Jusqu'au bout de l'Asie...

Boten, mais qui es-tu, mais où sommes-nous ??

14 et 15 février 2013 / Quelques heures à Boten / Frontière Sino-Laotienne

 

Cela commençait mal ! Nous n'avions pas encore quitté Louang Namtha que le chauffeur du minibus nous demandait un bakshich, alors que nous avions déjà acheté nos billets au guichet de la gare routière. Il faut dire, la foule ne se précipite pas pour emprunter ce transport en direction de Boten. A tel point que le bus public reste à quai, et que la gare fait appel à un minivan privé pour prendre en charge les voyageurs. 

Renonçant à contre coeur à son "petit supplément", le chauffeur se met en route lorsque 2 Laotiennes nous rejoignent pour effectuer le trajet. Bien leur en a pris, cela devrait calmer les ardeurs de notre homme à nous soutirer un conséquent supplément et lui permettre de rentrer dans ses frais.

 

Les bornes sur le bas-côté de la route n'indiquent pas les kilomètres restants pour Boten, mais pour la frontière Chinoise. La ville frontalière étant censée se trouver un kilomètre avant le poste frontière.

8 kilomètres avant celui-ci, nous traversons un petit bourg. Notre chauffeur souhaite nous faire descendre là, sous prétexte qu'il n'y a pas d'hôtels à Boten, et qu'il est trop tard pour rentrer en Chine. 

Devant cette mauvaise foi apparente dont le seul but semble être l'économie d'un soupçon de carburant, d'une larme de temps, et peut être aussi le brin de vengeance prévisible après un refus de bakshich, un léger doute nous envahit malgré tout : lors de nos rapides recherches la veille, nous n'avons pas été en mesure de trouver des informations d'hébergement à Boten. Difficile à croire, puisque la ville est censée être le Las Vegas Laotien ! Nous feignons l'étonnement et demandons à notre homme de continuer. Quelques mètres plus tard, nous arrivons à des barrières de douane. L'homme râle à nouveau. Entre l'incertitude de ce qui nous attend à la frontière et la lassitude qui s'empare de nous face à l'attitude de ce chauffeur, nous descendons.

Un convoi de berlines immatriculées en Chine arrive au poste de douane. Nous leur demandons s'il y a des hébergements à Boten... "Bien sûr !" L'enfoiré !

 

Nous dégotons alors un tuk-tuk qui accepte de nous y déposer. Les derniers kilomètres de la route moderne construite récemment par les Chinois traverse la jungle. Comment imaginer un Las Vegas à cet endroit ? En approchant de la petite ville, nous apercevons d'imposants bâtiments aux couleurs vives s'extirpant avec aisance du paysage luxuriant du Nord Laos. Nous arrivons enfin dans ce que nous croyions être le coeur de la cité. Nous sommes alors surpris par le calme ambiant. Personne ne circule dans les rues, les herbes sauvages envahissent les bas- côtés des artères goudronnées, 2 ou 3 bouis-bouis sont ouverts, mais déserts ! Ce n'est pas possible, il doit bien y avoir un centre-ville...

Notre tuk-tuk nous dépose à l'entrée d'un gigantesque hôtel dont la façade rose bonbon semble flambant neuve. Le hall de l'hôtel est désert. Nous sortons la jeune réceptionniste de sa torpeur. Elle nous annonce un prix en Yuan Chinois. Nous sommes toujours au Laos que diable ! Sans doute pouvons-nous payer en Kip Laotien ? Certes, nous le pouvons. Seul problème, nous n'en avons plus suffisamment ! La devise qu'il nous reste est le Bath Thaïlandais. Nous partons alors en quête d'un bureau de change ou d'un distributeur automatique. Cela devrait être facile à trouver dans la ville Laotienne du jeu ...

 

Notre hôtel, immense bâtiment rose dont nous sommes les seuls clients !

 

Nous arpentons des rues désertes. Seuls quelques aboiements de chiens parviennent à troubler le silence ambiant. Certains bâtiments, aux peintures fraîches, semblent être à peine sortis de terre, mais laissent apparaître un flagrant manque de finition. D'autres, au contraire, ont l'air abandonnés et complètement défraichis. Nous pénétrons dans un hôtel-casino dont le hall est allumé. Des chaises s'entassent dans un coin, des rideaux sales cachent tant bien que mal l'accès à certaines pièces où moisissent pas mal de fournitures diverses dans un sacré fatras. Pourtant, il y a bien une réceptionniste. Elle nous indique qu'elle ne fait plus de change.

C'est dans une rue manquant cruellement d'activités citadines, d'enfants qui jouent, de femmes qui font du shopping et de Chinois crachant par terre (!) que nous finissons par croiser l'un des rares représentants de la vie sur terre dans cette ville : Je montre à l'homme en question ma carte de crédit et lui mime le geste du retrait d'argent. "oh no no no no no..." me dit-il en effectuant un grand geste du bras semblant signifier que je ne trouverai rien ici.  

 

Une rue de Boten à l'heure de pointe !

