Jusqu'au bout de l'Asie...

Déambulations sibériennes

Du 16 au 22 mars 2013 / Transsibérien / Entre Beijing et Moscou

 

A l'ombre de l'hiver Sibérien

 

16 mars 2013 / 23h00 / gare ferroviaire principale de Beijing

Fait rarissime en Chine, nous montons à bord d'un train quasiment vide ! A tel point qu'on a failli le rater en nous trompant de porte d'embarquement (je sais, c'est une gare, pas un aéroport, mais c'est la Chine!) en suivant la foule vers une mauvaise voie ! A la fréquence d'un seul train par semaine, le rater eût été fort dommageable !

Mais nous montons bien à bord, accueillis par une provinitsa d'âge mûr, au sourire timide et à l'anglais similaire à notre russe : inexistant !

Nous prenons nos quartiers, agréablement surpris par l'aspect tout à fait récent de notre compartiment, davantage en tout cas que celui du transsibérien que nous avions emprunté il y a de cela 9 mois.

 

Lire "Moskva-Pekin" et comprendre "Moscou Beijing" !


Le train se met en route à l'heure prévue, et entame son long périple de 6 nuits et 6 jours, à travers la Mandchourie et la Sibérie. Nous sommes samedi soir, et n'arriverons à Moscou que le vendredi suivant. Nous avons du mal à trouver le sommeil malgré l'heure tardive. En effet, beaucoup d'excitation agite nos petites cellules grises : de l'excitation, d'abord, pour le fabuleux périple qui s'annonce ; de l'excitation, également, pour le retour prochain à la maison ; de l'excitation, enfin, car nous réalisons tout ce que nous aurons accompli lors de ces 10 derniers mois. Comme on ne sait pas trop si l'heure est au bilan du voyage ou aux perspectives d'une nouvelle vie, on va se contenter de savourer la fin de l'aventure, rendue plus douce par le rythme régulier du train prenant son temps, qu'un retour en avion nous ramenant brutalement aux réalités de notre quotidien.

 

Une rivière où la glace résiste encore un peu au dégel.

 

17 mars.

Depuis quelques heures, les paysages sont très enneigés et les cours d'eau gelés. Les champs à la tristesse hivernale laissent de temps en temps place à de grandes cités industrielles, d'où sortent de terre de gigantesques tours d'habitation pas très esthétiques. Un parfait exemple de l'urbanisation vitesse grand V de la Chine, où l'on construit sans trop se poser de questions, mais simplement parce qu'on a besoin urgemment de loger des travailleurs sur le point d'arriver sur de nouveaux chantiers, dans de nouvelles industries, au fond de nouvelles mines... Beaucoup de ces tours sont déjà sorties de terre, beaucoup sont en train, beaucoup sortiront encore. Pas de crise du BTP en Chine ! Autre illustration de cette frénétique activité de construction : les autoroutes suspendues. Peu importe la région, peu importe le relief, partout, de gigantesques poteaux de béton s'élancent vers le ciel et soutiennent une route perchée à 10 ou 15 mètres au dessus du sol. La Mandchourie ne fait pas exception, et cela fait déjà plusieurs heures que nous en longeons une, tout près de nous, qui ne semble jamais se terminer.

A Haerbin, le train marque son premier arrêt un peu long, d'environ une vingtaine de minutes. Nous prenons le temps de descendre nous dégourdir les jambes sur le quai. Quelques voyageurs Chinois montent dans notre wagon, ainsi qu'un jeune occidental en manches courtes ! Je le prends pour un militaire Russe, Lucy pour un touriste... Il ne fait pas encore très froid, aux alentours de 5 degrés. Notre provinitsa en profite pour jeter le charbon consumé par le samovar dans une grande poubelle située sur le quai, et qui se met immédiatement à cracher un sombre nuage de fumée.

 

  

 

18 mars.

