Jusqu'au bout de l'Asie...

11 jours en terre hostile : à la découverte du Gobi

Désert de Gobi / du 18 au 28 juillet

 

Le désert se fait attendre ! En ce 21 juillet 2012, les steppes que nous traversons ne sont plus tout à fait des steppes, mais ne sont pas encore des dunes. Les 40 degrés celsius habituels pour un mois de juillet dans cette partie du monde sont tout juste des 25 degrés particulièrement humides et orageux. La grelle nous tombe même dessus alors que nous osons un brin de toilette matinale.

Cela fait 3 jours que nous sommes partis. Une petite expédition dans un van Russe en direction d'un des plus célèbres désert de la planète. Au départ d'Oulan Bator, nous ne connaissions pas nos compagnons de voyage. Nous avions précisé aux organisateurs (une grosse auberge de jeunesse, le golden gobi, réputée pour ses tours dans le désert à l'excellent rapport qualité/prix) que nous étions enclins à accueillir 3 autres voyageurs afin de remplir le van et faire baisser le tarif par personne.

C'est ainsi que Jade et Marie Line, 2 québécoises, et Fred, savoyard d'adoption, prennent place à nos côtés, pour 11 jours de cohabitation, 24/24. Pour nous accompagner, Machka, chauffeur professionnel, et Hurna, jeune guide parlant anglais. Les affinités se créent vite au sein du groupe, et nous sommes rapidement convaincus que la beauté des paysages que nous allons traverser va être sublimée par l'ambiance collective qui ne tarde pas à devenir très joyeuse et propice au partage de belles émotions.

 

Fred, Landry, Anne So, Marie-Line et Jade
 
 
Machka et Hurna
 

Les kilomètres défilent, le décor est de plus en plus somptueux. Petit à petit, les steppes verdoyantes laissent place à un sol caillouteux, puis sablonneux et terriblement aride. Il devient rare de croiser des yourtes. La plupart d'entre elles sont des accueils familiaux modestes pour expédition à petit budget comme nous, ou des camps luxueux de tours organisés pour gros budgets. La région est particulièrement inhospitalière : grand froid l'hiver, alternance de grosse chaleur et violents orages l'été. 

 

1er soir dans une famille de nomades

 

Partie de volley improvisée avec nos hôtes
 

Certains sites naturels insolites que nous traversons éblouissent nos pupilles et remplissent les cartes mémoire de nos appareils photos : des parois de granite au coucher de soleil, des gorges naturelles où demeurent des blocs de glace en plein mois de juillet, ou encore des falaises couleur rouille (les falaises de feu) sous un soleil de plomb. Les troupeaux de chameaux ont remplacé ceux de chevaux, et seules quelques chèvres demeurent.

 

Les parois de granite d'Ikh Gazryn Chuluu
 
 
Les falaises de feu de Bayanzag
 
 
Les glaces éternelles dans la gorge de Yolyn Am
 
 
Les affinités dans le groupe sont renforcées par le spectacle offert par le panorama. Les sujets de conversation sont inépuisables, plus ou moins sérieux (!)...

Le 23 juillet, nous partons à l'assaut des dunes de Khongoryn Els, les plus impressionnantes du Gobi. Nous nous rendons aux pieds du monument de sable à dos de chameaux. Rigolote les 10 premières minutes, une balade à dos de chameaux s'avère vite lassante ! Sauf pour Lucy, bien plus à l'aise sur un chameau que sur un cheval !! Nous escaladons ensuite les dunes à pied. Il nous faut environ 1h30 pour avaler les 250 mètres de raide dénivelé sur ce sol instable. 

 

Partie d'osselets en plein désert...
 
 
Une fois au sommet, nous découvrons l'autre côté : une immensité de sable surplombée de majestueux reliefs montagneux faisant office d'horizon. Nous restons plusieurs minutes au sommet afin de profiter un maximum de ce spectacle inédit. Chacun de nous est ébahi par le panorama. Comme par magie, les incantantions mystiques de Jade et Marie-Line afin que le soleil pointe le bout de ses rayons une fois le sommet atteint semblent avoir fonctionnées !! Simple hasard ou véritable prière mongole dédiée à notre bonne vieille étoile lumineuse ? Peu importe ! Les nuages ayant passé leur chemin, les contrastes de couleur dans ce no man's land subliment un peu plus notre dégustation visuelle.