 

Finalement, après avoir cherché en vain pendant une bonne demi-heure une trace, même minime, de services bancaires et financiers, nous abandonnons. Sur le chemin du retour la tenancière passablement éméchée de ce qui semble être un établissement plus ou moins en activité de livraison de plateaux repas, accepte de nous changer 1000 baths. Nous nous retrouvons avec 200 yuans, suffisants pour payer la nuit d'hôtel et manger. 

 

Le crépuscule tombe sur la ville tandis que de rares éclairages ne nous permettent pas d'y voir à 5 mètres. Nous rejoignons alors l'artère principale qui traverse Boten et mène à la frontière. Quelques commerces de frippes chinoises sont ouverts... et déserts eux aussi. Un premier restaurant refuse de nous servir, sans que l'on sache trop pourquoi. A l'intérieur, un groupe de bruyants Chinois semblant apprécier la bière locale apporte un contraste saisissant avec l'atmosphère atone de la ville. L'établissement voisin accepte de nous servir... dans un enthousiasme très intériorisé ! Boten est déserte et ils rechignent à recevoir les rares clients ! 

Nous dégainons nos sourires les premiers et déridons nos hôtes. L'ambiance se détend et nous retrouvons avec joie les saveurs de la cuisine chinoise. L'horloge du restaurant indique l'heure... chinoise. Nous payons en monnaie... chinoise. Et regardons un programme télévisé... chinois bien sûr. Pourtant nous ne sommes pas encore en Chine, mais nous ne sommes plus vraiment au Laos. 

 

Sorte de no man's land éteint dont on ne saurait dire s'il a un avenir radieux ou un passé subversif, s'il se construit une destinée ou porte les stigmates d'un temps révolu, Boten nous met d'abord mal à l'aise. On se demande où est-ce qu'on a mis les pieds ? Ce que l'on fait dans cette ville fantôme, abandonnée, quasi morte ? La surprise est de taille quand on s'attend à trouver une ville frontalière dynamique, tenter le jackpot sur une ou deux machines à sous, ou simplement s'adonner à des activités urbaines normales comme retirer de l'argent, croiser des gens ou juste observer la vie qui s'écoule. Ici, la vie est rare, et le silence s'engouffrant dans ses rues désertes dominées par d'austères bâtiments tout ausi déserts, est un peu angoissant. De plus, pourquoi l'influence Chinoise (monnaie, fuseau horaire, programme télé) se fait tant sentir alors que nous sommes toujours au Laos ?

Puis elle aiguise notre curiosité, notre envie de comprendre ce qu'il se passe ici : quel est ce mystère entourant cette ville ? Alors, c'est sûr, dès qu'une connexion nous permettra d'en savoir plus, nous ferons chauffer nos moteurs de recherche !

 

Le lendemain matin, tandis qu'une brume épaisse a recouvert la petite ville toujours plongée dans son coma artificiel, nous prenons la direction de la frontière. Le poste Laotien, sous un stuppa doré, se limite à quelques bureaux dans une cabane en bois. C'est sommaire, et contraste avec l'ultra-moderne poste Chinois quelques centaines de mètres plus loin : bâtiment design à l'architecture originale, lecture électronique des passeports, contrôle des bagages comme dans un aéroport, et quelques mots d'accueil en Français (après un petit interrogatoire sur nos projets dans le pays !) de la part d'un gradé sans doute un peu surpris de voir débarquer 2 Européens à une frontière terrestre (ben ouais, on est censé avoir des billets d'avion) ! Mais cette fois, nous rentrons pour de bon en Chine. C'est à Mohan, la ville frontalière, que démarre notre contre-la-montre. 17 jours pour rejoindre le Nord-Ouest du pays, faire un visa, et rentrer au Kazakhstan. Délai à priori suffisant... A priori...

 

En route vers la Chine... la vraie !

 

 

Le poste frontière Laotien / Le poste frontière Chinois

 

Note : Après quelques recherches, nous avons pu nous informer sur l'histoire de Boten.

En 2004, le gouvernement Laotien a voulu imiter son voisin Chinois en créant une ZES, une Zone Economique Spéciale. Ces zones, en Chine, sont le moteur de la croissance et le symbole de l'ouverture de l'empire du milieu au capitalisme. Par le biais d'un système fiscal avantageux pour les entreprises, étrangères notamment, celles-ci s'y implantent en masse, attirant ainsi des millions de travailleurs, créant des millions d'emplois et aboutissant à l'avènement de gigantesques mégapoles comme Shenzhen, Chongqing, ou le quartier de Pudong à Shanghaï.

C'est ainsi que le gouvernement Laotien a cédé Boten a des investisseurs Chinois qui ont souhaité en faire la ville du jeu au Laos, les jeux d'argent étant interdits en Chine, excepté à Macao. Des milliers de clients Chinois en provenance de la province voisine du Yunnan ont commencé à affluer en masse. Les hôtels casinos de la ville se sont mis à recruter et former des travailleurs en provenance de toute l'asie du sud-est aux métiers de l'hôtellerie et du jeu. Mais très vite, la ville est devenue une zone de non-droits, loin des règles et des polices. Abandonnés aux triades chinoises, les lieux étaient devenus une plate forme du crime organisé. Le gouvernement Laotien a alors réagi en fermant le grand casino début 2012 mettant ainsi fin à l'histoire de Boten comme capitale du jeu au Laos. En attendant sa réorientation vers le commerce et le tourisme, Boten est une ville économiquement morte.