Dans le transsibérien, les horaires d'arrivée et de départ de chaque gare sont indiqués sur des feuilles collées dans les wagons. Après lecture attentive du document, nous constatons que nous sommes censés arriver à la frontière à 3h30 du matin, puis quitter le poste Chinois à 7h00. Un doux espoir m'envahit : sans doute n'y a-t-il rien d'autre de prévu qu'un simple stationnement sur les voies entre 3h30 et 6h00, heure à laquelle les employés des frontières doivent commencer leur journée pour tamponner les passeports ? A 7h00, tamponnage terminé, on repart, direction le poste Russe ? En réalité, un peu plus de temps semble nécessaire pour tamponner des passeports puisque nous sommes bien réveillés à 3h30 du matin par la douce voix de notre provinitsa. Mais malgré l'heure anarchique, les fonctionnaires Chinois, emmitouflés dans leur uniforme bien chaud, se montrent forts sympathiques, et ne s'émeuvent en rien de nos têtes hirsutes ! Nous récupérons nos passeports tamponnés à 6h30, et repartons, comme prévu à 7h00, vers le poste Russe situé à quelques kilomètres.

Tout le monde ne s'appelle pas Gérard D., et l'entrée sur le territoire Russe, en ce qui nous concerne, est assez impressionante. Pas de difficultés administratives à l'horizon (ça change!), mais un défilé initerrompu d'employés des douanes, de maîtres-chien, et sans doute d'huiles haut gradées surveillant avec attention les procédures, auscultent sans ménagement les recoins les plus improbables du train, comme les faux-plafonds, les supports en bois des tringles à rideau, les dessous des radiateurs, et que sais-je ? Aucune odeur suspecte ne semble interpeller le sympathique animal reniflant nos bagages, pas même celle de nos chaussettes !!


Une fois cette petite danse douanière terminée, on nous fait descendre du train. Les techniciens vont amener les wagons dans un hangar pour changer l'écartement des boggies, dont la taille diffère entre les chemins de fer Chinois et Russes. A peine avons-nous posé le pied sur le quai que nous comprenons que nous avons changé de climat. Il est réellement Sibérien : -14 au thermomètre, le choc est rude. Pas question de traîner. Nous prenons juste le temps de traverser les voies pour rejoindre les rues de la petite ville frontalière afin de changer de l'argent et acheter quelques victuailles. Elle est bien calme en cette matinée glaciale. Quelques courageux viennent de-ci, de-là, effectuer quelques démarches bancaires, acheter quelques bricoles, ou boire quelques vodkas. Nous observons tout cela avec curiosité, en prenant garde de ne pas glisser sur le bitume rendu dangereux, car extrêmement glissant, par le gel. Un petit vent se lève, et la température devient glaciale. Nous filons nous mettre à l'abri dans le hall de la gare en attendant patiemment que les 3 heures nécessaires au changement des roues s'écoulent.

 

Pause rafraîchissante à la frontière sino-russe. Il fait -14° !

 

Ce poste frontière Sino-Russe semble implanté au milieu de nulle part, dans une zone particulièrement inhospitalière, malgré les rayons resplendissants du soleil qui tentent, en vain, de réchauffer l'atmosphère. A perte de vue s'étendent des champs gelés, sans doute mis en jachère pour l'hiver. De temps en temps, quelque part dans cette immensité sans fin, au milieu de rien, une cloture encercle... visiblement rien. A un autre endroit, un imposant bâtiment s'impose comme le centre administratif des lieux, mais d'où ne part ni n'arrive aucune route.


