiteurs dans le parc et les animaux étaient en train de prendre leur petit-déjeuner. Ces gros nounours noirs et blancs sont vraiment très beaux !! Outre l'aspect ludique et charmant de la visite, le musée du parc et la projection vidéo nous en ont appris beaucoup sur les pandas.

 

Ses taches noires autour des yeux servent à leurrer ses prédateurs en donnant l'impression qu'il dort alors que ses yeux sont grands ouverts !

 

Si le panda disparaît, c'est essentiellement dû à l'activité économique de l'homme qui empiète sur son habitat et qui produit le réchauffement climatique. Sur les 60 espèces de bambous présentes dans les fôrets de l'ouest de la Chine où il vit, le panda géant n'en consomme qu'une quinzaine environ. Les modifications climatiques affectent directement ces forêts en modifiant la nature des bambous qui y poussent. Mais l'homme n'est pas le seul responsable. Le cycle naturel du bambou entraîne la mort de très nombreux arbres tous les 25 ans. Notre panda géant meurt alors de faim en pleine forêt... De plus, les femelles très exigentes sur le patrimoine génétique du père, ne peuvent plus se déplacer librement dans les montagnes à la recherche du mâle idéal à cause du surpeuplement humain des vallées. cela donne une espèce en voie de disparition !

Aujourd'hui, il ne resterait environ que 1 000 pandas géants à l'état sauvage, répartis dans 3 provinces de l'ouest de la Chine. Avant, il était présent dans presque toute l'Asie (Japon, Corée et Asie du Sud-Est également). WWF en a fait l'emblème de sa lutte, et sa mascotte vient justement de ce centre de Chengdu !

 

Malgré son air lourd, le panda géant est très agile dans un arbre.

 

Comme je vous le disais, dans la nature, le panda se reproduit déjà assez mal. D'abord parce que la femelle est très exigente sur son partenaire. Ensuite parce que les bébés pandas naissent "prématurés", bien avant le terme de leur développement suffisant à leur survie. Le nouveau-né mesure environ 15 cm, pèse de 50 à 150 grammes maximum, n'a pas de poils et est encore aveugle. Quand on sait qu'un panda adulte mesure en moyenne 1,80 mètre pour 135 kilos, on comprend que la mère soit parfois désemparée face à ces tous petits êtres fragiles. Il arrive qu'elle tue le nouveau né par erreur ou l'abandonne, ne sachant pas comment s'occuper d'une chose si petite. Enfin, 50% des naissances donnent lieu à des jumeaux. Dans la nature, la mère abandonnera systèmatiquement l'un des deux bébés pour assurer la survie de l'autre. Au final, le taux de reproduction est donc très faible.

Les efforts qui sont faits en captivité pour leur reproduction permettent de pallier ces problèmes, mais également de relâcher dans la nature de jeunes adultes jugés aptes à retrouver leur état sauvage après un petit camp d'entraînement ! Cela est fait afin d'aider l'espèce à se perpétuer dans son habitat naturel.

 

Depuis près de 20 ans le centre étudie le comportement des pandas géants et a développé un savoir-faire unique et mondialement reconnu pour leur reproduction comme pour leurs soins.

Côté reproduction, la première difficulté est de déceler la période des chaleurs d'une femelle car elle n'émet qu'une faible odeur et n'est féconde que 2 ou 3 jours par an. Lorsque cela est fait, on lui présente des mâles. Parfois la reproduction naturelle peut avoir lieu. Mais en captivité aussi la femelle est très exigente et repousse souvent les mâles qui lui sont présentés (parfois violemment, nous en avons eu la preuve en image !). Dans ce cas, les scientifiques procèdent alors à des inséminations artificielles. Puis ils suivent la grossesse au quotidien avec de nombreux tests afin de s'assurer que tout va bien et sont présents lors de l'accouchement pour éviter tout risque pour le bébé. A ce moment-là, si la mère est violente ou qu'elle abandonne son bébé, les scientifiques le récupèrent temporairement et l'élèvent en couveuse, en le nourissant du  colostrum de sa mère. Ils font de même lorsque ce sont des jumeaux. Dès que cela est possible, les scientifiques rendent les bébés à leur mère qui les prend en charge, gardent sur eux un oeil attentif et leur prodiguent des soins réguliers. Grâce à ce système, le pourcentage de survie des nouveaux-nés est très élevé, et même lorsque ce sont des jumeaux, la mère parvient à les élever tous les deux.