Quelques liens retraçant l'étrange histoire de la ville dans le temps :

- http://aquarium-asia.over-blog.com/article-33370628.html

- http://www.liberation.fr/grand-angle/010199641-laos-vegas

- http://www.jeuxcasino.com/casino/news/543-le-laos-ferme-son-casino-boten

- http://fr.wikipedia.org/wiki/Boten

- http://talent.paperblog.fr/5450832/laos-plus-de-casinos-chinois-dans-le-boten/

 

 



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Publié à 15:50, le 23/02/2013 dans Laos, Ban Botèn
Mots clefs : mohanfrontière sino laotiennelas vegas laotienbotenlaoscasinochineville fantôme


Louang Namtha : la der des ders en Asie du Sud-Est

Du 11 au 14 février / Louang Namtha / Nord du Laos

 

Maison de paysans dans les rizières jouxtant Louang Namtha.

 

D'abord rassurés par le mercure qui ne baisse pas, nous faisant ainsi gagner quelques jours de chaleur avant de rejoindre des contrées moins "short-tongues", nous sommes très vite heureux de notre décision de venir attendre à Louang Namtha, l'accalmie touristique et vacancière chez le grand voisin Chinois après les célébrations de la nouvelle année, mettant à l'honneur le serpent ! Nous ne le savons pas encore, mais nous aurions dû attendre bien plus longtemps...

 

Louang Namtha donne l'impression d'avoir été plantée au milieu de nulle part, d'être loin de tout, et de vivre à son rythme. Impression tendant certainement à diminuer depuis que les Chinois (encore eux !) sont venus construire leur propre axe de communication dans le Nord Laos afin de relier rapidement la Thaïlande par voie terrestre. La route en question, d'une largeur respectable (!), traverse Louang Namtha. Un grand axe traversant une paisible bourgade, cela a des airs de far-west, de diligences qui percent le silence de la "grand-rue" et de chevaux sauvagement éperonnés. Ici, les diligences sont des tractopelles, les chevaux des berlines, et si l'or tombe du ciel, dans le far-north Laotien, on sait qui va le ramasser ! Pas de quoi perturber les habitants pour qui il en faut sûrement plus avant de troubler le quotidien, entre la réparation d'un scooter et la préparation d'une divine soupe de nouilles !

 

De nombreuses ethnies montagnardes vivent dans les alentours de Louang Namtha. Des Hmong, des Laotan, des Akha, après plusieurs heures de marche depuis leur village montagnard, défilent dans les rues et marchés de la ville en exhibant leur superbe costume, afin de vendre leur production agricole et leur artisanat. Ces dames des ehtnies ne se privent d'ailleurs pas pour déambuler dans les guesthouses à la recherche du touriste prêt à leur acheter leurs bijoux... ou leur opium qu'elles cultivent dans le plus grand secret (de polichinelle !) et qu'elles proposent entre 2 bracelets, en parlant très très très très très doucement, et se parant d'un sourire malicieux sur le visage !

 

   

Vendeuses d'artisanat Akha. Elles portent une coiffe particulièrement majestueuse, noire et recouverte de plaques argentées.

Les grosses pièces en argent sont presque toutes françaises et datent de la colonisation. On a pu en voir certaines datant de 1890 !

(Le "protectorat" du Laos a été officialisé en 1886 face aux vélléités de l'empire Siamois).

 

Nous nous procurons une carte de la région auprès de notre guesthouse qui, bien que manquant de précision, nous indique les emplacements de ces villages de minorités. Nous nous décidons à partir explorer l'ouest de la petite ville : une route goudronnée nous sert de sentier, et traverse la campagne où de verdoyantes rizières s'étendent du nord au sud, axe qui nous permet de rejoindre 2 grands stuppas perchés sur des collines et qui nous servent de repères. Malgré quelques approximations de directions et un trajet de retour traînant en longueur (traduction : on s'est perdu !), cette petite balade au soleil nous aura permis de faire quelques rencontres inattendues.

 

Depuis le stuppa, vue sur la petite bourgade de Louang Namtha.

 

Stuppa proche de Louang Namtha _ pas si proche en fait !

 

Comme celle avec le gardien de ce grand stuppa à l'intérieur duquel il nous fait pénétrer afin d'y admirer un bouddha. En sortant, je me cogne le crâne avec une violence inouïe (n'ayons pas peur des mots !!!) sur l'armature de la porte. Notre homme, bienveillant, s'approche de moi.  Il porte alors sa main sur ma tête et se met à lentement masser la zone du choc en récitant une prière. Puis il enlève sa main, y crache dans la paume comme pour conjurer le mauvais sort, puis retouche mon crâne (!) et masse à nouveau en répétant ses incantations. Cela dure quelques secondes, mais cela ressemble à l'éternité pour le cartésien que je suis. Une fois sa main définitivement enlevée, toute douleur a disparu... Puissance du psychisme ou magie du bouddhisme ?