Une fois la chose faîte, nous remontons à bord. Tandis que je me dirige vers les toilettes situées au fond du couloir, un homme m'interppelle : « Bonjourrrr, je m'appelle Alexandrrrre » ; moi : « Oh ! Vous parlez Français !!?? » ; lui : « Petit peu », et m'invite à le suivre dans son compartiment. Il invite également le jeune homme que je prenais pour un militaire Russe, et qui est en réalité un touriste Autrichien. Petit, la quarantaine, bien portant, blond aux yeux bleus et rasé de près, Alexander communique avec une étonnante facilité, malgré ses 2 mots de Français et 3 d'Anglais. Très volubile, il me fait ainsi comprendre qu'il connait une chanson en Français, de l'époque de son enfance : « 1 kilomètre à pieds, ça use, ça use... ». Après un éclat de rire collectif, même si notre ami Autrichien ne comprend pas tout, il est temps de passer aux choses sérieuses : « Russian tradition » déclame Alexander. Il dégaine la vodka, le corned-beef réchauffé au micro-ondes dans le compartiment des provinitsas, et le pain. Je ramène ce que je peux trouver dans notre sachet à provision, en tentant de ne pas réveiller Lucy qui récupère de sa courte nuit. Un paquet de cacahuètes, du jus de pommes et divers grignotages. Très vite, la première bouteille de vodka est vide. Celle de jus de pomme est toujours pleine ! Face à cet alarmant manque de munitions, Alexander nous emmène au wagon-restaurant. Un quatrième personnage se joint à nous, Kiril, dont les explosions vodkaïques semblent plus modérées que celle d'Alexander.


A partir de ce moment-là, les heures ont dû s'écouler, en même temps que quelques bouteilles de vodka ont dû glisser dans nos gosiers...


19 mars.

Je vais prendre des nouvelles de mes compagnons de la veille. Comme moi, David, l'Autrichien, ne se souvient plus de grand chose, mais attaque déjà sa journée en tentant de suivre le rythme imposé par Alexander. Il me confie que ce dernier en est à sa 6ème bière depuis le réveil. Il est 10h00 du matin. « Russian tradition » !

On s'aperçoit également qu'Alexander a réglé quasiment l'intégralité de la note : il nous a offert un repas, et a également payé 4 bouteilles de vodka. Il refuse catégoriquement qu'on lui rembourse le moindre kopek. « Russian tradition ».

 

Au passage d'un village Sibérien

 

A la mi-journée, notre train s'arrête à Oulan-Oude où il ne fait pas trop froid, vers -5. Tandis que mon corps se remet péniblement des excès de la veille, nous commençons à longer le lac baïkal. Difficile d'exprimer les émotions ressenties à ce moment-là. D'abord, de l'admiration pour ce divin paysage hivernal, où le lac, immense et complètement recouvert de glace et de neige, est encastré au milieu de petites collines blanches, et sur les rives duquel, parfois, quelques petites maisons en bois et colorées, fleurissent au sein d'un village Sibérien. La neige recouvre tout, les habitants sont emmitouflés dans leurs vêtements chauds, en même temps que le soleil continue à briller de mille feux. Spectateurs attentifs et admiratifs au sein de notre douillet compartiment, nous n'oublions pas de profiter de chaque arrêt en gare pour descendre sur le quai afin de s'imprégner de cette glaciale atmosphère Sibérienne. Du souvenir également, pour nos premières aventures asiatiques il y a 10 mois, et en particulier pour ce trek de 4 jours effectué autour du lac, en autonomie, et qui reste un moment fort de notre voyage. Lorsque le train s'arrête quelques instants dans la gare de Slioudianka, celle là-même qui marqua, l'été dernier, la fin de notre marche, et la reprise de notre périple ferroviaire en direction d'Oulan-Oude, le souvenir se fait plus fort, plus intense et nous rappelle à quel point ce fut dur !

 

Le lac Baïkal ressemble à une mer de glace.

 

En fin de journée, c'est à Irkoutsk que nous arrivons. Nous aidons nos voisins de compartiment, une adorable babouchka et son mari Chinois, à descendre leur impressionnante quantité de bagages sur le quai. David aussi nous quitte. Les adieux sont chaleureux, émouvants, après ces quelques jours faits d'échanges et de partage passés en toute intimité. Alexander, lui, est totalement ivre, ce qui désespère notre dame, qui ne renonce pas, malgré tout, à lui faire la leçon.