 

A dos de chameaux !
 

Au sommet de la dune de Khongoryn Els
 
 
La dune
 
 
Fin de l'ascencion, photo by Jade & Marie-Line
 

Décision difficile, décision impossible, et pourtant, nous n'avons pas le choix ! Nos chameaux nous attendent, il nous faut bien redescendre. Afin de maintenir le niveau d'excitation à son comble, nous ne résistons pas à la tentation de dévaler la pente raide à grandes enjambées. Sensations fortes assurées !

 

Descente rapide, photo by Anne So
 
 
dans le sable !
 

Alors que nous nous trouvons au coeur du désert, le climat reste déroutant : orages quotidiens, chaleur relative loin de la canicule annoncée, nous nous interrogeons ! Hurna nous informe qu'au début de l'été, plusieurs nomades du désert ont reconnu le signe annonçant des fortes pluies toute la saison : le chant d'un serpent ressemblant au blatèrement du chameau ! Mythe, légende...? En tout cas, il pleut...!

 

Ce soir là, la famille qui nous accueille dans son camp nous invite à partager son repas dans sa yourte. Malheureusement, madame est malade. Grâce à Hurna, parfaite en interprète, nous comprenons d'où vient le mal. Il est temps pour nous, bons occidentaux précotionneux, de sortir nos valises à pharmacie ! Une dose de smecta québécois, un peu de désinfectant intestinal luxembourgeois (merci Anne So !), une larme de poudre hydratante parisienne, et le lendemain, madame se porte comme un charme ! Toute la famille nous est reconnaissante. Ce sont des adieux rythmés par une convivialité sincère qui marque notre départ du camp. 

 

Lever de soleil dans le désert, photo by Jade
 
Coucher de soleil dans le désert
 

Après 5 jours en plein désert, à visiter les plus beaux sites naturels du Gobi et partager le quotidien de familles de nomades, nous nous apprêtons à passer 2 longues journées sur les pistes de l'aïmag de l'Ovorkhangaï pour rejoindre le centre du pays.

 

Salut du désert, photo by Jade
 
Anne So goûte l'aïrag, le lait de jument fermenté...
 

En effet, les kilomètres défilent lentement sur les pistes défoncées par la pluie de cette région (250 km parcourus en 10h !). En revanche les paysages changent très vite. Les plaines désertiques et arides laissent place à d'autres plaines, verdoyantes, qui laissent elles même place à de petites montagnes, au fur et à mesure que nous remontons cette immense région de Mongolie centrale. Le temps, quant à lui, est toujours aussi changeant. Le 2ème jour de route (25/07), devant l'orage qui menace d'éclater, Hurna et Machka décident de reporter notre sacro saint déjeuner occidental afin de franchir la petite chaîne montagneuse qui coupe l'aïmag en deux. Après être passés le long d'une gigantesque mine d'or où les pelleteuses s'en donnent à coeur joie pour dénaturer le paysage, nous commençons l'ascencion. Les pistes sont totalement impratiquables. Machka cherche patiemment les meilleurs endroits où passer pour éviter de s'embourber. 

 
Lucy et Anne So sous le déluge
 

Finalement, à 10 km/h de moyenne, nous atteignons le sommet, non sans mal ! C'est au cours de la descente que l'orage éclate. Des trombes d'eau dégradent un peu plus la piste. Le van se met à glisser et flirter dangereusement avec le précipice, heureusement peu profond. Nous décidons finalement qu'il est préférable que nous sortions du van afin de faciliter la maitrise du véhicule à Machka. Nous parcourons ainsi quelques kilomètres à pied, sous la pluie et dans la boue. Un vent d'aventure souffle dans nos esprits. Un peu trop peut-être pour BAAANNNGAAA, qui se reconnaîtra !!

Au bout de cette courte marche nous rejoignons le van à l'arrêt. Machka est en pleine discussion avec des chauffeurs de véhicules qui nous croisent. Il y a notamment un mini van rempli de vieillards et d'enfants. Ce serait de la folie furieuse d'engager l'ascencion dans ces conditions. Même les occupants du véhicule semblent inquiets. Hasta la vista ! Et bon courage ! 