 

Notre homme tient à nous garder : il nous fait admirer sa tortue qu'il garde précieusement à l'abri du soleil, nous remplit notre bouteille vide d'une eau... Enfin, c'est l'intention qui compte !! Puis nous indique la direction à suivre afin de rejoindre le second stuppa, qui s'avèrera être à une bonne heure et demie de marche.

Comme celle aussi avec ce grand père tressant des paniers en osier à l'ombre de la maison familiale en bambou, son (tout) petit-fils à ses côtés gazouillant ses premiers mots de Laotien ! Sans doute les parents de l'adorable nouveau-né sont au turbin quelque part dans les champs, pendant que le grand père, très fier de sa descendance, nous permet de prendre le chérubin en photo, et tente de se lancer dans un début de conversation. Tentative de communication rapidement vaine, mais qu'importe, là encore, c'est l'intention qui compte !

 

 

 Un grand-père Lao tresse un panier pour cuire le riz gluant tout en surveillant son adorable petit fils.

 

 

Paysages de rizières, de cabanes en bambou plantées au milieu des champs, défilé d'écoliers en costume avalant les kilomètres à vélo sur ces routes de campagne, villages de minorités pratiquant divers artisanats comme la fabrique de papier. Errant dans cette atmosphère campagnarde, on se croirait perdus au milieu de nulle part, et on en oublierait presque que nous sommes en réalité à quelques encablures de l'une des principales villes Laotiennes. Décidément, ce pays est à part, avec son urbanisation limitée et son mode de vie très rural.

   

Un petit garçon attend son papa qui travaille dans un champs à côté.
 

Les impressions sont les mêmes en allant explorer l'est de la ville en vélo. Cette fois, nous nous écartons de la route afin d'emprunter des chemins de terre reliant les villages. L'artisanat demeure, mais la place manque pour les rizières dans ce paysage proche de la jungle. Alors, on compense par l'élevage : porcs, poulets, buffles croisent notre chemin et offrent une distraction bien ludique aux enfants qui rentrent de l'école. Mais ne rêvons pas, le tableau n'est pas idyllique : plus on s'enfonce dans la campagne, plus la pauvreté sévit et les conditions de vie sont précaires. 

 

  

C'est l'époque de la fabrication du papier. A partir du bambou, les femmes fabriquent une pâte

qu'elles étalent en couches successives sur une grande toile avant de le mettre à sécher au soleil.

Très épais, il est réputé pour sa qualité et s'exporte souvent pour des marques de commerce équitable.

 

 

 

Eternel dilemme pour un pays qui conserve ses traditions et son mode de vie, qui nous offre de merveilleux moments de dépaysement, mais qui ne permet pas encore à sa population rurale d'embrasser la voie du développement et de voir ses conditions de vie s'améliorer. L'agriculture (riz, opium, maïs, coton, tabac) demeure le principal secteur d'activité du Laos, et si les infrastrucutres se développent doucement, il est toujours l'un des pays les plus pauvres du monde, pendant que ses voisins prennent le train de la croissance en marche. Les régimes communistes Chinois et Vietnamiens ont ouvert leur économie aux marchés, aux investissements étrangers il y a quelques décennies. La démarche est très récente au Laos, et si les envahissants "amis/alliés" Chinois imposent leur omniprésence, les retombées pour la population Laotienne se font encore attendre. C'est aussi pour ces raisons que ce pays est encore si différent de ses voisins plus "démocratiques" Cambodgiens et Thaïlandais, et de ses "alliés" communistes Chinois et Vietnamiens. Dans un monde qui tend à s'uniformiser, cela ne durera certainement pas. Sans doute peut-on le souhaiter pour l'amélioration du niveau de vie de ses habitants. Mais puissent-ils ne pas perdre leur identité et leur nonchalance qui font du Laos et des Laotiens un pays et un peuple vraiment à part en Asie. 

 

Ecoliers de retour de l'école, Louang Namtha.

 

Le grand voisin Chinois, il est temps pour nous de le retrouver. Nous mettons donc cap au nord, en direction de la frontière sino-laotienne, à une cinquantaine de kilomètres de Louang Namtha, où la mystérieuse ville de Boten nous attend... 

 

Jeune femme "Lantène" vendant de l'artisanat local, en particulier des écharpes en soie.
La soie du Laos, naturelle et tissée à la main, est réputée danns le monde entier pour sa qualité.
 
 


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Publié à 15:14, le 16/02/2013 dans Laos, Louang Namtha
Mots clefs : fabrication papierartisanat laoslantènehmongakhalaotanlouang namthalaosminorités ethniques


L'incroyable rencontre, texte et photo par Jade L.C

Alors que nous bavardions dans un wagon du transmongolien nous menant à Pékin en août dernier, Jade nous a raconté l'histoire de son incroyable rencontre effectuée dans le nord du Laos il y a une dizaine d'années. Nous lui avons fait la promesse de la publier lors de notre passage dans ce pays. Promesse tenue !

