Jusqu'au bout de l'Asie...

Question de point de vue !

4 août 2012 au 25 septembre 2012 / Chine
 
 
 
 
Nous avons passé près de 2 mois en Chine !
 
Au cours de notre périple, nous avons eu l'occasion de discuter avec plusieurs expatriés, ainsi qu'avec de jeunes chinois parlant anglais. Le discours qui prévaut concernant le pouvoir en place est assez différent de ce que l'on entend en France. Il vaut ce qu'il vaut, on est d'accord ou on ne l'est pas, mais il nous a semblé intéressant de vous faire part de cette autre façon de penser la Chine....
 
 
 
Montrée du doigt dans le monde occidental pour ses manquements aux droits de l'homme et ses actions au Tibet, le parti  communiste chinois est en train de faire passer son pays dans le monde des grandes puissances économiques.
 
 
Pour nos interlocuteurs, l'une des forces du PCC est son organisation interne, qui par certains aspects donne l'impression d'un semblant de démocratie. En effet, chaque ville, mais aussi chaque minuscule village du fin fond de la campagne dispose de son représentant au parti. Ces représentants se réunissent très régulièrement, et c'est suite à ces réunions que les problématiques sont soulevées. Cela permettrait que personne ne soit "oublié" par le système, et que les décisions prennent en compte l'intérêt de la majorité. Ou de la minorité si besoin ! 
 
 
Ensuite disent-ils, cela permet au gouvernement d'agir rapidement (certes parce qu'il n'y a pas d'opposition). Lorsqu'une décision est prise de construire une route, le chantier est parfois terminé dans l'année. Dans un pays de plus de 1,3 milliards d'habitants, c'est un point fort pour avancer !
 
 
La comparaison est d'ailleurs assez frappante avec l'Inde, qui jouit de taux de croissance à peu près similaires. Entre une démocratie qui fonctionne mal et une société de caste qui paralyse le système, le développement du pays, de ses infrastructures,  et de son système économique, sont loins d'être aussi avancés que celui de la Chine.
 
 
Enfin, élément marquant lorsque l'on parle avec les chinois, et qui doit être hérité du mode de pensée communiste, est la conscience aigüe des différences sociales qui existent au sein du pays et la volonté de les gommer. Une étudiante en économie m'a dit que "la réduction des écarts entre les riches et les pauvres est l'enjeu majeur pour la Chine des 10 prochaines années". Pas si mal !...
 
Effectivement avec 60 millions de millionnaires, l'ouverture économique n'a pas profité à tous de la même façon. Mais il n'y a presque plus personne qui vit dans des bidonvilles, aucun village qui n'ait l'électricité et internet !
 
 
Evidemment dans tout cela, pas de réponse sur les questions des droits de l'homme, du respect des minorités, de la liberté d'expression, etc. La Chine se targue d'être parvenue à une certaine "harmonie" sur tout le territoire, entre toutes les ethnies, mais à quel prix ?
 
Seul sujet abordable, l'économie, et elle fonctionne. Mais certains pensent qu'une (r)évolution est en marche. Pourquoi ? Grâce aux jeunes ! Imaginez le fossé culturel qu'il y a actuellement entre les parents (ou grands-parents) et leurs descendants issus de la politique de l'enfant unique en vigueur depuis 1979. Apparemment ils ont beaucoup de mal à se comprendre. Les uns, élevés jadis au sein de familles très nombreuses dans le plus grand respect des traditions et des valeurs telles que l'honneur, le respect, la loyauté. Les autres, unique centre d'attention de toute une famille, pendus toute la journée à leur i-phone ou sur leur ordinateur, et soumis à une forte pression de réussite sociale et scolaire. Exigeront-ils du changement, et de la liberté?
 
