Jusqu'au bout de l'Asie...

Inventaire non exhaustif de la petite urbanité Thaïlandaise

Du 3 au 10 février 2013 / Khon Kaen ; Phitsanulok ; Phayao ; Chiang Raï / Thaïlande

 

Chat se reposant à l'ombre d'un stuppa, nord de la Thaïlande.

 

Initialement, ce début de mois de février devait marquer notre retour au bercail. Et puis, pris de passion pour les trains bondés asiatiques (!), nous prolongeons un poil ; un gros poil ! Car le gâteau du retour est énorme, ressemblant à un vrai contre-la-montre, entre réservations de transports et obtention de visas.

Afin de nous mettre doucement en appétit, nous prenons le parti de passer notre dernière semaine en Thaïlande en effectuant quelques sauts de puce dans le pays. Nous partons ainsi à la rencontre de petites capitales provinciales, où la chaleur de l'accueil des habitants se marie à l'atmosphère, calme et reposante, de ces cités méconnues. Si ce trait de caractère évoque leurs ressemblances, elles ont néanmoins chacune leur personnalité, ce qui fera de ce road trip dans la Thaïlande profonde un moment ininterrompu de découvertes.

 

 

Khon Kaen, ville de taille assez importante, plate et étendue, bénéficie d'une place stratégique, car centrale, dans le nord-est Thaïlandais : L'Isan. Cette grande région frontalière du Laos, au nord et à l'est, du Cambodge au sud, et irriguée par les eaux du Mékong, renferme quelques trésors méconnus, comme la route des citadelles khmères, de nombreux parcs nationaux, et quelques villes authentiques sans activité touristique.

Carrefour de toutes les routes de la région, Khon Kaen doit son dynamisme à sa position géographique, et son activité semble se concentrer essentiellement sur le commerce, de gros ou de détail, le petit service et l'artisanat. Le visiteur y découvre, en se mêlant à la population, une atmosphère très locale, loin des standards aseptisés des îles du sud. Se joindre à la clientèle du petit marché matinal pour y déguster une soupe traditionnelle, observer la sympathique population étudiante élisant domicile au McDo du coin après les cours, discuter avec les employés du petit musée national pas avares de sourires, ou essayer des chemises dans une petite boutique du night bazaar, bien aidé par une adorable vendeuse. Pas grand chose d'autre à faire à Khon Kaen ! Mais prendre le temps d'observer le quotidien citadin d'un peuple, c'est déjà beaucoup, surtout quand il est aussi attachant !

 

Marché matinal de Khon Kaen

 

Khon Kaen n'est pas une jolie ville. Elle ne possède pas de célèbres sanctuaires bouddhistes. Mais elle a bien plus à offrir aux voyageurs : une étape agréable, où l'accueil et les sourires de ces habitants sont autant de cadeaux à offrir que le patrimoine architectural ou culturel de n'importe quelle ville-musée. 

   

Phitsanulok, elle non plus, n'est pas une ville-musée. Pour preuve, l'une de ses principales attractions touristiques, la fabrique de bouddha, ressemble plus à une décharge semi-couverte où tout s'entasse. On s'attend à une fabrique marchande, avec une partie visite pédagogique, et une partie charmante boutique. On se retrouve en fait au milieu d'un hangar au fatras incroyable et d'une boutique poussiéreuse ! Mais au moins, ça respire l'authenticité, et on ne se casse pas la tête davantage !

 

Coucher de soleil sur la rivière Nan à Phitsanulok

 

La ville, quant à elle, se situe à une heure de route du site archéologique de Sukhotaï (ancienne capitale du royaume de Siam), sur la voie de chemin de fer très empruntée "Bangkok / Chiang Maï". Profitant pleinement de la présence de la rivière Nan, les habitants se détendent sur l'agréable promenade aménagée le long du cours d'eau en y pratiquant des cours de gym, ou de petits footings, sérieux pour certains, à l'intérêt plus "ciblé" pour d'autres qui effectuent de véritables sprints en bombant le torse afin d'attirer l'attention de la gente féminine !  

Tiens ! Une tête qui dépasse de la foule des runners ! Une tête blonde !! Un "farang", équipé comme un pro de la tête au pieds, quand certains Thai courent en converse, voilà qui ne passe pas inaperçu !

 

  

 Bords de rivière sportifs à Phitsanulok avec de la gym collective et du footing !

 

Le night bazaar, dont la présence est incontournable dans la plupart des villes Thaïlandaises, étale également ses stands le long de la rivière. Cela nous donne une bonne occasion de flâner au milieu des boutiques, et de déguster une excellente cuisine locale accompagnée d'une bière bien fraîche, bercés par le lent écoulement du fleuve faiblement illuminé par les lumières des petits restaurants flottants sur la rive opposée. Les propriétaires, charmant couple d'âge mûr, nous réservent un accueil toujours plus enthousiaste à chaque fois que nous revenons, même en plein après-midi, alors que la boutique est déserte, pour nous rafraîchir à l'ombre du brûlant soleil qui inonde la ville de sa chaleur. Nous ne manquons pas, grâce aux écrans présents, le dénouement d'une passionante série tv thaïlandaise, dont le suspense de l'intrigue amoureuse semble ne pas avoir d'égal ! Qu'Hitchcock remballe ses navets !

Mais à Phitsanulok, on y vient essentiellement pour son temple, en tout cas les bouddhistes ! Ayant échappé au dramatique incendie de 1960 qui a ravagé la ville, le Wat Phra Si Ratana Mahathat est donc le dernier témoin du passé de la cité. Datant du XVème siècle, l'édifice est immense et renferme en réalité plusieurs temples et cheddis. La plus grande partie du site est calme, propice à une déambulation lancinante, alternant contemplation de bouddhas, pause à l'ombre de grands stuppas et déchiffrage des fresques ornant l'intérieur des temples.

 

Le temple de Phitsanulok est un lieu de pélerinage important pour les Thaïlandais.

 

   

Les traditionelles offrandes de fleurs au Bouddha.

 

Puis nous arrivons au Phra Buddha Chinara. L'une des représentations du Bouddha les plus vénérées de Thaïlande car il symbolise une importante victoire de guerre du royaume de Sukhotaï sur les Khmers ! Pas très bouddhiste tout ça, mais le temple qui l'abrite ne désemplit pas. Les Thaïlandais viennent de tout le pays, et de nombreux moines effectuent également le petit pélerinage.

Phitsanulok, malgré son nom un peu barbare (!), charme le visiteur grâce à un savant cocktail de sourires, de vie urbaine paisible, et de quelques sites (marché, temple et rivière) où flâner devient un art de vivre.

 

Sur les conseils de Céline et Jérôme, et de leurs 3 têtes blondes, voyageurs familiaux autour du monde (lien : www.leglobedes5.fr ) rencontrés au Laos, nous posons ensuite nos petites affaires à Phayao, capitale de la province du même nom, proche de Chiang Raï.

 

Vue du Lac de Phayao.