 

L’histoire de Cheng Lee, par Jade L.C

Je lui avais promis de raconter son histoire, mais je ne savais pas à qui ni comment. Voyageant en Chine des années plus tard, je sens que c’est ici et maintenant le bon moment.

Luang Namtha, Laos, été 2003

Je débarquais dans une petite auberge avec un compagnon de voyage irlandais lorsque je l’ai rencontré. Il parlait bien anglais et nous a dit qu’il était Japonais. En échangeant les traditionnelles questions de voyageurs, il nous a appris qu’il arrivait de la Chine, mais a semblé très perplexe et nous a avoué ne pas savoir où il se rendait ensuite. Le soir en rentrant, nous l’avons retrouvé exactement à la même place, comme s’il n’avait pas bougé de la journée. Nous avons discuté un moment, puis il nous a demandé de l’aider puisque nous semblions être de bonnes personnes. Il nous a expliqué qu’il était atteint des reins et qu’il avait besoin de s’injecter un médicament. Il a dit qu’il venait de faire un séjour à l’hôpital pour être traité et qu’il y avait appris que ses veines étaient fuyantes et que le mieux était de le piquer sur la main. Il a ensuite sorti un kit à soluté et l’a installé. Il a demandé à l’Irlandais de lui serrer le bras puisqu’il était fort et m’a demandé de le piquer. Alors que je rassemblais tout mon courage et que j’approchais le bout de l’aiguille de sa main, la gérante de l’auberge est arrivée. Elle nous a fait comprendre qu’elle donnait souvent des injections à son fils et m’a enlevé le matériel des mains. Elle a procédé avec assurance, mais j’ai alors entendu l’aiguille racler une à une les phalanges du pauvre homme qui est devenu tout blême. Une énorme bulle de sang se formait sur sa main. La gérante s’est excusée et s’en est allée brusquement. C’est seulement à ce moment que nous avons réalisé qu’elle empestait l’alcool. Cheng Lee, en sueur, nous a dit qu’il allait dans sa chambre se faire une injection musculaire moins efficace.



Le lendemain, en fin de journée, il était encore installé au même endroit. Après nous avoir écoutés raconter notre journée, il a dit qu’il nous faisait confiance parce que nous avions voulu l’aider. Il a avoué nous avoir menti en disant qu’il était Japonais. Il nous a confié alors être Chinois, porter le nom de Cheng Lee et avoir été militaire de l’armée chinoise, spécialisé en cryptage informatique. Il a expliqué ensuite avoir été arrêté du jour au lendemain sans raison et avoir été emprisonné sans procès. Il nous a dit avoir été ainsi détenu pendant cinq ans, torturé régulièrement, couché à plat ventre sur le sol, avec un bloc de glace posé sur le dos (d’où sa dysfonction rénale). Il a ajouté qu’il avait été tellement malade, qu’on l’avait transféré de la prison à l’hôpital pour être soigné. C’est de là qu’il avait réussi à s’évader et à engager un guide pour traverser la jungle entre la Chine et le Laos. Pendant son périple, une épine lui avait traversé le pied. D’ailleurs, il nous a montré son bandage sanguinolent et je lui ai donné des pansements. Il comptait ensuite se rendre en Thaïlande pour demander un statut de réfugié. Il a dit qu’il savait qu’il était recherché avec promesse de rançon et qu’il n’avait aucun moyen de communiquer avec ses proches. Il nous a demandé de l’aider encore : il avait écrit une lettre à ses parents, avec qui il n’avait eu aucun contact depuis son arrestation, et il voulait qu’on le prenne en photo et qu’on poste le tout à notre retour chez nous. Il espérait qu’une lettre, envoyée plus tard et d’un autre pays, aurait plus de chance de se rendre à destination. J’ai accepté volontiers. J’étais renversée par son histoire incroyable. Je me demandais si tout cela était vrai et, si oui, comment je pouvais l’aider.

L’Irlandais a proposé de le déguiser en touriste japonais caché derrière son appareil photo ou de prendre un kayak pour traverser le Mékong, ce à quoi Cheng Lee a répondu qu’il ne pouvait cacher ses traits chinois à aucun Asiatique. J’avais entendu dire que les réfugiés thaïlandais étaient traités pratiquement comme des esclaves, alors je lui ai demandé pourquoi il n’allait pas demander asile dans une ambassade américaine ou canadienne. Il m’a répondu qu’il ne pouvait pas trahir son pays. Je lui ai rétorqué que son pays l’avait bien trahi, lui! Ma réponse a semblé l’ébranler, c’était comme si un court-circuit se produisait dans son cerveau. J’avais l’impression de voir en direct l’effet d’un certain « brainwash » chinois. Je me disais que, si j’étais née à sa place, je réfléchirais moi aussi de façon similaire.