Nous finissons par arriver à bon port, après 2 interminables journées. 

Le 26/07, nous goûtons à un repos bien mérité près des chutes d'eau de l'Orkhon. Lucy en profite pour se réconcilier avec les chevaux ! Et le groupe entier pour prendre une deuxième douche en 10 jours dans la rivière à la température agréable ! 

 

Enfin une douche !!
 
 Les chutes d'Orkhon
 

Notre remontée vers la capitale marque une ultime étape à Karkhorin, ancienne capitale du grand empire mongol de Genghis Khan. Nous en profitons pour visiter l'un des 2 principaux monastères bouddhistes du pays et ainsi enrichir nos connaissances sur cette "religion" si importante, prédominante, et teintée de chamanisme, en Mongolie.

Notre périple prend fin le 28 juillet. Anne Sophie nous quitte le 29 pour rentrer au Luxembourg. Fred le 30 pour continuer son périple Mongol. Quant à nos 2 québécoises, heureux hasard des calendriers ferroviaires, nous continuons avec elles notre route commune vers la Chine, départ prévu le 3 août en direction de Beijing...

 

 



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Publié à 06:17, le 31/07/2012 dans Mongolie, Désert de Gobi
Mots clefs : désert de gobimongolieyourtes


Nous ne sommes plus 2...!!

Oulan Bator / du 13 au 17 juillet

 

Nous retrouvons une vie de citoyen lambda sitôt rentrés dans la capitale mongole. Nos journées sont rythmées non plus par le soleil mais par les horaires d'ouverture de tel ou tel bureau administratif.

En effet, plusieurs démarches nous attendent : rebooker un tour dans le gobi, prendre notre billet de train pour Beijing et prolonger notre visa de quelques jours (en raison de la date du billet de train). Tout cela accomplit non sans mal !

Nous en profitons pour réaliser quelques emplettes, visiter 2 beaux musées (histoire naturelle et histoire de la mongolie) et assister à un spectacle de musique traditionnelle au grand théâtre d'Oulan Bator.

Enfin, nous accueillons notre première visite du voyage : Anne Sophie nous rejoint pour 15 jours et nous accompagne donc dans le Gobi. Coup de stress pour elle : son sac n'est pas à l'arrivée, le 16. Nous espérons qu'il sera là le 17 car le 18, c'est le départ pour le désert. Il est difficile d'avoir des certitudes avec les différents services de l'aéroport. Finalement, le sac arrive bien 24 heures plus tard. Tout va bien !

 

Anne So à l'arrivée, sans son sac !
 

Nous nous apprêtons donc à découvrir notre premier désert !

 



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Publié à 06:18, le 17/07/2012 dans Mongolie, Oulan-Bator
Mots clefs : prolongation visa mongoloulan batormongolie


Arkhangaï / acte 2 : la mongolie dans sa plus pure authenticité

Du 9 au 13 juillet 2012 : environs du grand lac blanc (terkhin tsagaan nuur) / Ouest de Tsetserleg / Région de l'Arkhangaï 

 

Peu avant notre départ de Paris, nous avions pris contact avec une guide francophone mongole afin d'organiser une expédition dans le désert de Gobi. En effet, il semblait difficile de se rendre dans les parties les plus belles et reculées de cette région par nos propres moyens, ainsi que d'y circuler, aux vues des infrastructures existantes et de la rudesse climatique du lieu. Je souhaitais cependant éviter les grosses agences et leurs tours très rodés, souvent chers, et manquant de souplesse dans leur déroulement.

C'est donc grâce à un forum de voyageurs que j'ai trouvé le contact de cette guide indépendante. Nous avons réglé avec elle les détails de notre expédition à Oulan-Bator et fait une avance de 500 000 Tugriks. Afin de faire baisser le prix final individuel de l'opération, nous lui demandons de nous communiquer les tarifs pour 4 ou 5 personnes (nous sommes déjà 3 avec Anne-So qui arrive) afin que nous passions une annonce dans les auberges susceptibles d'accueillir des voyageurs intéressés.