 

Voici les stades de développement à la naissance, à deux semaines et à deux mois :

 

   

  

 

Les bébés pandas naissent en été après environ 5 mois de gestation. Lors de notre passage, nous avons pu observer deux frères jumaux de 6 mois qui jouaient. Dans la nature ils sont livrés à eux-même à l'âge d'un an et demi, mais en captivité, il peuvent rester avec leur mère jusqu'à l'âge de 4 ans ! Les mères pandas sont très attentionnées : par exemple, dans la nature elles ne mangent presque pas pendant les 6 premiers mois pour mieux prendre soin de leur petit.

 

Nos bébés pandas de 6 mois, en chair et en os !

 

Enfin, d'autres informations nous ont beaucoup étonné !

Tout d'abord les scientifiques (contrairement à ce qu'indique Wikipédia) n'ont pas classé le panda dans la famille des ursidés, mais dans une famille à part, située dans l'arbre des espèces entre l'ours et le raton-laveur (ce qui se comprend bien lorsque l'on découvre le panda rouge).

 

Pandas rouges, la deuxième espèce de pandas existante.

 

Ensuite, bien que se nourissant quasi-exclusivemement de bambous, le panda a un "physique" (machoires et système gigestif) de carnivore ! Cela explique qu'il ait parfois recourt à la chasse pour se nourrir en cas de disette, même si certains d'entre eux n'y parviennent jamais. Par ailleurs cela explique également le fait qu'il assimile très mal les nutriments des bambous qu'il dévore, déjà eux-mêmes assez pauvres en ressources énergétiques. Il est donc obligé d'en consommer d'énormes quantités (15 à 35 kg /j), et peut passer 16 heures par jour à se nourrir. Le reste du temps, il évite de gaspiller le peu d'énergie qu'il a pu assimiler. C'est à cela qu'il doit sa réputation d'animal lent, gentil et dormeur !

 

Enfin, le panda géant a développé en plus de ses 5 "doigts" griffés une sorte de petit pouce, un 6ème "doigt". C'est pourquoi il peut attraper le bambou à "pleines mains" et le grignotter tranquillement, assis sur ses fesses, tandis que les autres animaux doivent plaquer l'objet au sol avec leurs deux pattes. 

 

Ses prédateurs naturels sont le léopard des neiges, le tigre et le loup.

 

Panda rouge qui se promène dans les allées et qui aimerait bien avoir à manger !

 

Au Sichuan, il était possible d'observer les pandas dans leur habitat naturel au sein de la réserve naturelle de Wolong, le plus grand lieu de protection et de conservation de pandas de Chine, mais elle a été fortement endommagée par le séisme qui a touché la région en 2008. Depuis, elle est fermée au public et on ignore la date de sa réouverture. En attendant, les pandas ont été transférés au centre de Ya'an, la "Bifengxia panda base", à une centaine de kilomètres de Chengdu.

 



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Publié à 12:19, le 27/02/2013 dans Chine, Chengdu
Mots clefs : bébés pandasmode de vie des pandasespèce en voie de disparitionpanda rougepanda géantsichuanchinebambous


Chengdu

Du 18 février au 28 février 2013 / Chengdu / Capitale du Sichuan / Chine

 

 

Cela fait 72 heures que nous avons franchi la frontière, et en arrivant à Chengdu au petit matin, ce 18 février, nous sommes dans les temps. 

 

 
 

Après un rapide trajet depuis Mohan vers Jinghong en bus (4 heures, de 9h à 13 h le 15 février), puis un bus de nuit depuis Jinghong jusqu'à Kunming (de 19h à 7h du matin, dans la nuit du 15 au 16 février), 24 heures de "far-pas grand-chose" à Kunming (du 16 au 17 février), et enfin un train de nuit bondé en places assises qui traverse les somptueux paysages de montagne des provinces du Yunnan et du Sichuan (du 17 février à 10h jusqu'au lendemain 6h), nous voilà donc à Chengdu, capitale du Sichuan, province voisine du Tibet.