 

Si vous souhaitez approfondir le sujet, je vous recommande la lecture de cet excellent article par l'ancien chef du bureau de Pékin du Financial Times, Richard McGregor : http://www.slate.fr/story/33301/parti-communiste-chine

 
 
 
 
Par ailleurs, les relations conflictuelles qu'entretient la Chine avec ses voisins permettent de maintenir une certaine propagande autour du sentiment nationaliste. Le tapage médiatique autour de certaines querelles ou tensions (comme en ce moment avec le Japon au sujet des îles en mer de Chine), est le principal instrument de cette propagande. Certes, l'identité chinoise s'est façonnée à travers de nombreux conflits. Mais il est tout de même déroutant de voir à quel point le sentiment anti nippon est facile à réveiller. Quant aux autres peuples entourant le pays (vietnamiens, coréens...), ils semblent se trimballer diverses tarres peu au goût des Chinois!
Nous avons rencontré une taïwannaise à Hong-Kong : "parle t-on la même langue à Taïwan qu'en Chine?" lui demandai je naïvement ; "mais enfin, tout le monde sait maintenant que Taïwan c'est la Chine ! Bien sur que nous parlons mandarin !" Il paraîtrait même que certains voyageurs se sont fait confisquer leurs guides Lonely Planet à la frontière car il présente Taïwan comme indépendante...
 
 
Pour finir, l'occasion de tordre le cou à une idée reçue sur la Chine : l'écologie (parole d'écolo). Après avoir atteint des sommets de pollution dans les 2 premières décennies de son ouverture économique, le gouvernement semble avoir pris conscience de certains enjeux : le climat, l'agriculture intensive, la gestion de l'eau, la production énergétique. Combien de temps l'Europe a mis pour prendre conscience de ces enjeux? Quant aux USA, comment se fait il qu'ils ne ratifient même pas les grands traités internationaux?
 
Par exemple, à Beijing, une énorme campagne en faveur des véhicules électriques a été menée depuis 2010, et les effets sont spectaculaires ; quand on se promène dans le centre ville, on remarque que tous les 2 roues sont électriques ! A moindre échelle, c'est aussi ce que l'on peut constater dans le reste du pays. Ce succès est peut être lié au coût de l'essence par rapport à l'électricité.
 
 
On voit également fleurir des champs d'éoliennes un peu partout, les villes nouvelles sont largement équipées de panneaux solaires, et les barrages hydroélectriques semblent être une bonne alternative au nucléaire pour la production d'électricité. La Chine est même devenue ces dernières années un énorme producteur d'agriculture bio ! (http://www.novethic.fr/novethic/planete/environnement/agriculture/agriculture_chinoise_utilisation_massive_pesticides_et_developpement_bio/105900.jsp)
 
 
Bien sûr, le  pays a de nombreux défis écologiques à relever avec une population aussi gigantesque, et elle est loin de tout gérer de façon optimale (http://www.slate.fr/story/33325/chine-desastre-ecologique) :
- le charbon, principale cause de pollution de l'air du pays , reste sa ressource la plus abondante, la moins chère et la plus facile à exploiter. Et elle n'est pas prêt de s'épuiser puisque des gisements énormes ont été découverts en Mongolie.
- les choix d'aménagement du territoire sont souvent contestables. Ce sont des projets pharaoniques, coûteux, pas franchement écologiques et qui ne tiennent pas compte des populations locales, qui sont privilégiés. : construction d'immenses routes aux abords de sites naturels et de villages, déviation de fleuve pour alimenter en eau le nord du pays... 
 
 
La Chine moderne va vite. Son développement économique est incroyablement rapide. Elle a aujourd'hui conscience des 2 enjeux (avant qu'ils ne deviennent des dangers!) des années à venir : les enjeux écologiques (continuer à se développer, mais proprement : on appelle ça le développement durable!) et sociaux (la diminution des inégalités qui devient un enjeu mondial!)
 
 
Voilà, c'était une vision d'ailleurs !
 
 
 


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Publié à 04:53, le 30/09/2012 dans Chine, Chine
Mots clefs : croissanceTaïwanPCCfaçon de penséechinedémocratiepolitique


Aux portes du Tibet

Du 19 au 22 septembre 2012 / Shangri-la / Province du Yunnan / Chine      

 

Après les campagnes de Dali, au centre du Yunnan, place aux montagnes du nord ouest de la province.

Faute d'infrastructures ferroviaires, c'est en bus que nous rejoignons Shangri-la, avant poste himalayen au fort accent tibétain.