 

La première impression, qui ne sera jamais démentie, est celle d'un retour au Laos. Le calme extrême de cette cité, vaguement troublé le matin, de ci de là, par un camion de livraison ou un petit marché qui voit s'installer ses commerçants, ou le soir, par un cours de danse en plein air, en fait une étape plus reposante que les campagnes du sud-est asiatique où le silence est régulièrement percé par les aboiements stridents d'une meute de chiens ou le chant matinal beaucoup trop précoce d'une colonie de coqs ! Ici, le silence est roi, et il s'écoute avec attention le long de la rive du lac... phayao.

Cadre agréable pour une promenade diurne, nous contemplons le long de la rive de ce lac quelques scènes de la vie quotidienne : un pique-nique d'amoureux, un pêcheur au travail sur sa petite barque, quelques restaurateurs qui ouvrent leur gargotte. Les symboles bouddhistes sont omniprésents en ces lieux propices au recueillement et à la méditation à l'ombre d'un bananier : un bouddha sauvé des eaux et exposé sur une plateforme au milieu du lac, une sculpture de naga s'échappant des profondeurs, et rappelant sa présence à chacun afin de prévenir une éventuelle mauvaise action !

 

 

2 nagas s'échappant du lac et rappelant à tous leur présence...

 

C'est alors que des étudiantes Thaïlandaises nous abordent, sans doute curieuses de l'origine de ces farangs loin des spots touristiques. Comme à chaque fois, le visage s'illumine, les yeux pétillent, à l'évocation de la France. Quand on leur confie que nous habitions Paris, l'extase est proche ! En Asie, il y a encore de la magie qui envahit l'imaginaire des gens quand on leur avoue nos origines ! On ne leur parlera pas de l'existence du "syndrôme japonais" afin de ne pas gâcher cet instant de fierté nationale !  

Le soir venu, les lieux deviennent romantiques, le ciel se parant de divines couleurs, les reflets crépusculaires se mélangeant aux lanternes lâchées vers les astres, symboles de chance et de bonheur... Le tout arrosé d'une bière Thaïlandaise bien fraîche !  

Que serait Phayao sans ses temples ? Véritable complexe à l'animation permanente, ou petit sanctuaire à l'écart de l'agitation, les wat de la ville sont nombreux et les découvrir peut relever du hasard. 

Le Wat Sri Khom Kham est grand, tellement grand que des représentations du paradis et de l'enfer, à taille humaine, dans de petits jardins, nous laissent pantois ! Comment justifier, par exemple, la présence de ce dinosaure, à l'entrée du "jardin" des damnés ? Comment interpréter ces impressionantes représentations de ces anges de l'enfer, au physique à mi-chemin entre E.T et les avatars de James Cameron ? Troublant ! Tout comme cette cérémonie, musicale et joyeuse, qui s'avère être un enterrement ! Mais après tout, dans les textes bouddhiques, la mort n'est pas une fin, mais un recommencement, loin du jardin des damnés si le défunt a produit toute sa vie de bonnes actions.

 

Procession pour un enterrement, mais ici tout le monde rit, chante et nous fait "coucou" !

 

Juste en face le Wat Sri Khom Kham, de l'autre côté de la grande route, se dresse un immense escalier de pierre, au milieu de la végétation, et gardé par 2 longs nagas s'étalant comme de véritables rampes tout le long des marches. Nous commençons l'ascencion. Il fait chaud, et c'est haut ! Mais en arrivant, nous découvrons un petit sanctuaire au milieu des pins, gardé par un vieux moine assis en tailleur, et que nous tirons bien involontairement de sa méditation. Très gentiment, il nous salue et nous remercie pour notre présence. Ici, pas d'enfer, pas de gai enterrement, juste un grand stuppa doré censé renfermer de vieilles reliques de hautes personnalités du bouddhisme de la région. Un grand auvent abrite un buddha et ses gardiens. Le silence est presque déstabilisant. Nous nous asseyons, apprécions les lieux un moment, puis sortons en remerciant notre vieux moine, le laissant dans sa quête de l'Eveil.

 

Après une rude montée, ce temple de Phayao récompense tous nos efforts.

 

Nous regagnons les rives du lac, sous l'intense chaleur de la Thaïlande, conscients que nos 2 mois dans le pays s'achèvent, nos 5 mois en Asie du Sud-Est également.

 

Nous continuons vers le nord, et bouclons la boucle Thaïlandaise. Chiang Raï fut notre première étape il y a 2 mois, elle sera aussi notre dernière.

Le plaisir n'est pas moins fort quand il ne s'agit pas de découvertes, mais de retrouvailles. Nous avions bien aimé cette ville, son ambiance. A la fois relaxante et dynamique. Elle semble de taille parfaite. Nous goûtons une dernière fois aux saveurs culinaires de la Thaïlande sur la grande place du marché de nuit, nous nous perdons dans la périphérie où les sourires des gens, une fois de plus, illuminent leur visage et égayent notre journée, nous rattrapons des oublis de notre précédent séjour, comme la visite de l'incontournable white temple, à l'architecture extérieure extravagante, et aux fresques intérieures... déroutantes, où superman croise la route de batman, et où les attentats du 11 septembre semblent avoir été commis par un démon tout droit sorti des livres bouddhiques, le tout dans un style moderne et très coloré !

 

Comme si nous n'étions pas assez chargé, et comme si nous prenions l'avion le lendemain pour rentrer au pays, nous faisons l'acquisition de quelques souvenirs de taille respectable, notamment un bouddha en bois ! Peu favorable à l'idée de les trimballer pendant 1 mois et demi dans divers transports asisatiques, je me résouds finalement à l'indispensable achat face à l'enthousiasme immodérée de Lucy qui pense déjà comment agencer ces discrètes figures bouddhiques dans un futur salon !

 

Et voici le temple le plus original de Thaïlande, entièrement blanc et aux fresques ultra-modernes !

Une fin en beauté, car désormais, les temples, CA SUFFIT !!

 

10 février : alors que des pétards ont explosé toute la nuit (les restes jonchent le sol des rues de la ville qui semble s'être parée de rouge) afin de célébrer le nouvel an chinois et le passage à l'année du serpent, nous nous réveillons avec de petits yeux, réalisant que nous sommes arrivés à l'avant dernier jour de notre visa Thaïlandais. Nous sautons dans un bus en direction de Chiang Khong, ville frontalière du Laos. Une nouvelle traversée du Mékong en barque (voir l'article : http://jusquauboutdelasie.uniterre.com/234250/Laos++Tha%C3%AFlande%2C+d%26%23039%3Bun+monde+%C3%A0+l%26%23039%3Bautre.html) et quelques formalités plus tard, nous revoilà, pour quelques jours, au "pays du million d'éléphants".

 

 

Ci-dessus et ci-dessous, offrandes aux esprits pour le nouvel an chinois, Chiang Rai.

 

 

 



Commentaires
(3) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent
Publié à 04:08, le 11/02/2013 dans Thailande, Phitsanulok
Mots clefs : phayaophitsanulokkhon kaenurbanité thaïlandaisechiang raïwatnight market


Regard sur l'alimentation en terre Thaïlandaise

Du 14 décembre 2012 au 11 février 2013 / Thaïlande

 

Vente de piments sur le marché de Bangkok.