Les seules nouvelles que nous avons eu d'elle concernent la guide francophone qu'elle nous a trouvée pour nous accompagner à sa place, elle étant déjà bookée. Or cette guide remplaçante est une jeune étudiante en français qui habite dans les environs du grand Lac Blanc à 200km de Tsetserleg où nous nous trouvons. Elle nous propose de nous accueillir dans sa famille à partir du 8 juillet dans un petit village afin de nous faire découvrir le Naadam, fête nationale Mongole et véritable évènement pour chaque habitant du pays.

Après quelques rebondissements d'ordre organisationnel, nous continuons donc notre périple dans l'Arkhangaï, cette région du centre ouest de la Mongolie, et nous retrouvons dans la famille de notre jeune hôte, Boloroo, le 9 juillet en début d'après midi.

 

la petite ville de khangaï, perdue au milieu des steppes

 

Première constatation : elle n'est ni francophone (ne parle pas et ne comprend pas !), ni guide (mais étudiante), ce qui annonce un séjour compliqué dans le Gobi. Nous nous empressons d'annuler la prestation auprès de notre "contact" en espérant revoir la couleur de l'avance faite quelques jours plus tôt et trouver un autre guide lors de notre retour à Oulan Bator. L'exemple parfait des impondérables des voyageurs !

Deuxième constatation : même si l'on ne se comprend pas, Boloroo est adorable, et nous offre la chance de rentrer en contact avec une population vivant dans un endroit particulièrement isolé. Pour parvenir à Khangaï, village de 3000 habitants où nous nous trouvons, il est nécessaire d'affronter les terribles pistes reliant la rive sud du terkhin tsagaan nuur (grand lac blanc) pendant 65 kilomètres. C'est un endroit en dehors des sentiers battus, ne figurant dans aucun guide touristique, et n'ayant pas l'habitude d'accueillir en son sein des touristes tels que nous !

 

cavaliers en costume traditionnel
 

Et pour ne rien gâcher à notre immersion, nous allons célébrer le Naadam de la manière la plus authentique qui soit ! 

Pour les non initiés, le Naadam fut instauré en 1206 par Genghis Khân afin de célébrer la grandeur de l'Empire Mongol. Il a été réintroduit dans les traditions Mongoles en 1921 lors de la création de la fête nationale célébrant l'indépendance de la Mongolie par rapport à la Chine (source : wikipedia !). Il a lieu chaque année les 11 et 12 juillet à Oulan Bator, et quelques jours plus tôt dans les villes de Province, ce qui permet aux habitants de suivre le grand naadam de la capitale à la télévision. Au programme : courses de chevaux, tir à l'arc et combats de lutte. L'occasion pour tout un peuple d'exprimer sa fierté à travers la beauté et l'authenticité de ses traditions, mais aussi pour la gente masculine de montrer sa virilité, parfois excessive, à l'image de son héros Genghis Khan.

 

les spectateurs, à cheval, s'approchent de l'arrivée de la course

La fête est magnifique. Nous sommes émerveillés. Particulièrement par les courses de chevaux. Ce sont des enfants ou jeunes adolescents qui montent à crû des chevaux âgés de 2 à 5 ans en fonction des courses. Celles ci durent entre 1 heure et 1h30 sur un parcours à travers les steppes. A l'arrivée, les jeunes cavaliers, tout autant que leur monture, sont épuisés. Le combat est âpre, viril, parfois violent dans les derniers mètres, pour arracher la meilleure place possible. Des spectateurs mal attentionnés, d'autres un peu trop passionnés, perturbent le sprint final lors des dernières foulées de concurrents à l'agonie. Quelques chevaux, peu dociles et à la limite de l'épuisement, refusent d'obéir, de se soumettre, souvent par peur, et font tomber leur jeune cavalier qui, pour certains, se brisent la jambe ou le bras. Y'a-t-il un médecin dans le village ? Rien n'est moins sûr. Les images sont terribles et magnifiques à la fois. Chacun, enfant comme animal, allant au bout de lui même.