 

"Shangri-la", quel drôle de nom! Et pour cause. Au début des années 2000, le pouvoir en place, farceur à toute heure, décida de changer le nom de la ville de Zhongdian en Shangri-la afin de concurrencer Lijiang et Dali, 2 places fortes touristiques du Yunnan. Mais pourquoi Shangri-la, me direz vous? Ce nom, extrait d'un roman de James Hilton, Horizon perdu, décrit un endroit mystique où les personnages vivent heureux et longtemps, dans le sud ouest de la Chine. Les autorités ont donc décrété que Zhongdian était cet endroit, n'en déplaise à James Hilton qui se retournerait dans sa tombe s'il voyait la ville!!

 

En effet, avec l'aide des tours opérateurs, le coup marketing a marché! Les projets de construction immobilière pullulent et les groupes affluent. La ville nouvelle n'a pas beaucoup de charme, quant à la vieille ville, elle est très agréable à visiter le matin, avant qu'elle ne se pare de ses atouts touristiques, et ne laisse place à toutes sortes de boutiques et de restaurants chers. Heureusement, le sud de la vieille ville est beaucoup plus authentique, regorgeant de rues d'époques sans restauration excessive, de charmantes petites places et de magnifiques temples.


La vieille ville de Shangri-la, c'est aussi çà!!

 

L'une des vieilles rues de la ville avec un de ses habitants s'y promenant

 

Mais peu importe la ville ! Ce sont surtout ses alentours qui nous intéressent : les villages tibétains, les randonnées, et le fabuleux monastère de Songzanlin. 

 

Shangri-la est le chef lieu de la préfecture autonome tibétaine de Deqing. L'atmosphère est très imprégnée de spiritualité bouddhiste et de culture tibétaine.

C'est aux alentours du monastère de Songzanlin que l'on perçoit le mieux cette ambiance. D'abord grâce au monastère lui même. Toujours en phase de restauration suite aux dégats de la révolution culturelle, son emplacement en fait (presque) un endroit idéal pour une retraite spirituelle. Se situant à plus de 3300 mètres d'altitude, entouré de montagnes, de lacs et de villages, et pour un peu qu'on oublie la proximité de Shangri-la à 2 km plus au sud, cette lamasserie nous permet de toucher du bout des doigts le coeur du bouddhisme.

 

A l'approche du monastère de Songzanlin

 

La façade d'un des temples du monastère

 

Vu sur les alentours, du haut du monastère

 

Dans les allées du monastère

 

Accompagnés par les chants guturaux des moines, ainsi que par les sons de leurs instruments à vent et percussions, nous parcourons les différents temples, colorées par les peintures bouddhiques, habités par les somptueuses représentations de bouddha, et ornés de différents symboles et décorations bouddhiques. Somptueux. Plus encore que tous les temples que nous avons eu la chance de visiter jusqu'alors.

 

Un moine se baladant sous les drapeaux de prière tibétains

 

Un moine supervisant les travaux de rénovation!


Les alentours du monastère sont tout autant remarquables. C'est au hasard d'une balade dans un village tout proche que nous avons l'occasion de goûter au met traditionnel tibétain : la tsampa. Alors que nos estomacs commençaient à gargouiller, nous nous sommes mis à la recherche de quoi nous sustenter. Dans une petite rue calme, un portail ouvert laisse apparaître une cour autour de laquelle se dressent de beaux bâtiments en bois... nous osons l'incursion. Un moine nous accueille tout sourire. Pas de problème, on peut nous faire à manger ! 

Au menu : yaourt de yak, thé au lait de yak... et tsampa ! Des airs de Mongolie ! L'occasion rêvée d'attaquer un régime ! Le cadre de ce repas et la gentillesse de nos hôtes suffisent à mon bonheur. Lucy, amoureuse de la Mongolie... et maintenant de la culture himalayenne, se régale.

 

Notre nouvelle salle à manger !

 

Des moines réunis au bas d'un village

 

Nous repartons, requinqués, à l'assaut des stupas (structure architecturale bouddhiste rendant hommage au bouddha) placés sur les montagnes entourant le monastère. Nous atteignons le plus haut qui se trouve à 3600 mètres d'altitude au bout de 2 heures de grimpette. Il est sacrément imposant ! La vue sur le monastère, les montagnes environnantes et les villages escarpés est féerique. Nous garderons ces images dans nos têtes, la batterie de l'appareil photo nous ayant lâchée! 