 

En arrivant en Thaïlande, nous avons retrouvé la modernité, et avec la modernité, la malbouffe ! Et oui, les grandes chaînes de fast-food ont ouvert des restaurants aux 4 coins du pays. Mais après le Laos, ce qui nous a le plus surpris, ce sont les plats bon marché qui, même dans les petites gargottes, sont souvent gras et cuisinés avec des produits industriels. Fini le "poulet bicyclette", place au poulet aux hormones. Finie la saucisse au combava fumée maison, place aux saucisses chinoises sucrées. Finis les petits repas équilibrés à emporter avec du riz gluant et de la viande grillée, place aux fritures en tout genre. Or l'huile n'est pas toujours de première qualité ni de première fraîcheur, loin de là !

 

Ronald sait s'adpter à toutes les cultures ; ici, il effectue le salut thaïlandais...!

 

A côté des hamburgers (que l'on a su apprécier par moment, dire le contraire serait mentir !), il y a tout de même une gastronomie Thaïlandaise qui mérite le détour, bien sûr. Et, comme chez nous, on peut trouver du très bon à petit prix, il suffit de savoir le dénicher.

Si cette quête se fait souvent au hasard de nos déambulations, il existe un endroit typique dans presque toutes les villes Thaïlandaises où l'on peut à coup sûr manger de tout à petit prix : le Night Bazaar, ou marché de nuit ! Autant fréquenté par les "farangs" que par les thaïs, le marché de nuit regorge de vêtements et babioles en tout genre. Mais en général, au moins la moitié de l'espace est consacré aux stands de nourriture. L'occasion de picorer à droite à gauche, et de goûter les spécialités régionales.

Côté généralités, on peut dire que la cuisine Thaïlandaise est variée et très épicée. Proche de la cuisine Laotienne au nord (soupe Pho, herbes aromatiques, riz gluant, laap, salade de papaye verte) et Malaise au Sud (Curry rouge ou vert, plats végétariens, poisson en sauce et influences orientales), elle regorge de saveurs, d'odeurs et de mille épices. Se ballader dans les marchés locaux est d'ailleurs toujours un plaisir.

 

  

Fruits en gelée / Poisson séché.

 

  

Gingembre / Beignets de poisson et combava.

 

 

Beignets aux poulet et aux cives /  Marché de nuit dans le nord de la Thaïlande

 

Le plat emblématique, présent sur toutes les cartes et dans tous les marchés, sont les Pad Thaï. Ce sont des nouilles revenues avec des légumes, une viande, du tofu, et quelques herbes qui lui donnent son goût très particulier, le tout recouvert d'un oeuf cuit en omelette. Ce peut être succulent comme foncièrement écoeurant selon qui est derrière les fourneaux. De bonnes Pad Thaï comme celles qui suivent sur la photo vous feront passer un moment merveilleux :

 

Pad Thaï accompagnées de citron vert et de pousses de soja fraîches. 

 

Autre spécialité largement répandue dans l'ensemble du pays : le TOM YUM. C'est une soupe de curry, parfumée de coriandre, de fumet de poisson et de citronnelle, généralement aux crevettes. C'est léger et goutu, souvent très épicé. Nous avons d'ailleurs su appprécier toutes sortes de soupes, car c'est un repas plus léger, donc plus agréable, lorsqu'il fait très chaud, que les pâtes ou le riz, de même que les crudités, qui ne nous auront pas rendues malades ! La Thaïlande semble ainsi avoir des standards d'hygiène plus élevés que ses voisins.

 

 

Le TOM YUM

 

Voici également un petit aperçu en images de cette diversité culinaire, avec quelques-uns des plats que nous avons souvent croisé :

 

Crevettes aux légumes et à la sauce aigre-douce.

 

Poulet aux oignons et noix de cajou (un délice, parmi nos préférés !)

 

  

Le "HOT POT" est un bouillon servi dans un pot en terre et maintenu au chaud par des braises en dessous.

On fait cuire soi-même les légumes et la viande dedans, c'est bon et léger !

 

Par ailleurs, même si j'ai la critique facile (ne dit-on pas "critique gastronomique"?), j'ai su apprécier certaines spécialités particulièrement huileuses. C'est le cas notamment de la crêpe thaïlandaise, ou "thaï pancake" pour les touristes ;) A partir d'un petit tas de pâte huileux (sic !), le confectionneur effectue des mouvements dans l'air comme on le ferait avec une pâte à pizza pour l'étaler et lui donner une forme ronde. Ensuite, il la garnit avec de la banane tranchée et de l'oeuf battu avant de la faire frire (re-sic !). Enfin il l'enduit de lait concentré sucré ! Voilà, vous êtes prêts à prendre des kilos rien qu'en la regardant ;) Mais c'est drôlement bon, surtout dans un pays ou il n'y a presque pas de desserts !

Grâce à Aude, voici le récit en image :

 

   

 

  

  

 

Enfin, je terminerai par une autre excellente expérience culinaire, non pas thaïlandaise cette fois, mais française ! Et oui, pour mon anniversaire, Landry a eu la bonne idée de m'emmener au restaurant d'application "Vattel", école des métiers de l'hôtellerie. Nous l'avions testé à Paris et on avait déjà beaucoup apprécié. Mais là, après tout ce temps, vous n'imaginez même pas nos têtes ébahies pendant tout le repas ;) On a même bu du vin, le premier verre depuis 8 mois, et un pinot noir plus que correct en plus. MMMMMMMM!! Sans oublier un service aux petits soins et des prix tous petits...

Pour moi, ce fut saumon fumé maison, confit de canard et, cerise sur le gateau, un plateau de FROMAGE !! Pour Monsieur, Saumon également, puis tartare de boeuf et fondant au chocolat. 

Bref, un chouette cadeau d'anniversaire et une adresse super que l'on recommande à tous les voyageurs de passage à Bangkok, particulièrement si vous êtes des voyageurs au long cours !

 

 

  

 

Ambiance très Parisienne au restaurant d'application de l'école Vattel à Bangkok.

 

 



Commentaires
(5) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent
Publié à 12:43, le 10/02/2013 dans Thailande,
Mots clefs : cashew nutspimentsgraissesPad Thaïcuisine de thaïlandegastronomie Thaïlandaisenouillesspécialitéscurrybananes


Bangkok / dernières incursions, la quête du visa Chinois !

Du 25 janvier au 2 février 2013 / Bangkok / Capitale de la Thaïlande

 

C'est inéluctable. Si l'obtention de notre visa Chinois s'apparente à une véritable quête à l'issue plus qu'incertaine, les choix de destinations alternatives qui s'offrent à nous en cas de retour au bercail par voie terrestre ne sont pas légions. Ils sont même inexistants ! Par conséquent, et malgré l'agitation permanente de nos cellules grises qui ne peuvent s'empêcher de penser à des solutions de secours, nous tentons de concentrer toutes nos actions sur notre seul objectif : l'obtention de ce foutu visa.