 

lutte acharnée à l'arrivée après plus d'1 heure de course
 

L'attroupement juste après la ligne d'arrivée est impressionnant ! Une ruée d'hommes vêtus du costume traditionnel se précipite sur le vainqueur dès que celui-ci a franchi la ligne. Le but étant de toucher le cheval de la main car cela doit porter chance. Pas de répit pour le héros et son cavalier, la lutte autour d'eux pouvant tourner vinaigre, et en venir aux mains, afin d'obtenir l'heureux présage.

Une fois la course terminée, tous les habitants envahissent la petite arène vieillissante de la ville afin d'assister à la remise des récompenses très traditionnelles pour les chevaux. Les médailles brillent, le chanteur entame l'hymne hommage au cheval adulé (!), puis les officiels aspergent les chevaux de lait, ce qui ne plaît pas à tous ! Nouvelle démonstration de rébellion et d'indépendance de ces animaux avides de liberté. 

Puis les combats de lutte en tenue traditionnelle prennent le relais. Les combattants sont impressionants. Certains sont grands et affûtés, d'autres grands et lourds. Pas de catégorie de poids dans ces combats souvent inégaux. La foule s'enflamme à chaque prise réussie permettant à un athlète de mettre son adversaire à terre. Les pronostics vont bon train sur le futur vainqueur. Certains combats sont expéditifs, d'autres beaucoup plus serrés et âpres. Tout le monde est passionné, de la jeune étudiante au vieux paysan, de la mère de famille à l'ancien lutteur nostalgique !

 

combat de lutte
 

La fête du Naadam se prolonge le soir venu au centre culturel où nous avons la chance d'assister à un concert de chansons traditionnelles... Le vieux bâtiment délabré s'est fait une beauté pour cet évènement. La salle est pleine à craquer et les décorations ne manquent pas. La plupart des chansons rendent hommage à l'animal roi de Mongolie, le cheval bien sûr ! Musicalement, nous dirons que c'est dépaysant...! 

Après cette folle journée, nous ne pouvons que nous réjouir d'assister à ce bel évènement qui unit tout un pays à l'occasion de la célébration de sa fête nationale.

Tandis que les épreuves sportives rythment nos après midis pendant 2 jours, le reste du temps, notre rencontre avec les habitants est particulièrement dépaysante. Y compris pour eux !



En effet, il n'y a pas d'autres touristes à l'horizon. Et la présence d'occidentaux dans ce coin reculé ne semble pas être monnaie courante. Les gens que nous croisons ne manquent pas de nous faire découvrir ce qu'ils ont de plus cher : photos de famille, petit tour en moto (tous les jeunes en ont une), dégustation de la vodka nationale (la genghis khan évidemment !) à 11 heures du matin ou petit morceau musical joué par un grand père avec son instrument traditonnel.

L'un d'entre eux nous fait même visiter sa fabrique de fromage. Des organisations européennes et américaines oeuvrant pour un commerce équitable ont permis à ce producteur local de fabriquer un fromage séché de qualité reconnue, et d'être notamment le principal fournisseur d'un grand restaurant français d'Oulan Bator.

 

 

 

 

 

 

 à moto pour rejoindre la course de chevaux
 

Nous rencontrons également la famille de Boloroo, et notamment son grand père, 83 ans, qui nous fait gentiment profiter de sa yourte, et une grand mère, 85 ans, vivant dans une yourte voisine. Tous les deux semblent fatigués, marqués par une vie rude dans cette campagne isolée, mais aussi parfaitement autonomes dans leurs activités quotidiennes. Ils ont l'air si heureux d'accueillir pour la première fois des occidentaux chez eux ! Ils sont ravis de poser à nos côtés pour immortaliser la rencontre et ironisent sur notre "grande" taille (1m75 et 1m78 !) lorsque nous les entourons pour réaliser un dernier shoot dont nous promettons d'envoyer les fichiers par email à notre hôte.

 

devant notre tente avec les 2 "petits" grands parents
 
 
le grand père découvre, émerveillé, notre tente devant sa petite fille Boloroo

Ayant refusés d'occuper pour la nuit la yourte du grand père afin de lui éviter d'aller dormir dans une yourte voisine, nous plantons notre tente. Nouvel instant d'émerveillement de la part des 2 aïeux qui n'ont jamais dû voir un matériel de "nomades" aussi petit et léger ! Ils sont curieux et se glissent à l'intérieur pour en voir davantage sur le confort de cette étrange habitation. Pour plaisanter, nous leur signifions que c'est NOTRE yourte ! Eclat de rire général !! Le lendemain, notre adorable grand père s'inquiète de notre condition car la nuit a été très froide. Naturellement nous nions, même si nous avons effectivement eu froid !