 

Un stupa dans la vielle ville

 

Nous n'avons pas le droit de pénétrer au Tibet. Nous aurons eu une jolie consolation. Voir déambuler dans les rues de la ville des moines par dizaine, des gens portant les costumes d'ethnies tibétaines, visiter les différents temples de la ville et le grand monastère de Songzanlin, se balader dans les villages tibétains alentours, ce n'était pas le Tibet, mais cela y ressemblait fortement.

Heureux de cette immersion, nous quittons la Chine avec le sentiment d'en avoir pris plein les yeux. Nous entamons notre descente vers le vietnam, avec une succession de bus et de trains au programme...

 



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Publié à 11:12, le 23/09/2012 dans Chine, Shangri-La Xian
Mots clefs : moines bouddhistesmonastère songzanlinzhongdianshangri-layunnantibétains


A la rencontre de l'autre Chine

Du 15 au 19 septembre 2012 / Dali / Province du Yunnan / Chine

 

Petites maisons blanchies à la chaux typiques de la région

 

D'autres pays nous attendent et cela fait bientôt 2 mois que nous sommes en Chine. Nous avons essentiellement parcouru la Chine urbaine. Nous ne pouvons quitter le pays sans nous rendre quelques jours dans des régions plus rurales. Même si le taux d'urbanisation du pays est le plus élevé du monde et a d'ores et déjà dépassé les 50% en 2011, plus de 600 000 millions de personnes vivent encore à la campagne. Nous décidons donc de partir une semaine dans le Yunnan, ce qui est peu de temps pour une région d'une telle richesse.

 

 

Le soleil tentant de transpercer les nuages, au dessus des montagnes du Yunnan

 

En premier lieu, richesse des paysages : de la jungle du Xishuangbanna aux campagnes traditionelles du centre, des cultures en terrasse proches de la frontiere vietnamienne aux sommets himalayens du nord ouest à la forte identité tibétaine, le Yunnan se distingue par une diversité topographique exceptionnelle.

 

Par conséquent, la province possède également une grande richesse climatique : tropicale dans le sud, tempérée dans le centre autour de Kunming et Dali, ou glaciale dans le nord, aux abords des hauts sommets, voilà une région qui peut satisfaire tout le monde !

 

Riche aussi par sa diversité ethnique : les Han, ethnie majoritaire de Chine, ne sont pas les seuls dans le Yunnan. En effet, les Hui (Chinois musulmans), sont plus de 500 000 à Kunming. Les Hani, d'origine Tibétaine, sont très présents dans le sud (Xishuangbanna et région des rizières). Les Naxi, 286 000 représentants, d'origine Tibétaine là encore,  sont regroupés autour de Lijiang où ils vivent sous un système matriarcal. Les Daï, adeptes du bouddhisme hinayana (minoritaire en Chine) vivent essentiellement dans les jungles du Xishuangbanna. Egalement présents dans le Yunnan, les Jinuo, les Bulang, et tant d'autres ! En fait, sur les 55 minorités ethniques de Chine, 22 sont présentes dans cette province du sud ouest.

 

C'est à la rencontre des Baï de Dali que nous commençons notre petit périple. Transition facile pour introduire la dernière richesse du Yunnan dont nous vous parlerons (il y en a sans doute beaucoup d'autres, culturelle notamment), la richesse historique ! En effet, pendant 5 siècles, le Yunnan était indépendant, sous royauté Baï. Ce n'est qu'après la chute du bref empire mongol qu'elle devint une province chinoise, en 1274.  

Les Baï sont donc très bien implantées dans la région, et cela se voit. Port des costumes traditionnels et artisanat local illustrent cette identité forte.

 

Femme baï préparant ses spécialités

   

C'est donc à Dali que nous posons nos esprits fatigués après le passage "administratif" de Kunming. La vieille ville de Dali (à distinguer de la ville nouvelle à 30mn de bus, que l'on appelle aussi Dali, mais également Xianguan, allez comprendre ! ) est agréable à parcourir en une demi journée. A condition de sortir des 2 ou 3 rues disneylandesques destinées aux groupes de touristes, l'architecture est bien conservée et authentique, sans rénovation de mauvais goût. L'occasion de croiser des baï en costumes traditionnels, de fouiner dans les petits commerces d'artisanat local et de manger dans les gargottes familiales.