 

Petit retour en arrière pour ceux qui n'auraient pas suivi les épisodes précédents mettant en scène cette fameuse quête :

A Paris, puis à Hong Kong, nous avons dû passer par des agences spécialisées pour obtenir le visa Chinois, car, à l'ambassade, il nous manque à chaque fois un précieux document : un billet d'avion aller-retour. Moyennant une somme conséquente, ces agences se débrouillent pour booker des billets le temps de l'obtention du visa, et s'occupent de toutes les autres formalités. Onéreux, mais bien pratique, nous pensons pouvoir obtenir ce service à Bangkok. Pleins d'espoir, nous partons, la semaine dernière, consulter les équivalents Thaïlandais de ces agences Parisiennes et Hong-Kongaises : "c'est terminé, on ne travaille plus avec l'ambassade de Chine ! C'est à vous de vous débrouiller".

 

Après avoir parcourus de nombreux blogs de voyageurs, les difficultés sont récurrentes pour ceux qui ne possèdent pas de billets d'avion. D'autres, devant la longue liste de documents à fournir, renoncent carrément. 

Nous sommes dimanche, et avons donc la journée pour réunir l'ensemble des pièces du dossier, afin de nous pointer, sereins, à l'ambassade, lundi matin !

Une fois de plus, nous nous retrouvons dans ce ghetto à touristes que nous apprécions décidément de moins en moins : Khao San Road, siège de toutes les agences de voyage sans vergogne ! Nous savons déjà qu'elles ne pourront pas nous obtenir le visa. Mais une idée a germé : peut être peuvent-elles juste nous obtenir une réservation de billets d'avion AR ? De notre côté, toutes nos tentatives d'achat se sont révélées de pitoyables échecs ! En effet, en souscrivant une assurance annulation lorsqu'on achète un billet d'avion, il est précisé que nous devons être en mesure de justifier l'éventuelle annulation future (par exemple avec un certificat médical) pour espérer être remboursés ! 

Après quelques heures de déambulation dans diverses agences, 2 d'entre elles acceptent la petite combine, non sans réticence ! Nous optons, cela va de soi (!), pour la moins chère. Quelques minutes plus tard, nous voilà en possession de nos réservations de billets d'avion. Si la plupart des agences nous refusent le service, c'est parce que leur logiciel peut effectuer des réservations valables uniquement 3 jours. Or, l'ambassade délivre ses visas en 4 jours ! Cette dernière contrôle, en appelant les compagnies aériennes, que les réservations sont toujours valables le 4ème jour ! Notre agence peut, quant à elle, faire des réservations sur 15 jours ! Quels criminels nous faisons pour cet accueillant régime ! 

 

Le reste de l'après-midi est consacré aux autre pièces du dossier. Prenez donc une bonne inspiration, et c'est parti :

- 1 photo d'identité : ok, ça c'est normal !

- passeport + photocopie de la première page : on a déjà dû voir ça.

- photocopie du visa thaïlandais en cours : bon, ok.

- photocopie du dernier visa chinois (s'il y a lieu) : bon, ok (bis!). 

- Attestation d'assurance internationale et rapatriement : ok ! 

- réservation d'hôtel : je m'empresse de réserver 3 nuits dans l'auberge la moins chère de Kunming sur hostelworld.com. 10% de la note à payer en ligne, soit 4$. Confirmation de la réservation à imprimer au cyber-café du coin !

- photocopie des comptes bancaires : pour éviter que l'on fasse la manche dans le métro de Pékin, ils préfèrent sans doute vérifier la disponibilité des fonds. Mais ok ! A imprimer au cyber-café du coin ! 

- lettre de votre employeur : on ne sait pas vraiment ce qu'est censé dire la lettre, mais on comprend vaguement que ça correspond à une attestation. Nous nous empressons d'imprimer (toujours au cyber-café du coin !) les seuls documents que nous avons dans nos boîtes mails : l'arrêté confirmant la prolongation de sa disponibilité en ce qui concerne Lucy, une fiche de salaire du mois de décembre en ce qui me concerne (et oui, je les reçois par mail, c'est beau le progrès !).

- itinéraire envisagé : fabrication à la hâte d'un itinéraire tout à fait bidon sur papier libre. 

- plus, bien entendu, nos précieuses réservations de billets d'avion.

- et enfin, notre rein droit en caution ! Evidemment, on déconne ! Il faut donner le gauche !!  

Vu la teneur de notre dossier, la sérénité qui nous gagne au moment de nous rendre à l'ambassade est toute relative : fausse réservation de billets d'avion, lettres d'employeur qui ne sont pas des lettres, réservation d'hôtel à minima, sans confirmation de l'hôtel lui-même. Mais bon, carpe diem, on verra bien sur place !

 

Une fois arrivés, la première étape est de remplir la tonne et demi de paperasses. Pas de questions tout à fait ridicules, genre "êtes-vous un terroriste international recherché par tous les services de renseignement de la planète ?". En revanche, l'administration Chinoise doit être en mesure d'écrire notre biographie respective, en 9 volumes, au vu du nombre de renseignements demandés. Nous devons détailler nos pérégrinations des 12 derniers mois à l'étranger, détailler les raisons de nos précédents séjours en Chine, nos antécedents médicaux, nos liens de parenté principaux et les coordonnées des personnes concernés... Pardon papa, pardon maman ! Vous êtes fichés ! Pour un peu, dans l'emballement, je leur donnais mes groupes de jazz-fusion préférés !!

Après avoir mis tous nos papiers dans le bon ordre afin de présenter un dossier clair et ordonné à la gentille jeune fille du guichet (qui s'avèrera d'ailleurs beaucoup plus aimable que celle de Hong Kong qui était une vraie peau de vache), nous nous mettons au bout de la queue. Le spectacle peut commencer ! 90% des occidentaux se font refouler lors de leur premier passage : sans doute une photocopie pas très droite ! Un Français nous confiera qu'il a été obligé d'aller imprimer un autre relevé de comptes car celui en sa possession était issue d'ING, la préposée au guichet considérant cette entreprise comme une assurance, et non une banque ! 

Le stress monte, notre tour approche... Ohlalalalalalala....

"Bonjour madame... Que vous êtes belle... Votre ramage et patati et blablabla" 

"Papers please" 

" Ah yes, here they are"

Vous vous rappelez cette impression de stress incontrôlable, démesurée, quand un de vos profs corrigeaient vos copies sous vos yeux, jugeant sans détour votre travail, qui vous apparaissait tout d'un coup comme étant le plus nul de votre vie, alors que vous en étiez très très fiers après l'avoir rédigé ? Ben, c'est pareil ! Nous tentons tant que bien que mal de cacher notre panique pendant que la demoiselle examine à la loupe l'ensemble des documents.

Immanquablement, nous n'obtiendrons pas le 20/20 du premier coup ! La dame bloque sur nos attestations employeurs. Elle n'y comprend rien. Alors, on a beau lui expliquer :"this is the name of my company, this is my reference number, this is the date of my entry in the company..." Bref, elle ne comprend toujours rien. "ok, traduisez tous les termes en Anglais avec un stylo". 10 mn plus tard, on se remet dans la queue, traduction faite. 30 mn plus tard, c'est de nouveau à nous.

 

"Ok, we have translated every word, is it ok?"

Très très long moment de solitude... qui s'éternise... qui semble sans fin...