Dernier instant de partage, dernier instant de grâce avant les adieux. Nous levons le camp, et c'est le plus spontanément du monde que le grand père vient m'aider à replier la tente ! Nous sommes émus devant la dignité, la simplicité et la gentillesse de ce vieillard qui écoute (ou plutôt qui regarde !) attentivement mes instructions. Il n'y a rien d'autre à dire...

 

le grand père m'aide à replier notre tente !

Tout ce que nous espérons, c'est que nos photos lui seront bien transmises afin de prolonger l'émotion de cette magnifique rencontre.

Nous gagnons les rives du terkhin tsagaan nuur avec des souvenirs plein la tête afin de camper quelques jours au calme avant de retrouver l'agitation d'Oulan Bator. Nous nous apercevons que nous n'avons plus que quelques tugriks en poche. Par chance, le patron d'un camp de yourtes accepte de nous changer une centaine de dollars en monnaie mongole. 

 

sur les rives du terkhin tsagaan nuur (grand lac blanc)

Nous nous mettons en quête d'un transport pour Oulan Bator. Ils ne sont pas légions par ici ! Les négociations sont âpres avec les différents chauffeurs. Finalement, l'un d'entre eux accepte de nous ramener vers la capitale pour 45 000 T par personne. Beaucoup de touristes payent davantage... Et la plupart des locaux sans doute moins. Nous partons à 18 heures. Arrivée prévue à UB le lendemain matin à 6 heures. Le mini van est bondé. Nous venons sans doute de passer la nuit la plus inconfortable de notre vie ! Qu'importe ? L'accueil et les sourires des habitants de Khangaï sont toujours dans nos têtes, UB est déjà là...

Nous passons ainsi quelques jours dans la capitale Mongole afin de préparer la suite de notre périple qui va nous mener dans le désert de Gobi, puis en Chine. Et bien entendu pour accueillir comme il se doit Anne Sophie qui nous rejoint pour une quinzaine de jours.

 

 



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Publié à 06:17, le 15/07/2012 dans Mongolie, Cecerleg
Mots clefs : combat de luttecourse de chevauxnaadamarkhangaïmongolieyourtessteppes


Petit point sur la gastronomie Mongole et la vie dans les yourtes.

 

Après deux semaines passées en Mongolie entre ville et campagne, nous commençons à avoir une vision un peu plus complète de l’alimentation en Mongolie. Le Lonely Planet a la formule heureuse suivante : « Les Mongols ont toujours préféré la survie au goût ». Franchement ? C’est peu dire !

Ne soyons pas mauvaise langue, et voyons cela d’un peu plus près…

 

A Oulan-Bator ou dans les capitales d’aïmag, nous avons pris l’habitude de dénicher les petites cantines bon marché (1,5€ le plat) où la carte est souvent assez variée, soupes, riz, pâtes, le tout plus souvent influencé par la Chine que par la Mongolie. Pour peu que l’on ne soit pas trop regardant sur l’hygiène, et que l’on ferme les yeux sur les mouches qui flottent parfois dans la soupe, c’est assez bon !

Le problème, c’est qu’on ne sait pas lire la carte. Si on n’a pas de chance, on tombe au hasard sur un plat traditionnel Mongol, c’est-à-dire forcément à base de lait ou de viande bouillie, préparé sous toutes leur formes (les mongols considèrent que les légumes, comme l'herbe, sont faits pour les bêtes et pas pour les hommes). Le terme de « viande » peut parfois paraître trompeur pour un occidental car il y a en général au moins autant de graisse et de nerfs que de viande à proprement parler, et pour être poli, il faut tout manger… Bref, en image c’est aussi parlant !