 

Une rue de la vieille ville de Dali

 
 

Femmes du coin dans les rues humides de Dali

 

 Pause cigarette!

 

Exemple de gargottes de Dali avec ses produits frais 

 

 

Dali est une petite ville autour de laquelle de nombreux villages de paysans ont poussé à travers champs. Nous louons des vélos pour la journée et partons à la découverte des campagnes chinoises en remontant la rive ouest du lac erhai vers le nord. Notre objectif : rejoindre le marché de Shaping, à 30 km.

Les cultures se succèdent : riz, blé, tabac... Hommes et femmes, souvent vêtus de la tenue de leur ethnie, cisaillent les plantations à la foscille, transportent leur récolte sur le dos ou à l'aide de petites carioles qui semblent bien lourdes. Les images sont saisissantes et détonnent de la Chine que nous avons vu jusque là. La mécanisation en est à ses balbutiements, pas d'apple store à l'horizon !

 

 

 
Un paysan traînant sa cariole

 

Un paysage typique des campagnes ensoleillées du yunnan

 

Bien sûr, nous trouvons les images magnifiques ! Et elles le sont !

Le travail est dur, les revenus modestes, et il n'y a pas d'âge pour arrêter ! Mais les sourires sont présents sur les visages et personne ne semble mourir de faim. Nous sommes les témoins de nouvelles relations sociales : les gens prennent le temps de se parler, d'échanger, de s'asseoir pour discuter, de rire... Il semble que les individualités ont davantage leur place que dans les grandes métropoles ou elles sont perdues dans la masse.

Plongés dans cette ambiance, remontant les rives du lac au milieu des champs, traversant villages et marchés, cette autre Chine nous donne l'impression d'avoir changé de pays, de continent, de monde. Ce merveilleux dépaysement nous aide à avaler nos 65 km, nous pédalons avec nos yeux et oublions (presque!) la souffrance physique. Devant ces scènes de vie d'une authenticité absolue, une émotion que nous n'avions plus ressentie depuis les steppes mongoles nous guette.   

 

Les récoltes portées sur le dos!
 

Au marché de Shaping, à 30km au nord de Dali

 

Si le formidable développement économique de la Chine a surtout profité à une nouvelle classe moyenne urbaine relativement aisée, les populations des campagnes commenceraient à prendre le train en marche. En effet, selon certaines sources, leurs revenus auraient augmenté plus vite que ceux des "urbains" sur les 2 dernières années (http://www.contrepoints.org/?p=61208)... Le miracle chinois?

Peut être pourront ils investir à l'avenir dans des machines outils et embaucher du personnel afin de s'offrir un peu de repos à partir d'un âge avancé ? Nos belles images disparaîtront peut être... Ainsi va la vie, ainsi va le monde !!

 

 

Lulu dans la boue !!



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Publié à 06:43, le 21/09/2012 dans Chine, Dali
Mots clefs : lac erhaiminorité baïcampagnesdaliyunnanchinevélo


Les batiks indigos du Yunnan

Dali / 19 septembre 2012

 

En se promenant dans Dali, on peut apercevoir un peu partout de grands tissus bleus et blancs en vente. Ce sont les batiks indigos fabriqués par les Baï, une ethnie minoritaire de la province du Yunnan. C'est un artisanat spécifique de la région de Dali. Pour moi c'est le coup de coeur !

 

 

 

 

Nous décidons donc de nous rendre à Zhoucheng, un village Baï à 23 km au nord de Dali, dont la fabrication de ces batiks reste l'activité principale.

 

 

 Femmes baï

 

Après 20 minutes d'errance, nous parvenons à faire comprendre par gestes à un passant que nous souhaitons visiter une fabrique. Il nous amène gracieusement chez un proche, un vieux monsieur usé par le travail, qui fabrique de beaux tissus dans un petit atelier avec sa femme. Super moment !

 

Les explications techniques sur la fabrication ne sont venues que plus tard grâce à internet...

 

Tout d'abord, il faut dessiner les futurs motifs au feutre sur le lin vierge. Cela représente les zones qui doivent rester blanches.  