Notre jeune employée a les yeux rivés sur notre dossier, semblant examiner d'autres pièces.

 

Puis, elle referme le tout, nous transmet un petit papier rose et déclame : "ok, come back on thursday". 

 

"Give me five darling, c'est gagné!!!" Euphorique et soulagée, Lucy l'est ! Elle va enfin pouvoir se libérer l'esprit de ce poids que représentait l'unique solution du retour en avion. Euphorique et soulagé, je le suis aussi, puisque Lucy l'est !

 

 

ça fume à l'heure du repas, autour des échoppes de rue de Thewet, notre quartier Bangkokais

 

 

Nous élaborons donc, pour de bon, notre trajet de retour : nous allons remonter la Thaïlande, avec divers arrêts que nous n'arrêtons pas encore, puis nous passerons en Chine, soit via le Mékong qui marque, à cet endroit, la frontière entre le Myanmar et le Laos, soit par le nord du Laos. La Chine de l'ouest, nous en rêvions après notre premier séjour au sein de l'empire du milieu, nous allons la voir, et en hiver qui plus est ! Dépaysement garanti, avec 2 arrêts prévus à Chengdu, puis Urumqui. De là, et après avoir fait le visa, direction le Kazakhstan ! Puis l'Ukraine, via la Russie, puis la maison !! Arrivée programmée fin mars, après 10 mois sur les routes ! 

 

 

Lulu dans une rue de Bangkok, peu avant de prendre la route du retour

 

Quelques jours nous sont offerts afin de profiter de nos derniers instants à Bangkok. Envoi de colis par la poste, repas pris dans nos gargottes préférés sur le trottoir, clasico anglais (manchester/liverpool pour les connaisseurs !) visionné depuis la terrasse d'un bar de quartier, innombrables espressos avalés dans divers cafés squattés par des étudiants du coin. Et bien sûr, nous célébrons le 28ème anniversaire de Lulu... chez Vattel !! La vie est douce à Bangkok, malgré le bruit et la pollution.

 

 

Un 28ème anniversaire célébré autour d'un repas bien Français !
 

 

Jeudi matin : nous récupérons nos passeports, payons nos visas, et les auscultons avec attention. Surprise ! Nous n'avons pas des visas de 30 jours, comme délivrés habituellement, mais de 17 jours, soit exactement l'intervalle de temps entre notre "faux" billet aller et notre "faux" billet retour. Décidément, cette grande Chine semble bien plus attentive aux étrangers qu'elle accueille qu'aux pays étrangers qu'elle "visite" ! 

 

 



Commentaires
(10) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent
Publié à 08:51, le 5/02/2013 dans Thailande, Bangkok
Mots clefs : thaïlandebangkokobtention du visa chinois


Koh Lipe, notre bout d'Asie.

Du 18 au 24 janvier 2012 / Koh Lipe / Parc maritime de Koh Tarutao / Extrême sud de la Thaïlande

 

Vue de la plage de Sunrise, Koh Lipe.

 

Bien sûr il y a la Malaisie, il y a Singapour, et même l'Indonésie au sud. Il y a aussi la Corée, le Japon et les Philipinnes à l'est. Mais malgré ce découpage frontalier et géographique rendant presque infinies les possibilités d'atteindre le bout de l'asie, tel que nous l'avons décrété, les îles du parc maritime de Koh Tarutao seront notre "bout d'asie" en direction du sud, comme Shanghaï le fut à l'est. Et après tout, y parvenir en train, ce n'est pas si mal, même si d'autres contrées auraient pû compléter le tableau.

 

Après une nouvelle nuit tranquille à arpenter les chemins de fer Thaïlandais, nous voilà à Hat Yaï, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière Malaise. Fidèles à leur habitude alarmiste de présenter le moindre recoin de la planète un peu moins sûr que les autres comme un véritable coupe-gorge, les guides touristiques décrivent Hat Yaï comme un endroit dangereux, où les voyageurs ne devraient pas s'attarder. La faute à quelques extrémistes musulmans qui sévissent dans le sud du pays, et où, en effet, il y a quelques années, des attentats ont eu lieu. Bon, ce n'est pas pour ça que plus personne ne prend le RER à Paris depuis 1995 !

 

Mais, en effet, Hat Yaï est dangereux... pour nos nerfs !

L'objectif à notre arrivée à la gare est de trouver un bus qui nous mène à Pakbara, d'où partent les ferrys pour les îles. La ville est peu fréquentée par les touristes. Elle n'est qu'un carrefour ferroviaire et routier entre la Malaisie et le reste du pays. Malgré cela, de nombreux tuk-tuk et agences de minibus tentent leur chance. Il y a peu de clients, ce qui décuple sans doute leur agressivité, commerciale comme relationnelle. Résultat : prix exorbitants et attitude hautaine complètent le tableau d'une organisation quasi-mafieuse où tout le monde est de mèche, et où l'information recherchée est impossible à débusquer. Oui mais, encore une fois, on ne nous la fait pas ! (voir article krabi/koh lanta). Nous sommes têtus. Et ne nous laisserons pas arnaquer. A force d'arpenter le pavé, un tuk-tuk s'arrête pour nous demander notre destination : "Bus station, the one with the buses to Pakbara". "Yes, I'm going." "How much?" "10 baths". Ben voilà ! Entre 8 et 15 fois moins que ce nous demandent ses collègues.

Les passagers montent et descendent tout le long du parcours. Ce tuk-tuk est en fait public et ne tente pas sa chance en proposant des prix démesurés aux touristes, mais transporte simplement des passagers, une sorte de bus urbain Bangkokais ! 

Nous parvenons enfin à la gare routière et allons directement au guichet. "Bus to Pakbara ? Not here ! Bus station number 2 !" Parfait ! Qu'à cela tienne, nous débusquons un autre tuk-tuk public, qui nous y emmène.

 

Transport de marchandises sur un "bâteau-maison" de "sea-gipsy".

 

En début d'après-midi, nous voilà enfin à Pakbara. Nous embarquons immédiatement pour Koh Lipe, première des îles du parc maritime où nous souhaitons séjourner. Nous ne savons pas grand chose de Koh Lipe, si ce n'est qu'elle est propice à la plongée, et que c'est la plus petite île du coin. A bord, un Français habitué des lieux nous confie que c'est le paradis sur terre. Puis, un Ranger du parc avec qui nous sympathisons nous exprime son dégoût pour cette île, qu'il juge équivalente à Ko Phi Phi : il n'y a que des occidentaux qui boivent et font la fête. "You should go to Koh Adang or Tarutao".

Le soleil se couche. Koh Lipe est en vue. Nous débarquons sur la plage principale. Beaucoup de monde la squatte, bières à la main, se relaxant sur le sable blanc et poudreux. L'ambiance est plutôt calme et bon enfant malgré la forte fréquentation.

Il fait déjà nuit quand nous pénétrons à l'intérieur de l'île pour y débusquer un logement.  Les possibilités ne manquent pas, que ce soit sur les différentes plages ou à l'intérieur des terres. L'île est petite, on en fait vite le tour, et on se rend également vite compte qu'elle est très onéreuse.