Un peu plus tard en soirée, l’Irlandais lui a proposé de fumer un joint. Il a refusé, apeuré, en expliquant que pour lui c’était comme de prendre de l’héroïne. L’Irlandais lui a expliqué que c’était plutôt comme de boire quelques bières et que cela n’allait pas lui faire grand-chose à part peut-être l’aider à dormir. Cheng Lee a accepté et on s’est mis à divaguer sur n’importe quoi. À un moment donné, Cheng Lee a éclaté d’un rire bref. Difficile d’expliquer ce que j’ai alors vu en une fraction de seconde dans son expression : c’est comme si le sourire lui avait fait craquer le visage, qu’il réalisait soudain qu’il riait pour la première fois depuis des années et que cela le soulageait, mais en même temps le faisait souffrir.



Le surlendemain, nous l’avons retrouvé à sa place habituelle. Il avait dormi comme un bébé la veille et nous en remerciait. J’avais réfléchi sur les façons de l’aider et j’en étais venue à la conclusion que je ne pouvais que lui offrir de l’argent. L’Irlandais me trouvait bien naïve, me disant que c’était peut-être une arnaque à touristes. Je lui ai répondu que si c’était le cas, sa performance était digne du meilleur acteur du monde. Honnêtement, je ne crois pas que l’expression que j’ai vue sur son visage lorsqu’il a ri aurait pu être feinte par quiconque. Je n’osais toutefois pas lui offrir d’argent (même si j’avais mis de côté tout ce que je pouvais et changé mon itinéraire en conséquence) parce que j’étais convaincue qu’il refuserait, car c’était un homme très fier.

Le soir, Cheng Lee m’a invitée discrètement à venir dans sa chambre. Il m’a dit que mon ami irlandais était bien gentil, mais un peu trop utopiste. Il semblait très mal à l’aise et hésitait à parler. Il a débuté alors en disant que ses parents vendraient leur maison pour me rembourser et qu’il le ferait dès que possible, si je pouvais… Je l’ai tout de suite interrompu pour dire que j’étais si soulagée qu’il me demande de l’argent, car je n’osais pas lui en offrir de peur de le vexer et que je serais contente d’avoir de ses nouvelles, non pas pour être remboursée, mais pour savoir qu’il était passé au travers. En effet, je savais qu’il y avait peu d’espoir : guidé par des escrocs qui allaient lui soutirer tout son argent avant de le livrer aux autorités locales pour obtenir la rançon, il risquait aussi bien de mourir tué par un garde à la frontière ou simplement en raison de ses reins dysfonctionnels. Cheng Lee m’a regardée au fond des yeux et m’a dit merci pour l’argent, mais surtout merci de l’avoir écouté et de lui avoir offert mon amitié. Je lui ai promis de raconter son histoire. Il a eu les larmes aux yeux et il m’a prise dans ses bras en disant qu’il n’avait pas craqué durant ses cinq années de prison et que ce n’était pas une petite Canadienne qui allait le faire pleurer. On s’est dit adieu.



Une semaine plus tard, l’Irlandais m’a écrit pour me dire qu’il avait reçu un courriel anonyme de menaces, lui conseillant de ne plus revenir près des frontières de la Chine! Nous avions donné nos adresses courriel à Cheng Lee, mais je n’ai rien reçu de mon côté.

Deux semaines plus tard, j’étais sur l’île de Koh Tao en Thaïlande, roulant dans une boîte de camion avec une bande de touristes. J’étais fébrile à l’idée d’aller faire ma première plongée sous-marine. Soudain, j’ai senti un coup au cœur et j’ai su au plus profond de moi-même (et à ma grande surprise, car je ne crois pas à ce genre de chose) que Cheng Lee venait de mourir.

Trois semaines plus tard, en arrivant à Montréal, j’ai posté sa lettre et sa photo, tout en sachant d’avance que je n’aurais plus jamais de nouvelles de mon ami chinois.


Une histoire vécue et racontée par Jade Landry-Cuerrier



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Publié à 11:59, le 24/12/2012 dans Laos, Laos
Mots clefs : soldat chinoisrencontrelaoschine


Manger ET boire !! Le Laos côté table !

Du 18 novembre au 14 décembre / Laos 

 

A peine avions-nous passé la frontière Laotienne en venant du Cambodge qu'un changement gastronomique gigantesque se produisit. Désormais, le riz est gluant ! 

Il se mange directement avec les doigts, après en avoir roulé une boule dans sa main. Au restaurant il est habituellement présenté dans de petits paniers individuels en raphia et bambou, mais il s'achète également un peu partout à emporter dans des sachets en plastiques. Les Laotiens le grignottent à toute heure et le servent systématiquement en accompagnement.

 

    

Après quelques jours passés dans le pays, on se rend vite compte qu'il y a "riz gluant" et "riz gluant". Les textures, les saveurs et donc la qualité sont très variées. Sur le marché, on en voit donc à tous les prix.

 

 

 

Le riz gluant peut aussi être cuisiné en de délicieux desserts lorsqu'il est agrémenté de lait de coco, de banane ou de patate douce. Le riz est donc la base de l'alimentation Laotienne. Celle-ci possède aussi quelques spécialités bien alléchantes pour nos papilles occidentales.