 

 1ère étape, dessiner les zones à isoler

 

Ces parties sont isolées par un tissage très serré ; à la fin cela donne presque une boule de tissu, et tout est fait entièrement à la main ! 

 

photo extraite de http://membres.multimania.fr/elisapassions/BATIK.htm

 

Ces "boules de tissu" sont ensuite trempées dans des bacs contenant de l'indigo. Cette couleur bleue est obtenue à partir de l'indigotier, un arbuste qui pousse dans les zones tropicales et tempérées de l'Asie et de l'Afrique.

 

 Cuves d'indigo 
  
 
 
Ensuite il faut bien laisser sécher !
 
 

Enfin il faut tout découdre, et le  tour est joué ! De nombreux batiks sont ensuite agrémentés de fils blancs surbrodés pour souligner le motif. Ici encore, tout est fait main.


 
 
 
 
 Nous n'avons pas résisté, nous sommes repartis avec notre petit souvenir !!

 



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Publié à 04:16, le 21/09/2012 dans Chine, Dali
Mots clefs : zhouchengdalibaïyunnanbatikschineindigoartisanat


Hong-Kong

Du 31 août au 9 septembre : Hong-Kong

Fait exceptionnel : article co-écrit et photos sélectionnées avec déchirement par vos 2 baroudeurs sans engueulade notable !! 

 

Entre palmiers et illuminations de buildings ultra modernes, shopping et randonnées sur les collines avoisinantes, marchés animés et découverte d'une très riche histoire urbaine, retrouvailles familiales et far niente à la plage, Hong Kong nous a offert un séjour inoubliable. De ce genre de séjours qui vous font regretter de ne pas y habiter!

 

Vue de Hong Kong depuis "the peak"

 

Mais de point de regret nous ne parlerons!   

Hong-Kong était une étape obligée  : côté famille donc, puisque Stéphane, le cousin de Landry, y vit avec sa femme; ensuite pour notre visa double-entrée qui nous permet de faire deux séjours de 30 jours en Chine, mais avec une sortie du territoire. Malheureusement, au passage de la frontière, la douanière nous fait comprendre que notre 2ème entrée ne serait pas utilisable, nous avons dépassé la date de validité ! Des démarches administratives s'ajoutent donc au programme !

 

Nouveau visa à faire pour rerentrer en Chine après Hong Kong! Quel manque de vigilence!

 

Après les énormes villes que nous avons visité, je pensais que 4 jours à Hong-Kong seraient suffisants pour profiter de nos hôtes sans trop les déranger et pour visiter la ville avant de filer à la campagne. Je me trompais !

D'abord, Stéphane et Marylène ont été si accueillants que l'on s'est sentis comme chez nous ! Et on resté 9 jours !! Voilà le risque quand on est trop sympa ;) Travaillant tous deux au lycée Français, ils habitent un appartement idéalement placé à 2 pas de l'établissement, sur les hauteurs de Hong Kong Island : super cadre de travail, de quoi regretter de ne pas avoir choisi l'éduc à l'IRA !

 

Stéphane et Marylène à la terrasse d'un excellent resto thaï, et sous la pluie estivale de HK

 

Ensuite parce que Hong-Kong est plus qu'une grande ville. C'est tout un territoire aux allures tropicales que nous avons découvert. Et quel territoire : mer, montagne et ville, tout y est à portée de ferry.

Par ailleurs, en raison de son histoire coloniale et de son statut à part en Chine, de ses airs British, le séjour nous est apparu comme une "pause occidentale" dont nous avons profité pour nous requinquer. Nous avons même mangé un fish and chips ! 

Voici donc une petite carte pour vous aider à mieux comprendre la topographie des lieux (Landry dit que ce n'est pas très clair, mais c'est tout ce que j'ai !).

 

Voilà nos pérégrinations hong Kongaises! Bon déchiffrage!

 

L'histoire de Hong Kong est riche et passionnante, Formidablement bien illustrée par son musée, situé dans Kowloon. 