 

 La soupe traditionnelle mongole
 

En revanche, ces spécialités retrouvent un certain charme à la campagne, sous une yourte et en famille. C’est le goût du fait maison ! La maman prépare des spécialités à base de lait toute la journée, et ce n’est pas mal du tout !! Même Landry, qui déteste crèmes et fromages, a pu en manger ! Le matin, puis régulièrement au fil des heures, les mongols (et nous) mangent du pain avec un beurre très crémeux, du fromage séché sous la yourte, du yaourt au lait caillé et boivent du « thé de lait » (littéralement). Le thé de lait a un goût de bon lait chaud dilué à l’eau avec un peu de blé (décrire un goût c’est pas facile !). Si on observe sa préparation, il est effectivement chauffé avec des herbes. En ballade, les mongols peuvent s’arrêter dans n’importe quelle yourte, la solidarité bat son plein à la campagne, et les habitants offrent toujours à boire et à manger à leur hôtes.

 

thé de lait, fromage séché et crème avec pain
 

Ce n’est que le soir que la famille et les invités partagent un repas plus copieux, en général une soupe avec quelques morceaux de viande séchée puis bouillie, soit telle quelle, soit agrémentée de pâtes.

 

cette famille produit et vend son fromage
 

Au passage, un petit mot sur l’organisation de la vie dans les yourtes. L'entrée d'une yourte (GER en mongol) est toujours située au sud. Une famille vit dans une, deux voire trois yourtes. Cela comprend souvent, pour ce que nous avons pu voir, les parents, les enfants, et grands-parents, parfois oncles, tantes et cousins en vacances. A l’intérieur, les éléments, plus ou moins nombreux et neufs selon la richesse de la famille, sont toujours disposés de la même façon :

-         - Au centre, un poêle à bois dont le couvercle peut être remplacé par de grandes marmites en fonte pour faire la cuisine ou la vaisselle.

 

poêle à bois qui sert ici à faire chauffer le thé au lait
 

-      - Le long de la structure arrondie de la yourte, 2 ou 3 lits, et entre les lits des petits meubles en bois. Les invités sont toujours sur le lit de gauche en rentrant, la « place d’honneur ».

 

mobilier aux motifs traditionnels dans la yourte

- Il y a un peu partout des pots de lait, beurre etc. Et parfois une télé, une radio et une ampoule, le tout alimenté par une batterie de véhicule elle-même alimentée par un petit panneau solaire.

 

Les parents se lèvent à 5 ou 6 heures ; les femmes traient les yacks ou les vaches pendant 3 heures, et de même le soir. Il y a des croisements de yacks et de vaches, nous avons décidé de les appeler des yaches!! Pendant la journée, elles préparent beurre, thé de lait, etc… Monsieur s’occupe des bêtes, les sortir et les rentrer, mais aussi des enfants, et même de la lessive pour ce que nous avons pu voir. C’est également lui qui va en ville vendre les produits laitiers. Et oui Messieurs lecteurs, prenez-en de la graine !

Les enfants partagent leur temps entre jeux à l’extérieur et aide pour les tâches ménagères. Et apparemment, ils obéissent au doigt et l’œil. Avec Landry, on pense envoyer nos futurs petits, si on en a, faire des stages de vacances en Yourte !

 

les enfants du voisin...à 5km!!
 

Même si la vie est dure, ce quotidien en collectivité au sein d’une même pièce nous a donné une impression de grande harmonie.

 

NB : Article présent sur le site http://www.mosaic-voyages.com/blog/  à l'adresse suivante : http://www.mosaic-voyages.com/blog/2013/02/21/petit-point-sur-la-gastronomie-mongole-et-la-vie-dans-les-yourtes/

 



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Publié à 06:49, le 14/07/2012 dans Mongolie, Mongolie
Mots clefs : fromagethésteppesyourtemongoliegastronomie mongolecrèmepain


Arkhangaï / acte 1

Du 4 au 8 juillet : Tsetserleg / Région de l'Arkhangaï / 500 km à l'ouest d'Oulan Bator

 

Pendant qu'un nouvel orage d'une forte violence s'abat sur notre tente plantée sur la rive nord du Terkhin Tsagaan Nuur (grand lac blanc), j'essaie de faire le tri dans mes pensées. En effet, comment résumer au mieux la semaine que nous venons de vivre dans l'Arkhangaï, province du centre de la Mongolie ? Je me résouds à opter pour la facilité: l'ordre chronologique !