 

Maison au centre de la petite île de Koh Lipe, dont on fait le tour à pied en moins d'une heure.

 

21h30. Nous avons enfin trouvé un bungalow abordable. A tout hasard, Lucy vérifie le matelas. Enfer et damnation !! Il est infesté de punaises de lit. "Hors de question de dormir là-dedans" me dit-elle. Je m'y résous, et repartons dans la nuit, à la pêche au toit, malgré 500 baths déjà payés. 

Nous marchons, avec nos gros sacs sur le dos, à la lumière de notre frontale. Les expressions sur les visages des gens que nous croisons trahissent leur pensée :"bienvenue les galériens". Au pire, une nuit à la belle étoile sur la plage nous attend. Il y a sans doute de bien plus rudes galères en ce bas monde !

Tout à coup, une lumière nous parvient, ainsi que quelques voix. Nous stoppons et apercevons un petit terrain d'où s'échappe une grande maisons sur pilotis. "Art gallery, charcoal bar, room for rent" indique le panneau à l'entrée. Attablés dans le jardin, 6 ou 7 personnes nous voient arriver. "You're homeless ?" ! Oui, on peut le dire ! Il y a une tente de libre, nous la louons et pouvons enfin nous poser.

Nous nous joignons au groupe. L'endroit est tenu par Gee, le propriétaire Thaïlandais. Artiste peintre, sa spécialité est la peinture sur batik. La grande maison sur pilotis est donc son atelier/galerie, en haut de laquelle il loue 3 petites chambres. Il possède également un petit terrain, où 3 tentes sont à louer, et un petit bar est installé. Les locataires viennent d'un peu partout : Mess d'Angleterre, Bibi de Pologne, Steve du Pays de Galles, Melissa du Canada. Gee est généreusement aidé dans sa petite entreprise par Paulina et Pablo, jeune couple russo-argentin.

 

Soirée avec la petite famille de "Art Garden".

 

   

Ici, le manque de confort a son charme : salle de bain en quasi plein air, et notre petite tente ! 

 

Koh Lipe a atteint un stade de développement permettant à tout le monde de s'y rendre et de bénéficier d'un certain confort d'hébergement et de restauration, pour un peu qu'on y mette le prix. Ce n'est donc pas le paradis sauvage et inhabité comme peuvent l'être certaines îles voisines. Mais son éloignement en fait une terre qui se mérite. Il en résulte une ambiance particulière. Beaucoup de profils de visiteurs se croisent sur l'île : familles aventureuses, touristes aisés alliant dépaysement et confort, jeunes voyageurs posant leur sac ici plus longtemps que prévu, plongeurs blasés des spots trop fréquentés tels Ko Phi Phi et Ko Tao. Quant à la fête démesurée décrite par notre Ranger, elle se limite en fait à la dégustation des nombreuses bières Thaï sur fond de reggae dans l'un des nombreux bars rastas de l'île. 

 

 

Les eaux turquoises de l'île sont propices à la baignade, au farniente et à la rêverie artistique...

 

Nous profitons de cet environnement reposant et de ces plages superbes. Grandes ou petites, au sable farineux ou offrant des reliefs rocheux, jamais trop fréquentées, la mer qui vient les recouvrir est souvent d'un bleu azur. Elles ne peuvent qu'enchanter le visiteur ! Nous nous imprégnons également de l'ambiance très cool et accueillante de notre art gallery pendant une semaine. Désertée en journée, c'est l'occasion de s'accorder une sieste dans un hamac en appréciant le reggae folk qui s'échappe des enceintes de Gee pendant qu'il s'adonne à la création de batiks. En soirée, quelques locataires rappliquent. L'occasion de parler de tout et de rien, de la Thaïlande, de boulots que personne n'est pressé de retrouver, de nos différences culturelles malgré le trait occidental qui nous relie.

 

Sous les pilotis de sa maison Thaï, Gee a installé une petite galerie présentant ses créations.

   

L'ambiance est familiale ; pendant que Paulina est aux fourneaux, Pablo ramène victuailles et liquides, et bricole de ses mains habiles. Et si un coup de main peut être bienvenu, Paulina prend soin de ses hôtes en leur recommandant de ne pas trop en faire ! On note ce que l'on consomme sur des petits carnets, et on paye une note bien légère à la fin. C'est l'ambiance arty insufflée naturellement par Gee, homme tellement attachant, plus artiste que businessman ! Les locataires restent souvent plus longtemps que prévu, certains même plusieurs semaines. Ce petit paradis hippie nous plaît. Alors, comme les autres, nous prolongeons le séjour !

 

Une balade nous permet aussi de découvrir que l'île n'est pas dédiée exclusivement au tourisme. Ses habitants, les chao lay, sont surnommés les "gitans de la mer". Peuple de pêcheurs possédant sa propre langue, ils marquent fortement l'île de leur empreinte grâce à leur village proche de l'une des principales plages, à leurs déplacements incessants à scooters au sein de l'île, et à leurs embarcations amarrées sur les plages.

 

Maison de "sea Gipsy".

 

L'occasion nous est donnée dans cette petite île de nous lancer dans la pratique de nouvelles activités : la plongée sous-marine pour moi, la peinture sur batik pour Lucy.

La plage déserte de l'île de Koh Adang où nous débarquons nous offre un cadre inoubliable. Pas un touriste en vue sous les cocotiers, une eau  turquoise sous un soleil resplendissant. C'est ici que nous effectuons l'apprentissage des premiers gestes simples : vidage de masque, manipulation de l'embout de secours... Mélanie, notre instructrice Sud Africaine, est pédagogue et l'envie d'en voir plus, sous l'eau, se fait pressante. Loin des standards restrictifs et sécuritaires des clubs de plongée Français (qui n'ont sans doute pas tort !), j'effectue mes débuts en effectuant 2 incursions dans la journée. La première est l'application des gestes appris un peu plus tôt sur la plage à une profondeur modérée. La seconde, en revanche, nous permet de descendre jusqu'à 20 mètres. Le spectacle est hallucinant dans ces fonds colorés aux nombreux poissons tropicaux : Murenne, poissons clowns, calamars, langoustes, énormes étoiles de mer bleue, poissons scorpion, et bien d'autres encore. Sous l'effet de l'excitation, j'ai l'impression de vider ma bouteille à une vitesse hallucinante. Lucy, rompue à cet exercice, a encore de la réserve. Pourtant, la plongée a duré 58 minutes, alors qu'il nous semble être sous l'eau depuis une petite demi heure !

 

La plage de Bela Beach, paradis du snorkelling.

 

Petit auto-potrait en snorkelling, car en plongée on avait oublié la Go Pro sur le bâteau... Les 2 fois !!

Et côté poisson, tout est flou, alors on a mis les grosses bêtes ;)

 

Au cours de la semaine, Lucy passe également une journée en compagnie de notre artiste local qui l'initie à la technique de la peinture sur Batik. Emerveillée par la découverte d'artisanats locaux lors de nombreuses étapes de notre voyage, elle a l'occasion de mettre en pratique cette passion naissante. Le résultat est probant ! Et son buddha a de fortes chances d'être punaisé sur l'un ou l'autre de nos futurs murs ! 