Hong-Kong était parsemée de villages de pêcheurs depuis des siècles. Au 18ème siècle, le commerce avec l'Europe se développe, la ville se situant au début de la route maritime de la soie. Les Portugais et les anglais en particulier achetaient en chine d'énormes quantités de thé et de soie, destinées aux importations européennes et américaines. La balance commerciale étant largement favorable aux chinois, les anglais vont inonder le pays d'opium. La dépendance se développe et fait des ravages dans la région. L'empereur chinois ne souhaite pas laisser la situation se détériorer ainsi et envisage d'interdire cette substance. Cela va déboucher sur la 1ère (1839-1842), puis sur la 2ème (1856-1860) guerre de l'opium entre les anglais et les chinois. Les défaites successives de ces derniers dans plusieurs villes de la côte est du pays les obigent à céder le territoire qui devient une colonie anglaise dès 1842. A partir de cette date le commerce se développe à vive allure.

Depuis lors, de nombreux évènements ont marqué l'histoire du territoire :  

- les chinois et les colons vivaient dans des quartiers séparés ; la peste sévit à plusieurs reprises côté chinois et fit de nombreuses victimes.

- l'invasion par les japonais fin 1941, suivie de 3 années sombres qui restent gravées dans les mémoires des Hong-Kongais. Les japonais y font régner la terreur : éxécutions sommaires, viols, famine...

 

Une photo du musée d'histoire montrant l'invasion des japonais en 1941

 

- la rétrocession en 1997 du territoire à la Chine par la Grande Bretagne. La fin d'un siècle et demi d'occupation. Mais les Hong Kongais ne se sentent pas Chinois. Pire, les Hong Kongais n'aiment pas les Chinois du continent, leur façon de faire, de vivre. Ils n'aiment pas le contrôle total du pouvoir central. A Hong Kong, la presse est libre, les pensées aussi. Face à ces nombreuses différences, la transition se fait en douceur. La Chine s'est engagée à ne pas modifier le système de fonctionnement économique, juridique et social du territoire pendant 50 ans! Les Hong kongais ont un passeport hong kongais, et leur monnaie demeure le dollar hong kongais!

 

On voit encore aujourd'hui de nombreuses traces de la présence anglaise : des bus à étages, beaucoup de gens qui parlent très bien anglais, la ville est cosmopolite. Il y a de nombreux super-marchés, des restaurants et des magasins adaptés à leur mode de consommation, des villas luxueuses, des artistes, des galleries d'art, des bars, internet libre. Les gens ne poussent pas, ne crient pas, ne crachent pas, et ont des codes de politesse qui correspondent davantage aux codes occidentaux.

 

Le magnifique temple Man Mo en plein coeur de la ville

 

Propices à ce mode de vie, certains excès en tout genre deviennent des habitudes : Marylène nous explique le phénomène des "helpers" philippines. Dans les appartements à hong-kong, il y a toujours une pièce minuscule (environ 4m2) réservée aux fameux "helpers". Qui sont-ils ? Ou plutôt qui sont elles? Car ce sont en grande majorité des femmes, originaires des Philipinnes. Fuyant la misère de leur pays, elles viennent servir comme domestique  au sein des (nombreuses) familles aisées de Honk-Kong, moyennant un salaire d'environ 350€ mensuels (qu'elles envoient en quasi totalité au pays). Les conditions d'accueil sont très strictes : elles doivent être hebergées chez leur employeur, et ne peuvent jamais obtenir le statut de résidente. Même après 30 ans de bons et loyaux services, elles peuvent donc être renvoyées chez elles pratiquement du jour au lendemain si elles restent plus de 15 jours sans contrat.

 

Lorsque les conditions du contrat sont respectées, les heures journalières sont définies et les heures supplémentaires rémunérées. Mais en pratique, il y aurait de nombreux abus, et la situation se rapproche parfois plus de l'esclavage que du statut de femme de ménage...

Elles ont un jour de repos par semaine, le dimanche, où elles se retrouvent beaucoup pour pique-niquer dans les parcs. Apparement, considérées par les locaux comme des moins que rien, elles ne font pas de rencontres et n'ont presque pas de vie privée ; certaines se marrient toutefois parfois avec des expats.

 

De notre côté, nous passons la semaine à profiter des multiples activités offertes par la topographie du territoire.