Nous arrivons donc à Tsetserleg depuis Oulan Bator en fin d'après midi le 4 juillet. Dans le bus nous menant dans la petitre capitale de l'Arkhangaï plantée au milieu de collines, nous faisons la connaissance de Bastiaan, jeune Néerlandais voyageant seul depuis 6 mois à travers l'Asie. Nous sympathisons immédiatement et passons 4 jours ensemble.  

 

  vue sur tsetserleg depuis une colline environnante

 

 

temple bouddhiste de la ville avec rite chaman en hommage au dieu du ciel

 

Après avoir visité les environs de Tsetserleg à pied, nous partons pour une escapade à cheval de 2 jours en compagnie d'un éleveur. C'est la première expérience équestre de ce genre pour chacun de nous 3 et elle demeurera plus ou moins enthousiasmante en fonction du narrateur ! Bastiaan et moi en sommes enchantés ! Lorsque le cheval entame son galop dans ces paysages de steppes infinies peuplées par d'innombrables troupeaux de moutons, chevaux, yacks, c'est une sensation tout à fait incroyable et tellement difficile à décrire :  sentiment proche de l'extase,  avec un soupçon de liberté totale ! Lucy, quant à elle, a moins apprécié ! Lassée, effrayée par les envies incessantes d'accélération de son destrier, elle aura accompli un autre exploit : rentrer seule à l'auberge, en stop et en pleine campagne mongole.

 

 

 

 

 

Landry et son fougueux compagnon!
 

Cette aventure nous a également permis de découvrir la vie dans l'authentique yourte d'une famille nomade. Dans le cadre de cette randonnée à cheval, la famille est rétribuée pour nous accueillir et nous nourrir. Ils ont donc l'habitude de recevoir des visiteurs occidentaux qui partent à la découverte de leur pays. Cela enlève sans doute quelque peu d'authenticité mais leur permet de maintenir un niveau de vie très correct à en croire leur garde robe tout à fait moderne et la présence d'équipements électriques alimentés par des panneaux solaires. Leur rythme de vie ne semble nullement perturbé par notre présence. La journée commence vers 6 heures et se termine quand le soleil se couche. Les activités principales tournent autour de l'exploitation des troupeaux et de la production de lait et de fromage. Communiquer est forcément difficile ! Et quand il s'agit de compter davantage sur la spontanéité que sur des connaissances linguistiques, les enfants répondent présents et se trouvent être d'excellents partenaires de jeu pour tuer le temps lorsque nous ne sommes pas à cheval !

 

les 3 yourtes familiales au milieu des steppes
 
 
Landry et Bastiaan avec Imoujin, Tsoltsaya et un petit cousin au prénom inintelligible !
 

Après ces quelques jours sportifs à randonner à pieds et à cheval nous passons notre dernière journée dans la région de Tsetserleg en nous prélassant dans des sources d'eau chaude. D'origine volcanique, ces eaux ont une température à la source de 68 degrés, et comprise entre 35 et 38 degrés dans les bassins. Idéal pour se prélasser 2 bonnes heures, même si un nouvel orage nous tombe sur la tête, et pour faire disparaître les courbatures provoquées par notre intense activité équestre ! Le soir venu, nous faisons nos adieux à Baastian en échangeant adresse mail et autre profil facebook, et préparons nos sacs afin de partir pour la région du Terkhin Tsagaan Nuur (Grand Lac Blanc) où nous attendent d'incroyables rencontres...

 



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Publié à 05:58, le 13/07/2012 dans Mongolie, Cecerleg
Mots clefs : arkhangaïmongolieyourtesrandonnée


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Prendre le temps. Prendre le temps avec les gens, avec la vie, avec nous-même. Prendre le temps de découvrir des cultures, des langues, des coutumes. Prendre le temps d'apprendre des autres, d'apprendre à se débrouiller dans un environnement totalement inconnu, d'apprendre sur soi. Pour prendre ce temps, quel meilleur moyen que de se déplacer en train depuis Paris jusqu'au bout de l'Asie...

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