Tandis que nous restons quelques instants sur le quai avant que le train ne reparte, Alexander remonte dans son compartiment, afin, sans doute, d'attaquer un long processus de récupération !

Irkoutsk, également, réveille des souvenirs. L'été dernier, il y faisait chaud. Nous y vivions nos premières émotions de voyageurs, et y faisions nos premières rencontres : JB, le bloggeur d'uniterre, John, l'homme de châteauneuf-de-Gadagne, parti, à l'époque, pour un périple en solitaire et à vélo, à travers la Mongolie, 2 ambulanciers australiens au Liverpool, l'un des pubs de la ville... Aujourd'hui, nous y faisons juste un court arrêt en gare, dans l'autre sens, celui du retour. La boucle est bouclée. Il fait -12, le quai de la gare est désert, le train va bientôt repartir. Lucy demande à notre provinitsa si on peut la prendre en photo : « Niet » ! Décidément, ces Russes !

 

Notre train à quai, gardé par les provinitsas.

 

20 mars.

La nuit fut tout à fait tranquille, douce, et infiniment reposante. Au petit matin, Alexander a repris ses esprits, et s'apprête à descendre à Krasnoïarsk. L'homme est transformé, frais comme un gardon, et s'excuse auprès de Lucy pour les excès dont il se sent la cause ! Nous tentons de le rassurer. « No no no, aucune raison de t'excuser, et merci pour ta générosité ! » « Russian tradition » !

Le train se vide de ses voyageurs. Nous ne sommes plus que 4 ou 5 dans le wagon. Il semble que ce soit la même chose dans les autres. Tous les jours, nous croisons un transsibérien « classique », celui qui effectue la liaison Moscou / Vladivostock. Celui-là, en revanche, a l'air beaucoup plus fréquenté.

Le ciel est un peu moins bleu que les jours précedents, ce qui n'enlève point de charme aux paysages que nous traversons. Les villages, encastrés dans de petites vallées surplombées par des collines enneignées, se succèdent. Le vert, le bleu, le rose des maisons sibériennes, se font une petite place à travers ces épaisses couches de draps blancs qui les recouvrent.

L'activité ferroviaire du frêt est intense dans la région, illustrée par l'important trafic de container. J'aperçois ceux de la CMA CGM, l'armateur avec qui nous étions à 2 doigts de rentrer en cargo, via l'océan indien, la région du golfe persique et la mer Méditérannée. Sans doute un petit clin d'oeil du destin !

 

Les villages de Sibérie sont composés essentiellement de petites maisons en bois. Gla gla !

 

21 mars.

Après avoir traversé quelques grandes villes dont nous n'avons rien vu, comme Novossibirsk et Omsk, la nuit dernière, la gare qui retient notre attention aujourd'hui est celle de Iékaterinbourg. En effet, cette grande ville Sibérienne se trouve à l'extrême sud des Monts de l'Oural. Une fois dépassée, nous serons en Europe.

Les journées deviennent très calmes. Et malgré leur inhabituelle longueur, puisque nous retardons notre montre chaque jour, elles sont bien remplies de diverses activités : le paysage retient toujours une grande part de notre attention. Le manteau blanc qui recouvre le pays s'étend maintenant depuis plusieurs milliers de kilomètres, et sa masse ne semble pas faiblir. Les températures sont toujours glaciales, il faisait -8 à Iékaterinbourg, et nous sommes le 21 mars ! Drôle de printemps ! Lire, regarder des films, rédiger le blog, manger et boire... du thé. Tout cela remplit bien nos journées.

 

Coucher de soleil en Sibérie.


22 mars.

C'est le dernier jour à bord. Ce soir nous serons à Moscou. Il fait toujours aussi froid, il y a toujours autant de neige et le ciel est toujours aussi bleu. Le train ? Toujours aussi vide ! Mais nous avons à faire : terminer la rédaction de cet article, et sélectionner les photos que nous souhaitons mettre en ligne.