 

Explication de la technique par l'artiste en herbe : 

Tout d'abord, il faut tendre le tissu sur un cadre en bois, puis dessiner le motif que l'on souhaite réaliser au crayon de bois. Puis on applique de la cire chaude sur les contours pour éviter que les couleurs que l'on va ajouter par la suite ne se mélangent. C'est une étape importante et difficile, car il faut éviter le plus possible que la cire ne bave. Cela peut prendre jusqu'à 2 heures pour un petit batik. Puis on colore le tout avec des pigments de base "à l'eau". C'est en mélangeant directement ces pigments sur la toile avec des pinceaux que l'on obtient les teintes souhaitées, comme pour un tableau "classique". Si on veut une couleur plus claire, il suffit de mettre plus d'eau.

Lorsque le tissu est sec, on l'enduit d'un vernis destiné à fixer la couleur. 12h plus tard, on le rince et on le sèche à nouveau. Enfin, on le fait bouillir pour faire partir la cire. Si l'on souhaite faire des effets de couleurs, comme des marbrures, ce que l'on voit souvent sur les tentures en batiks, il faut étaler le travail sur plusieurs jours car cela demande plusieurs phases où on enduit de cire certaines parties du cadre, puis où l'on trempe dans la couleur, où l'on fait sécher etc.

Pour réaliser un batik avec Gee, vous pouvez passer le voir si vous êtes sur place, ou le contacter sur son profil facebook : Gee Douangjan. Il vend également ses créations à distance et très franchement, c'est le meilleur artiste de l'île !

 

Gee au travail. Première étape : il fixe le fond.

 

   

Et son élève Lulu au boulot. Une chouette journée. Après 8h de travail, voici le résultat ! 

 

Koh Lipe est une île qui appartient à un archipel éloigné. Contrairement à d'autres plus célèbres, elle ne s'impose pas dans les programmes des vacanciers. Malgré son développement avancé, elle offre des trésors recherchés par les visiteurs occidentaux qui fuient la grisaille, le froid et le stress grâce à son atmosphère et sa fréquentation modérée. Sublimée par l'inattendue "art gallery" qui nous a accueilli, notre petite incursion dans ces lieux paisibles aura stoppé notre quête de "La plage", mais restera gravée dans le marbre né de nos précédentes expériences insulaires, à l'image de Phu Quoc.

 

Coucher de soleil sur Sunset beach.

 



Commentaires
(4) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent
Publié à 08:08, le 1/02/2013 dans Thailande, Koh Lipe
Mots clefs : hat yaïparc maritime de koh tarutaokoh lipethaïlandeplongéebatik


Bangkok / secondes incursions

Du 7 au 17 janvier 2013 / Bangkok / Capitale de la Thaïlande

 

Sans doute était-elle perceptible, visible et palpable. Sans doute nous guettait-elle depuis un certain temps. Et sans doute souhaitait-elle nous terrasser. Cette fatigue, morale et physique, qui nous frappe de plein fouet à notre retour d'Ayutthaya, nous impose de ralentir la cadence.

Sylvie, la maman de Lucy, l'a bien compris. Elle nous offre, avant de nous quitter et de rejoindre sa Gironde froide et humide (!), une nuit d'hôtel luxueuse, au pied de la tour baiyoke, avec piscine superbe et petit-déj gargantuesque. La renaissance est en marche !

 

 

Ces dames se prélassent à l'ombre de la tour Baiyoke

 

 

La piscine de l'hôtel, royale quand elle est déserte !

 

Beaucoup de transports inconfortables depuis 7 mois, des points de chute parfois lugubres, parfois humides, parfois étouffants, parfois infestés de bestioles (parfois aussi très biens, on vous rassure !!), une vie de nomades sans repère qui se retrouvent confrontés au "homesick" redouté des voyageurs au long cours, et une incertitude grandissante sur notre périple de retour (cargo, train ?), auront eu raison de notre énergie et de notre volonté de continuer.

Peut-être même est-ce cette dernière raison la plus sérieusement à l'origine de notre lassitude ? Conscient de la nécessité qui est la nôtre de rentrer d'ici le printemps (ben ouais, les congés sabbatiques, c'est pas pour la vie !), nous sommes pourtant toujours incapables de dire comment nous allons nous y prendre. Perspective inexistante, impression de vide, d'absence de route ; le moteur est à sec, et même s'il pouvait nous faire avancer, nous ne saurions par où commencer.  

 

De mon côté, la simple idée de monter dans un train finit d'épuiser mes quelques ressources, me répugne littéralement, même pour rejoindre quelques destinations bien douces, comme certaines îles du sud. Du coup, je pratique un lobbying intense, bien maladroit, et voué à l'échec, auprès de Lucy, qui se posera quand même la question de prendre l'avion, avant de définitivement tirer un trait sur cette éventualité.

 

 

On s'affaire à la gare centrale de Bangkok que nous quittons... avant de la retrouver ?

De son côté, après 2 semaines euphoriques passées en compagnie d'amis et famille, Lucy ressent un profond vide difficile à combler au départ de ses proches. 7 mois que nous vivons 24/24 ensemble, à partager de fantastiques moments, mais aussi à nous soutenir mutuellement en cas de petits fléchissements de l'autre. Cette fois, tout le monde fléchit, plus personne ne soutient, et nous nous réfugions dans notre petit quartier Bangkokais, soucieux de nous créer un chez-nous, avec une routine que nous n'avons plus, des habitudes qui nous manquent, des sacs à laisser moisir dans un coin, et des regards à croiser quotidiennement.

 

 

 
Balades nocturnes dans des rues quasi-désertes

Puis les jours passent. Un froid terrible semble s'abattre sur l'Europe, tandis que nous nous baladons en tongue et en tee-shirt. Les titres des journaux français évoquent la dure (!) réalité d'un pays riche, où l'actualité ne change pas, et dont le traitement ne reflète toujours que la partie sombre (crise, chômage, intolérances diverses, peur de l'autre...). Je me surprends encore à lire certains commentaires d'internautes à la fin d'articles du monde. Ils sont teintés de pessimisme et de mécontentement : trop de ci et pas assez de ça, mais que fait l'Etat ? Ici, les sourires continuent de fleurir sur chaque visage et nous rappellent que si la misère semble en effet moins pénible au soleil, la volonté de vivre l'instant semble plus forte que celle d'attendre toujours autre chose de la vie. Alors pour nous, garçon, ce sera la même chose svp !

 

Nous retrouvons un bon sommeil, nous prenons du temps, et devenons de vrais Bangkokais. Fini les sites touristiques et les taxis, place à un quotidien de local, avec ses déplacements en bus urbain et repas pris dans des gargottes qui deviennent des QG, et dont les petits propriétaires commencent à nous faire la causette. Lucy se fait rafistoler quelques ratounes qui la font souffrir depuis notre départ. Nous filons faire le plein de souvenirs et petits cadeaux au grand marché de chatuchak. Nous déambulons dans notre quartier de Thewet. Puis nous passons quelques coups de fil à la famille. Et nous lisons de biens gentils petits mots de tas d'amis à qui nous semblons manquer. Enfin, cerise sur le gâteau, nous découvrons que notre blog est désigné "blog coup de coeur du mois de janvier" par la rédaction d'uniterre.