Nous sommes dans les temps à condition d'attraper rapidement un train pour Urumqi, dans l'extrême ouest de la Chine, proche de la frontière avec le Kazakhstan. Notre calcul est simple : nous devons quitter le territoire Chinois le 3 mars. Nous devons donc monter dans un train pour Almaty au Kazakhstan le 2 mars, donc obtenir nos passeports Kazakhe le 1er mars, donc poser nos passeports au consulat Kazakhe à Urumqi le 24 février, donc arriver à Urumqi le 23 février, donc prendre un train depuis Chengdu le 21 février. Impossible enchaînement des évènements ?

 

Le temps est très frais ce matin, en sortant de la gare de Chengdu. C'est clair, nous ne sommes plus au Laos, ni même dans le Yunnan, et même si le climat est réputé clément dans le Sichuan, le choc thermique n'en est pas moins violent ! Nous sommes gelés, et une furieuse envie de fuir cette impressionnante foule qui rendrait n'importe qui agoraphobe, et qui déambule sans but apparent aux alentours de la gare, se fait pressante. L'envie de prendre une douche chaude également. Mais nous ne perdons pas de vue nos impératifs de timing : nous rassemblons nos forces et nous dirigeons vers les guichets où les files d'attente s'étalent sur des dizaines de mètres devant les nombreux guichets déjà ouverts malgré l'heure matinale (6h30).

Enfin, c'est notre tour ! Quand le guichetier entend les quelques mots d'anglais prononcées par Lucy, il baisse les yeux, devient rouge pivouane, se lève de sa chaise et cours chercher du secours. "Heeeeeelp" semble-t-il crier (en chinois dans le texte !) à son chef. Les villes Chinoises se succèdent dans notre périple, et les scènes se répètent aux guichets des différentes gares ! L'aimable supérieur rapplique. Après avoir enfin compris la requête, il nous annonce que les prochains trains pour Urumqi sont le 25 février. Là, on a un problème !

 

Les files d'attentes devant les guichets de ventes de billets de train ressemblent toujours à cela en Chine.

 

   

Il y a également les files d'attentes à la descente du train, où pour acheter un ticket de métro, pour n'en citer que quelques unes !

 

Quelques heures plus tard, après une douche chaude et une sieste réparatrice, nous demandons à notre auberge de jeunesse quelques renseignements sur les trains. Les jeunes employés parlent anglais, ce qui s'avère un tantinet plus simple qu'au guichet d'une gare. Là encore, stupeur ! Plus de train pour Urumqi (dont nous découvrons la véritable prononciation : "woulumuchi" !) avant le 15 mars ! Une jeune employée nous confie que les congés du nouvel an Chinois (appelés le "spring festival") peuvent s'étendre jusqu'à la mi-mars pour certains travailleurs. C'est ainsi que pendant environ 1 mois, de mi-février à mi-mars, 1 300 000 000 de Chinois sont  en vacances à peu près en même temps. De quoi saturer n'importe quel réseau de transport ! Nous réalisons au passage que les employés Chinois ont maintenant plus de vacances que les employés Américains ou Canadiens du privé !

Même si nous avons la possibilité de prolonger notre visa, nous n'oublions pas que nous avons une dead-line pour notre retour en France : le 30 mars, jour de célébration des 30 printemps du brother ! Etant un frère indigne (!!), j'ai déjà raté ses 20 ans, étant à l'époque emmitouflé dans une épaisse doudoune et faisant face au rude hiver Montréalais ! Alors, aucune marge de manoeuvre possible, nous serons en France à la fin mars.