A l'aller, le voyage de 3 jours et demi, de Moscou à Irkoutsk, nous avait semblé très long. 10 mois plus tard, après des milliers de kilomètres à bord d'une multitude de trains, nous pourrions prolonger encore le voyage au-delà des 6 jours prévus. Prendre le temps, comme nous le voulions au départ, n'est pas chose aisée. Il faut croire que nous y sommes parvenus.

 

Une église orthodoxe aux bulbes bleus !



 


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Publié à 11:41, le 16/03/2013 dans Au fil des rails, Siberia
Mots clefs : vodkatransmandchourientranssibérienmoscourussiechinebeijing


Kaléidoscope culinaire !

Février / Mars 2013 / Chine

 

Côté table, rien à dire, la Chine est vraiment au top ! Si on a su apprécier la cuisine épicée et raffinée du Sichuan, réputée dans le monde entier, ce deuxième séjour en Chine confirme la mention particulière pour la cuisine des Hui, les musulmans de Chine, sa diversité et ses pâtes fraîches malaxées à la commande dans tout le pays. Exceptionnellement je vous propose un petit tour d'horizon en images, sans commentaire. Sauf un : VIVE LA CUISINE CHINOISE !


 

 

Le saviez-vous ? Si dans la cuisine chinoise les aliments sont toujours découpés en petits morceaux, c'est principalement à cause du manque de combustible qui a sévit dans le pays pendant très longtemps. Le peu d'énergie disponible était essentiellement utilisée pour le chauffage. Ainsi coupés, les ingrédients cuisent rapidement et à feu vif.  C'est aussi la raison de l'invention et de l'utilisation du Wok qui permet de saisir et de cuire rapidement les aliments en répartissant la chaleur sur une grande surface...

 

 


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Publié à 07:43, le 15/03/2013 dans Chine, Chine
Mots clefs : soupesnouilles chinoisesspécilités des huicuisine au wokcuisine du sichuanchinegastronomieriz


Train chinois, visa russe, et réjouissances Pékinoises.

 

Du 6 au 16 mars 2013 / Pékin / capitale de la Chine

 

Le "nid d'oiseau" a été construit pour accueillir les JO de 2008. Il est au coeur d'un immense complexe olympique.


sluuuuuuuuuuurp... Miaaach miaaaach miaaaach...


6h30 du matin. Train Chengdu / Beijing. Nos voisines de couchettes au sein de notre compartiment sont déjà au p'tit déj. Et comme tout bon repas d'épicuriens Chinois, il se déguste la bouche ouverte ! C'est pour mieux apprécier les saveurs paraît-il ! Etrangement, nous avons réussi à nous habituer à ces mélodies de bouche, les ingurgitations de soupes et bouillons accompagnés d'un retentissant « sluuuuuuuuuuurp » rivalisant de concert avec la mastication de divers mets produisant une série de miaaarch miaaarch miaaarch atteignant le nirvana des décibels buccaux!


Mais là, il est tôt, et comme tout bon épicurien Chinois, le bruit, quel qu'il soit, fait partie du plaisir de l'existence. Quand il n'y a plus de bruit, en Chine, c'est qu'il n'y a plus de vie ! Alors, peu importe l'heure, pour nos voisines, c'est celle du p'tit déj.