 

 

 

 

 

    

 

Riz gluant au lait de coco vendu sur le bord des routes et présenté dans une sorte de tube en bamboo (?) bouché aux extrémités par de la noix de coco, donc super facilement transportable pour un petit encas !

 

 

 

La particularité de ces spécialités culinaires du Laos est leur fraîcheur. Elles se caractérisent en effet par l'utilisation d'au moins 120 herbes aromatiques (dixit le site internet du routard !), et bien sûr du piment. Tout est préparé à la commande. C'est un avantage côté goût, mais il ne faut pas être pressé ! En général, si on est pressé, mieux vaut d'ailleurs ne pas venir au Laos !

 


Parmi ces recettes aux herbes aromatiques, on a retrouvé la soupe aux nouilles et aux herbes du Nord Vietnam (la Pho) ; on a aussi particulièrement apprécié le Laap, qu'il soit au poisson, au boeuf ou au poulet : pour ce met, la chair est coupée en petits morceaux, puis cuisinée avec de nombreuses herbes et du jus de citron vert. Exquis avec du riz gluant, bien sûr !

 

 

 

 

 

 

Un Laap au boeuf. 

 

Parmi nos recettes préferées, on notera également :

- les salades du laos, toutes plus fraîches et délicieuses les unes que les autres, et souvent agrémentées de cacahouètes pilées ; salade de papaye verte, salade lao, salade de nouilles, etc.

- les saucisses Lao, fumées et aromatisées, et qui ont des goûts différents en fonction des régions. Bien que l'une d'entre elle ait fait vomir Landry toute une nuit, on peut dire qu'elles sont délicieuses si, bien entendu, elles n'ont pas attendu le consommateur trop longtemps au soleil... La saucisse Lao est souvent servie avec du riz gluant et avec un caviar d'aubergine local. C'est à tomber, en particulier celles de mama Lao (cf article "une marseillaise en pays lao")!

- le poisson grillé au charbon de bois, farci à la citronelle et roulé dans le gros sel...

 

Les grillades sont très populaires au Laos, pour notre plus grand plaisir ! 

     

Soyons francs, nous apprécions un certain héritage de la colonisation française, avec, notamment, la possibilité de consommer des pâtisseries un peu partout dans le pays, ce qui est rarissime en Asie. On a ainsi pu assouvir un peu nos envies de sucre et de chocolat en commandant, par exemple, un pain au lait au Nutella. MMMMM !  

 

Un petit-déj comme on les aime ! 

 

Côté boisson, le Laos n'est pas en reste.

Dans le Sud du pays, le plateau des Boloven, célébre pour sa nature luxuriante et ses chutes d'eau, abrite un autre joyeau : des plantations de café dont une partie est destinée au commerce de luxe, avec l'un des cafés arabica le plus cher du monde. Sa particularité réside alors dans le fait qu'il n'est pas cueilli sur l'arbre. On attend qu'il ait été consommé, digéré et "évacué" par un petit rongeur. Cela laisse la graine intacte mais les enzymes de l'animal ont subtilement modifié les aromes du café. Nous n'avons pas eu l'occasion de visiter les plantations et de confirmer le mode de fabrication par nous-même. Tout ce que l'on peut vous dire, c'est qu'on a trouvé le café des boloven vendu dans les commerces délicieux !

 

Ajoutons quelques degrés pour passer aux boissons alcoolisées. La bière Lao est réputée dans toute l'Asie du Sud Est. On l'aime pour son goût léger, mais pas trop, sa fabrication locale avec des produits locaux puisque le riz gluant entre dans sa fabrication, pour son prix puisqu'elle est à peine plus chère que l'eau, et enfin pour son boss !! Et oui, c'est une femme qui est à la tête de l'entreprise qui ne connaît pas la crise, avec une production de plus de 60 millions de litres de bière par an.

Quand on connaît le machisme qui sévit dans toute l'Asie (oui je sais chez nous c'est pas mal non plus), on ne peut que féliciter cette entrepreneuse ! 

 

Enfin, on a eu l'occasion de goûter aux alcools de fabrication "maison". Si le Lao Lao, le tord boyeau national fabriqué à partir de riz (vous ne l'auriez jamais deviné pas vrai?), nous a plutôt fait l'effet d'un alcool à brûler, on a bien aimé le Lao Hai. Les villageois des alentours de Luang Prabang qui faisaient la fête nous en ont gentiment offert après nous avoir montré comment ça se fabriquait. C'est la coque vide du riz qui est fermentée. En fonction des maisons, le Lao Hai peut être très doux ou un peu plus alcoolisé, mais toujours suave, avec des saveurs tirant sur le jus de pomme bio.

 

   

Fabrication et consommation du Lao Hai. 

 

Et voilà ! Notre prochain rendez-vous culinaire devrait être la Thaïlande. En attendant, bon appétit !!  

 



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Publié à 14:18, le 20/12/2012 dans Laos, Laos
Mots clefs : gastromie du LaosLaapLao LaoLao Haibeer Laocafé des bolovenriz gluant


Un moment sacré, et un sacré moment !