Afin de nous changer les idées, nous partons rendre une petite visite à l'emblème de la ville de Chengdu : les pandas. Après avoir exploré de son fin palais les gastronomies asiatiques (dont certains articles circulent sur le web, youpi ! et dont voici le lien : http://www.mosaic-voyages.com/blog/2013/02/21/petit-point-sur-la-gastronomie-mongole-et-la-vie-dans-les-yourtes/), Lucy vous fera partager sa nouvelle passion pour la grosse bébette chinoise dans un futur article ! Nous nous rendons également, le soir-même, à l'opéra de Chengdu, pour assister à une représentation d'arts traditionnels Chinois : danse, musique, ombres chinoises et changement de visage, dans un théâtre dans lequel, comme dans tous les lieux publics, on se gèle ! Face au spectacle lumineux des buildings modernes offert toutes les nuits, on a du mal à croire que de nombreux bâtiments publics tels que les restaurants, gares, hôtels, administrations, ne soient toujours pas équipés de chauffage en Chine !

 

Le spectacle nous présente des spécialités artistiques chinoises ancestrales. Ici une scène d'opéra.

 

  

Le fameux "changement de face" (transformisme de masque ancestral) et du théâtre d'ombres.

 

Faisant face à l'imparable logique arithmétique et à la cruauté d'un temps que nous ne remonterons pas (nom de zeus !), nous rendons les armes et changeons nos plans. Un train pour Beijing est disponible le 5 mars. Un transsibérien part le 9 de la capitale Chinoise, et rallie Moscou le 15. Nous devrions être sans difficulté à Avignon aux alentours du 25, après avoir exploré quelques capitales Européennes. 10 jours pour rallier Moscou à Avignon, nous semblons même avoir un peu de marge, filet de sécurité indispensable vu les obstacles administratifs ou logistiques (transport) qui se dressent sur notre route depuis quelques jours, et dont nous n'osons plus espérer l'éradication ! Nous posons donc une option sur ces billets en direction de Beijing, et partons déposer nos passeports aux services d'immigration faire prolonger nos visas. De toute évidence, si la prolongation est refusée, notre périple terrestre s'arrêtera là, et ce seront les voies aériennes qui nous ramèneront en France.

5 jours ouvrables pour examiner une demande de prolongation de visa, soit une semaine entière, puisqu'un week-end se glisse au milieu. Et la consigne de ne pas quitter Chengdu !

Nous disposons donc d'une semaine pour visiter la capitale du Sichuan et ses proches environs. Un luxe ? Pas tant que ça en fait !

 

Chengdu by night. Jusqu'au 15 février les feux d'artifice et les lancers de lanternes se sont succédés tous les soirs dans la ville.

 

Peuplée par un peu plus de 7 millions d'habitants (statistiques de 2010, source : Bureau d'études statistiques de la République Populaire de Chine), Chengdu donne une fausse première impression : celle d'une ville nouvelle. Des tours de verre flambant neuves, un métro ultra moderne et de larges artères s'intégrant avec harmonie dans le paysage urbain, semblent être sortis de terre très récemment. Sauf qu'avant, il y avait autre chose ! 

La Chine unifiée telle que nous la connaissons était très loin d'exister que Chengdu et sa région étaient déjà peuplées il y a plus de 4000 ans. Son histoire est chargée et son patrimoine en conserve quelques traces : cottage conservé du poète Du Fu, temples passés sous le bistouri afin de paraître plus jeune (et de faire payer un ticket d'entrée plus cher !) comme le Wenshou Monastery, construit il y a 1300 ans, et qui abrite également un restaurant végétarien, une librairie bouddhiste et une...guesthouse ! Ou encore la vieille rue Jinli à la magnifique architecture attirant une masse impressionante de touristes Chinois. Aujourd'hui, malgré son virage délibérément moderne, tournée vers les affaires, les technologies de pointe et le prestige de ses universités, la ville échappe à l'engorgement, aux embouteillages monstres et au stress quotidien propre aux grandes métropoles.

 

Dans les rues de Chengdu.