 

Nous commençons par découvrir l'île qui nous héberge : Hong Kong Island. Siège d'un des plus importants centres financiers au monde, l'île a aussi su préserver son vieux hong kong où les étals de poissons séchés débordent sur les trottoirs. Quelques hectomètres à pieds et on atterrit dans l'agréable quartier branché de Soho, paradis pour expats en mal de galeries d'art, d'antiquaires, de restaurants occidentaux et de pubs irlandais, le tout en arpentant le dédale d'escalators extérieurs.

 

L'intense activité de "Central", le quartier des affaires de Hong Kong

 

Les hauteurs de l'île abritent des résidences chicos réservant un point de vue exceptionnel à ses habitants, ainsi que des sentiers escarpés offrant de belles possibilités de balade.

Nous n'hésitons pas à embarquer sur un ferry pour aller visiter l'une des îles environnantes : Lamma. 20 minutes après avoir embarqués, nous nous retrouvons au milieu de pêcheurs, de plages désertes, et d'araignées...ENORMES!!! Cadre idyllique (à part les araignées) au milieu d'une urbanisation démesurée.

 

Notre première plage sur la petite île de Lamma

 

Les barques des pêcheurs de l'île de Lamma

 

 

Une magnifique plage à Stanley, au sud de Hong Kong Island

 

En compagnie de Stéphane (mon cousin, ou plus exactement celui de mon père!) et Maryléne

 

Cette urbanisation, Kowloon en est la parfaite illustration. Faisant face aux buildings d'HK Island, l'immense quartier nous réserve lui aussi une diversité déconcertante. De luxueux hôtels jouxtent la fameuse avenue of the stars qui offre, le soir venu, un point de vue sans égal sur Victoria Harbour. Plus à l'intérieur des terres, l'une des plus importantes densités de population au monde peuple les différents quartiers abritant musées, restaurants, marchés, enseignes colorées... 

 

Un excellent restaurant de rue sur le marché de nuit de temple street, au coeur de Kowloon

 

Enfin, plus proches de la frontière avec la Chine, les nouveaux territoires permettent aux Hong Kongais de partir s'oxygéner en pleine nature. Nous en profitons pour découvrir nos premiers paysages de jungle! Une randonnée de 4 heures au milieu des singes et d'une nature incroyablement luxuriante.

 

Les paysages de jungle des nouveaux territoires au nord de Hong Kong

 

De sympathiques habitants des nouveaux territoires!

 

Autre habitante du coin fortement intéressée par mes sandwiches!

 

Nos journées sont donc bien remplies. Tout comme celles des Hong Kongais qui ne choment pas! Ici on travaille 6 jours sur 7, et pour tous, le seul objectif est d'amasser le plus d'argent possible...et de le montrer. La valeur travail prend tout son sens! Le rêve Hong Kongais est en marche! Et si l'on échoue, on y croit toujours, persuadé que le travail paiera. 

Comme en Chine, les saveurs asiatiques sont présentes. Stéphane et Marylène nous font découvrir un excellent restaurant Thaïlandais, et les savoureux stands de rue au sein du marché de temple street. Un bonheur pour nos papilles, un cauchemar pour nos bouées qui, depuis que nous avons quitté la Mongolie, refont surface!

Notre séjour se termine, hélas. Une dernière journée en compagnie de nos hôtes sur une plage de Stanley, puis le départ le lendemain pour Guangzhou (Canton, pour nous autres européens). Nous ne nous y attarderons pas. Difficile de soutenir la comparaison avec Hong Kong pour n'importe quelle métropole. Ses 12 millions d'habitants ne nous en voudront pas! Et les montagnes du Yunnan nous attendent...

 

Une dernière vue de HK depuis la terrasse du lycée français

Plein d'autres photos pas dégueulasses à venir dans l'album photo...

 

 

 



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Publié à 12:21, le 9/09/2012 dans Chine, Hong Kong
Mots clefs : victoria harbourlycée françaishong kongplagerandonnée


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Qui suis-je ?


Prendre le temps. Prendre le temps avec les gens, avec la vie, avec nous-même. Prendre le temps de découvrir des cultures, des langues, des coutumes. Prendre le temps d'apprendre des autres, d'apprendre à se débrouiller dans un environnement totalement inconnu, d'apprendre sur soi. Pour prendre ce temps, quel meilleur moyen que de se déplacer en train depuis Paris jusqu'au bout de l'Asie...

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