 

Alors cela suffit !! Le goût de l'aventure revient. Nous élaborons un trajet de retour. Plus au sud que notre périple de l'aller qui nous a vu passer par la Sibérie et la Mongolie. Mais le passage incontournable par voie terrestre est la chine, la faute à une junte militaire au Myanmar peu encline à laisser vadrouiller quelques étrangers au gré de leurs envies, et à des liaisons maritimes très chères ou simplement inexistantes (vers l'Inde par exemple). Nous partons donc à la pêche au visa chinois. Et là, c'est de pêche au gros dont on parle ! A Paris, puis à Hong Kong, nous avions dû passer par des agences afin d'obtenir le précieux sésame. Car, en plus d'une somme de documents tout à fait ridicules, détenir un passeport Français n'est pas franchement le meilleur moyen de mettre toutes les chances de son côté. En effet, des manifestations pro-Tibet sur les champs Elysées lors de la visite d'Hu Jintao en France, puis la réception du Dalaï Lama par le chef de l'Etat, sont des évènements qui n'ont que très moyennement plu au pouvoir central de Pékin. Nous nous rendons donc dans Khao San Road sans trop en avoir le choix afin de dégoter une agence qui souhaiterait bien nous rendre ce petit service fort onéreux. Partout, la même réponse : "we don't do that, you have to go to the embassy and do that by yourself". Ben oui ! Même s'il est légèrement obtus d'esprit, le pouvoir central Chinois n'est pas tout à fait idiot, et a percé à jour les petites combines des agences pour obtenir des visas à n'importe quel ressortissant de pays étrangers, notamment en ce qui concerne l'obtention de billets d'avion pour des gens qui n'en ont pas ! (on vous racontera les détails de notre quête dans un croustillant article à venir : "Bangkok / dernières incursions"!).

 

 

Khao San, pas trop notre tasse de thé, mais passage obligé pour le visa chinois ?

 

Le sort s'acharne. Sommes-nous bloqués ici ? Devons-nous nous résigner à passer par les voies maritimes ? Devons-nous acheter un billet d'avion dont nous ne nous servirons pas ? Ou allons-nous finalement prendre l'avion pour rentrer ? Questions pour l'instant sans réponse. Et comme la misère est moins pénible au soleil, surtout s'il y a aussi la mer, nous remettons cap au sud, mais tout au sud cette fois, vers les paisibles îles du parc maritime de Koh Tarutao. Là où nous attendent peut être nos réponses... 

 

 

 



Commentaires
(5) :: Ajouter un commentaire :: Lien permanent
Publié à 08:47, le 27/01/2013 dans Thailande, Bangkok
Mots clefs : fatigue de voyagevisa chinoisthailandebangkok


<- Page précédente :: Page suivante ->

Qui suis-je ?


Prendre le temps. Prendre le temps avec les gens, avec la vie, avec nous-même. Prendre le temps de découvrir des cultures, des langues, des coutumes. Prendre le temps d'apprendre des autres, d'apprendre à se débrouiller dans un environnement totalement inconnu, d'apprendre sur soi. Pour prendre ce temps, quel meilleur moyen que de se déplacer en train depuis Paris jusqu'au bout de l'Asie...

Mes albums

La carte des lieux visités



«  Octobre 2018  »
LunMarMerJeuVenSamDim
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031 

Derniers articles

Clap de fin !
Déambulations sibériennes
Kaléidoscope culinaire !
Train chinois, visa russe, et réjouissances Pékinoises.
Les environs de Chengdu
Le panda géant du Sichuan
Chengdu
Boten, mais qui es-tu, mais où sommes-nous ??
Louang Namtha : la der des ders en Asie du Sud-Est
Inventaire non exhaustif de la petite urbanité Thaïlandaise
Regard sur l'alimentation en terre Thaïlandaise
Bangkok / dernières incursions, la quête du visa Chinois !
Koh Lipe, notre bout d'Asie.
Bangkok / secondes incursions
Ayutthaya, des ruines dans la ville
Krabi / Koh Lanta, le manuel de survie face à "Peak Season" !
Bangkok / premières incursions
Laos / Thaïlande, d'un monde à l'autre
Et une bonne année !
JOYEUX NOEL !!
L'incroyable rencontre, texte et photo par Jade L.C
Manger ET boire !! Le Laos côté table !
Un moment sacré, et un sacré moment !
Luang Prabang, paisible cité royale
Une marseillaise en terre Lao
Anecdotes et rencontres, sur les routes du sud Laos
Pour le meilleur et pour le pire, petit survol de la gastronomie Cambodgienne
Au coeur de la civilisation khmère
L'art au service de la jeunesse
Battambang, de surprises en émerveillements
Phnom Penh, perle de l'Asie
La déforestation au Cambodge, un sujet explosif
Bob Morane
Good morning Camboooodia
Savoureuse cuisine Vietnamienne
L'île de Phu Quoc
La fabrication des vermicelles de riz
La vie dans l'eau
Un bon massage, une bonne action
Le coup de gueule qui n'engage que moi (Lucy) !
Saïgon
Sauts de puce dans le centre du Vietnam / part 3
Sauts de puce dans le centre du Vietnam / part 2
Sauts de puce dans le centre du Vietnam / part 1
Baie d'Halong, merveille de la nature
Hanoï
Etat de la route du Nord-Ouest du Vietnam SAPA - DIEN BIEN - HANOI
Au fait, que mange t-on dans le nord-ouest du Vietnam ?
La boucle du nord ouest : pour l'histoire
Au pays des hmong noirs et des dao rouges
Question de point de vue !
De shangri-la à sapa, descente vers les tropiques
Aux portes du Tibet
A la rencontre de l'autre Chine
Les batiks indigos du Yunnan
Et maintenant?
Hong-Kong
Shanghaï
La gastronomie chinoise : quand manger devient un art de vivre!
Xi'an et sa merveille : l'armée de terre cuite
Pingyao
Prendre le train en Chine au mois d'août : une aventure en soi !
Sur la muraille de Chine...seuls!!
Beijing, capitale de la Chine d'hier, d'aujourd'hui et de demain.
Le transmongolien, dernier tronçon de la mythique voie.
11 jours en terre hostile : à la découverte du Gobi
Nous ne sommes plus 2...!!
Arkhangaï / acte 2 : la mongolie dans sa plus pure authenticité
Petit point sur la gastronomie Mongole et la vie dans les yourtes.
Arkhangaï / acte 1
bluffante oulan-bator
D'un continent à un autre, frontière russo-mongole
Oulan-Oude
Sibérie, acte 2 : entre effort et réconfort
la gastronomie sibérienne
Sibérie, acte 1.
85 heures de train !
Critique gastronomique de Lulu et +++
Moscou : une mégapole entre 2 mondes.
Sur les rails.
Le temps d'un après midi automnal
Quand ton sac devient ta maison
L'interminable préparation



Newsletter

Saisissez votre adresse email