Dans l'esprit des Chinois, il ne semble y avoir qu'un seul repas possible à prendre dans un train : le ramen. Cette espèce de soupe de nouilles aux saveurs chimiques et aux emballages colorées, ne passe pas inaperçue dans les rayons des supermarchés. Toute personne embarquant dans un train est donc inévitablement accompagnée de son ramen. Une fois les quelques sachets de produits déshydratés vidés sur les nouilles encore sèches, il suffit de rajouter de l'eau chaude, disponible dans tous les wagons, de laisser reposer 5 minutes, et de déguster le tout. Lorsque l'envie nous prend de varier les plaisirs, et de remplacer notre traditionnel ramen par un bol de patates déshydratées, le chemin aller-retour, de notre siège jusqu'à la source d'eau chaude du wagon, nous donne l'impression d'être de véritables bêtes de foire, sanction que nous nous infligeons à nous-mêmes, pour pas un kopek ! Mais là encore, nous nous sommes habitués à ces regards insistants, scrutant la moindre parcelle de nos personnes. Et pour un peu que madame soit un peu plus grande que monsieur, proche du mètre quatre vingt, et donc plus grande que la plupart des Chinois, le succès est garanti, et l'intrigue poussée si loin, bien au-delà du simple bol de patates déshydratées, qu'elle risque de déclencher de violents torticolis chez nos « admirateurs ». Les Chinois sont curieux et ne s'en cachent pas. Que ce soit dans un train, dans la rue, dans un restaurant, s'ils sont intrigués, ils le montrent ! Et le partagent bien souvent dans de grands éclats de rire !


Mais revenons à notre petit déjeuner ! Il est tôt, et certains se lèvent à peine. Cracher, par terre, partout, fait également partie du quotidien de l'épicurien Chinois, prêt à se laisser aller à tous les excès afin de soulager sa personne, sous les regards médusés d'occidentaux tels que nous, tentant de cacher leur curiosité (eux !). Mais à 6h30, il semble que le besoin de soulagement soit décuplé. L'(in)activité de tout une nuit est à dégager de la gorge. Alors, c'est bien profond que l'on va chercher le soulagement, et le raclement de gorge dure, dure, dure... Une fois le mollard constitué, il serait temps de penser à ce qu'il va devenir. Certains, plus précotionneux pour leurs voisins (bien difficiles à émouvoir de toute façon) que d'autres, s'en vont éjecter l'objet en train de mûrir sur leur langue baignée de salive dans la poubelle, au bout du wagon, proche des robinets où l'on se lave les dents, et de la source d'eau chaude où l'on se fait à manger ! D'autres, plus traditionnalistes, ne s'embarrassent pas autant, et font tranquillement glisser l'objet à l'extérieur de leur bouche, jusqu'au sol (couloir du train dans le cas présent), la chute étant amortie par un délicat filet de bave ! Et, en effet, pas grand monde ne s'émeut ! Quant à nous, on remet le p'tit déj à plus tard !

 

Vue sur le lac et le parc du Palais d'été, Beijing.

 

En Chine, les bambins ne portent pas de couche, mais des pantalons troués au niveau de l'entrejambe. Paradoxal, me direz-vous, puisqu'ils ne sont pas propres. C'est sans compter la vigilence extrême des parents, prêts à tendre n'importe quel récipient vide afin de collecter les substances liquides ou solides que leur juvénile progéniture s'apprête à éjecter de son petit corps. Mais alors... aucun accident n'est possible ? Un oubli de récipient ? Un réflexe un peu lent ? Un moment d'inattention où le regard se porte malencontreusement sur autre chose, par exemple sur une grande occidentale, que sur le bambin ???? ….. Si !!! C'est possible ! Conscient de cet état de fait, lorsque débarquent dans notre compartiment à couchettes la jeune maman et son adorable chérubin, accompagnés de la mamie et la tata, nous espérons que l'accident ne se produira pas. Espoir se transformant vite en désillusion lorsque le petit farceur se met à uriner à la surprise générale, surtout la nôtre, sans crier gare. Les premières effluves se répandent ainsi par terre, accompagnées des rires communicatifs de la famille ! « Et on nettoie pas là ?? Non !!! Ah bon, ça va sécher ?? Ah très bien ! » Naturellement, lorsque le même bambin se laisse aller, quelques heures plus tard, à l'évacuation de déchets organiques un peu plus solides, une fois l'écoeurante surprise passée, nous comptons sur notre joyeuse famille pour nous débarasser de ces quelques oublis ! Pas de problème, elles ramassent au sopalin, emballent le tout dans un sachet, oublient de se laver les mains, finissent d'essuyer le sol à la chaussure, et reprennent avec le même enthousiasme leur dégustation de cacahuètes dont les innombrables coquilles finissent par terre...