Le 9 décembre 2012 - Procession des moines de Luang Prabang 

 

Si la procession des moines faisant l'aumône au lever du jour a lieu tous les matins dans l'ensemble du pays, elle est particulièrement réputée à Luang Prabang en raison de la concentration de temples dans la vieille ville. Ici, ce sont des dizaines, voire des centaines de moines qui parcourent la ville chaque matin. L'aumône a un sens particulier en Asie. Les moines ne pouvant pas travailler pour se consacrer aux tâches spirituelles, cela permet leur subsistance. La donation honore et élève également celui qui donne d'un point de vue spirituel. 

 

L'ensemble des touristes que nous avons rencontré et tous les blogs de voyage que nous avons parcouru étaient unanimes : ce n'est pas la peine de se lever pour voir la procession des moines de Luang Prabang. Trop touristique, trop irrespectueux, trop décevant... Face à cette condamnation sans appel, difficile de motiver Camille et Landry pour un lever à 5 h du matin. Je suis donc allée seule assister à cette marche silencieuse.

 

Levons le voile... 


Les règles à respecter sont décrites partout : dans les bureaux d'information touristique, dans les hôtels, dans les guides, sur des brochures, etc. En bref, impossible de passer à côté ! En résumé il faut :

- rester silencieux

- porter une tenue décente (épaules couvertes)

- ne pas photographier les moines de près. En fait, photographier un moine en général est malpoli, il faut donc toujours le faire discrètement. Pendant la procession, il est conseillé aux touristes de s'installer de l'autre côté de la rue sans déranger, ou, mieux encore, de l'observer depuis la terrasse de son hôtel si c'est possible.

- si on souhaite participer aux dons, il faut se mettre une écharpe sur l'épaule gauche. Les femmes ne doivent jamais être plus hautes que les moines pendant la procession en signe de respect. C'est donc assises sur une natte qu'elles les attendent. Il faut savoir que dans le Bouddhisme (également...) la femme est considérée comme l'être impur. Les moines ne doivent pas avoir de contact physiques avec elles, même toucher leur main par exemple. Il y a pourtant bien des nonnes, que l'on reconnaît à leur toge blanche, et non pas orange, mais elles ont un statut plus précaire. Bouddha lui-même avait refusé de créer un ordre pour les femmes, mais avait fini par céder à contrecoeur devant leur insistance. Cependant elles n'ont pas les mêmes droit que les moines. Elles ne peuvent notamment pas faire l'aumône. Les moines partagent donc avec elles le fruit des dons  (ainsi qu'avec les familles de la cité les plus pauvres). Leur lieu de vie est donc toujours adjacent à un monastère masculin, dont elles dépendent.

 

Finallement, les règles sont assez simple : il ne faut pas déranger. Je confirme que nombre de touristes ne respectent aucune de ces règles, des femmes en mini-short s'approchent des moines pour les photographier à 10 cm. Mais je vous le dis aussi, ça vaut le coup quand meme ! En se mettant à l'écart de la rue principale, la magie opère ! Bon, pour nos lecteurs voyageurs, pas la peine de se lever à 5 heures, c'est beaucoup trop tôt ! Rien avant 6h...

 

Une laotienne s'installe pour procéder aux offrandes quotidiennes. 

 

Avant le lever du jour, les rues sont pratiquement vides, le silence règne. Je m'assoie donc dans un coin, près d'un temple, pour attendre. C'est alors que s'élèvent, du fond des bâtiments, les prières matinales. Ces litanies sont particulièrement envoûtantes... Puis les gongs retentissent, Dong ! Dong ! Dong ! Alors qu'il fait encore presque nuit, le signal est donné, la procession peut commencer. 

 

Les premiers pas dans la ville se font dans une quasi-obscurité. 

 

Les laotiennes s'installent sur de petites nattes avec leurs offrandes, essentiellement du riz, des légumes cuisinés et des fruits. Les hommes désireux de donner restent debout, tout de blanc vêtus, et se courbent au passage des moines même les plus jeunes.

 

 

 

Les moines sortent en rang de leur monastère. Ils parcourent la ville d'un pas rapide, sans sourire, sans parler, leur grand bol à aumone pendu à leur côté.

 

 

 

En rentrant, à 7 heures, ils partageront leur unique repas de la journée avant de reprendre les prières du matin.

 



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Publié à 15:34, le 19/12/2012 dans Laos, Luang Prabang
Mots clefs : résidence royalemont phu siprocession des moineslaosluang prabangbouddhisme


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Qui suis-je ?


Prendre le temps. Prendre le temps avec les gens, avec la vie, avec nous-même. Prendre le temps de découvrir des cultures, des langues, des coutumes. Prendre le temps d'apprendre des autres, d'apprendre à se débrouiller dans un environnement totalement inconnu, d'apprendre sur soi. Pour prendre ce temps, quel meilleur moyen que de se déplacer en train depuis Paris jusqu'au bout de l'Asie...

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