 

Les habitants de Chengdu sont plutôt débonnaires et rieurs, et la qualité de vie est indéniable dans la "cité des hibiscus" malgré l'absence quasi ininterrompue d'ensoleillement. La ville doit son surnom au Roi Mengchang du Royaume Shu (907-960) dont Chengdu était la capitale. Le monarque avait ordonné la plantation d'hibiscus sur les imposants remparts délimitant alors les frontières de la ville. Suite à la visite de Mao Zedong en 1958, de remparts on ne parla plus !! Le grand Timonier pensait qu'ils gêneraient la circulation ! Si on ne fait pas de sentiments pour le patrimoine dans la Chine moderne, certains détails de l'histoire ne s'effacent pas, et dans ce cas précis, c'est son surnom que la ville conserve depuis 2000 ans.

 

Les jours passent, le printemps semble s'installer, et de timides rayons de soleil accompagnent de temps à autre les Sichuanais sur les bords de l'une des rivières irriguant la ville pour une partie de mahjong, une promenade agréable ou la dégustation d'une tasse de thé au jasmin. Les habitants envahissent de nouveau les espaces verts et jardins publics. L'occasion de partager leur quotidien nous est donnée, un dimanche, dans "people's park" : démonstration de nunchakou, de taï-chi, de calligraphie, de danses diverses, de karaoké et de chorale. L'animation ne manque pas, et les petits commerçants ou artisans, même les plus improbables, tentent de gagner quelques piécettes, par exemple en nettoyant vos oreilles !! 

 

Séance de peinture à l'encre de Chine.

 

  

Séances collectives de sport en plein air. Messieurs font des arts martiaux, mesdames dansent !

 

 

Avec sa frontale, ce monsieur s'adonne à une spéléo d'un genre particulier !

 

Autre curiosité : le quartier Tibétain. En effet, la "région administrative autonome" (la colonie quoi !) du Tibet n'est pas loin, et la communauté Tibétaine est, de ce fait, assez importante à Chengdu. Même si le coeur du quartier se résume à une rue, elle transpire de tout son long l'ambiance et la culture Tibétaine, avec ses boutiques d'artisanat, ses moines déambulant dans les rues, et ses vieilles dames arborant magnifiquement le costume traditionnel.

 

  

Boutique du quartier tibétain / Moines tibétains.

 

Les nombreux quartiers populaires de Chengdu sont garnis d'un nombre incalculable de gargottes, restaurants populaires, cantines, dans lesquels les Chinois, grands épicuriens, viennent déguster les nombreuses spécialités Sichuanaises lors de mémorables banquets entre amis ou en famille. Nous observons tout cela avec curiosité, et ne manquons pas, dans le même temps, de goûter quelques-unes de ces spécialités. Même si la cuisine Sichuanaise, au même titre que la gastronomie Cantonnaise, est l'une des plus réputées de Chine, nous profitons, à l'occasion de mon... "oulaladéjà"ème anniversaire, de la diversité ethnique de Chengdu pour offrir à nos papilles une "authentique" pizza Italienne. Même si elle est loin d'être la meilleure de notre vie, une pizza en 10 mois ne peut pas complètement nous décevoir ! 

 

  

Avec le printemps les arbres de la ville se parent de fleurs somptueuses. 

On se croirait parfois au Japon en avril, lorsque les cerisiers sont en fleur...

 

La date fatidique du 27 février arrive : nous retournons aux services d'immigration récupérer nos passeports. Nos nouveaux visas y sont tamponnés. Nous avons maintenant jusqu'au 22 mars pour sortir du territoire.

Notre train pour Beijing est dans 5 jours. D'ici là, nous avons le temps de découvrir quelques curiosités, quelques sites incontournables du tourisme dans le Sichuan. 

 

 
Petite sieste à la chinoise... 
  


Commentaires
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Publié à 19:15, le 25/02/2013 dans Chine, Chengdu
Mots clefs : people's parksichuanchengdunouvel an chinoisbus en chinetrain en chinejinghongmohankunming


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Qui suis-je ?


Prendre le temps. Prendre le temps avec les gens, avec la vie, avec nous-même. Prendre le temps de découvrir des cultures, des langues, des coutumes. Prendre le temps d'apprendre des autres, d'apprendre à se débrouiller dans un environnement totalement inconnu, d'apprendre sur soi. Pour prendre ce temps, quel meilleur moyen que de se déplacer en train depuis Paris jusqu'au bout de l'Asie...

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