Déconcertant ? Toujours autant, malgré les quantités de trains que nous avons pris en Chine, et dans lesquels les mêmes anecdotes reviennent.

Tiens, le bambin a envie de pisser ! On court lui faire faire ses besoins... au dessus de la grande poubelle commune au wagon qui déborde déjà de cartons de soupes de nouilles arrosés de mollards matinaux...

 

Graff évocateur au sein de la "798 art zone" de Beijing.


La communication est difficile en Chine. Personne, ou si peu, parle anglais. Une fois l'intégralité de notre vocabulaire déblaterré avec fierté (environ 2 mots !), à nous de trouver de nouvelles astuces. Très facile en présence d'un enfant, la tâche s'avère plus ardue dans un environnement exclusivement composé d'adultes. Mais cette fois, nous avons de la chance, et comme notre bambin pisseur chieur semble apprécier les plaisirs de la vie, nous lui faisons don de quelques sucreries. Mi-effrayé, mi-intrigué par nos personnes, il reste méfiant, ce qui fait beaucoup rire ses anges gardiens. Et nous aussi par la même occasion ! Ne résistant plus, il s'emparre du petit gâteau, et le dévore. Dans un élan de générosité, nous en offrons à nos 3 madames, qui refusent poliment, comme à chaque fois que l'on offre une petite sucrerie à un Chinois. Ce n'est définitivement pas leur truc !


On approche de Beijing, et notre petite famille se prépare à descendre. Les adieux sont chaleureux, la promiscuité des lieux créant inévitablement une certaine complicité entre les voyageurs, pour le meilleur et pour le pire !

Des places sont libres, un jeune homme s'installe. En nous écoutant parler, il découvre que nous sommes Français, lui-même parlant un petit peu notre langue car ayant vécu au Togo où son père travaille. Il parle aussi très bien Anglais, nous confie qu'il fait des études de journalisme à Chengdu, et semble ravi d'échanger quelques mots avec des étrangers. Il semble aussi fier, comme beaucoup de jeunes Chinois avec qui nous avons l'occasion de discuter, que des occidentaux découvrent et parcourrent son pays. C'est ainsi qu'une nouvelle fois, nous recevons un sincère « welcome to China » !


A l'image de ce qu'il se passe dans un train, la découverte de la Chine s'avère déconcertante pour des occidentaux. Appréhender le quotidien des Chinois, c'est se heurter à des codes de conduite, des règles de vie, à l'opposé de ce que nous connaissons et de ce que nous sommes. Mais c'est également découvrir une culture d'une grande finesse à l'histoire si riche. On vous réveille tôt le matin avec fracas sans même se préoccuper de votre personne mais on vous salue et vous souhaite la bienvenue ! On vous expose quelques déjections peu ragoûtantes sous le nez, mais on vous propose une cuisine si raffinée ! On crache tout autour de vous dans la rue, mais on vous montre les arts chinois (martiaux et artistiques) avec toute la grâce qui caractérise leur pratique dans les parcs le dimanche... C'est peut-être cette tendance à la schizophrénie qui nous plait tant dans cette Chine, bien qu'elle exige un estomac solide !


Vue sur les toits de la cité interdite depuis les alentours.

 

Lorsque notre train arrive à Beijing, la nuit est déjà bien entamée. Nous constatons immédiatement que l'atmosphère s'est considérablement rafraichie. La longue file d'attente des taxis avance à un bon rythme, et nous sert de répétition générale avant d'annoncer notre destination à notre chauffeur. Les répétitions ont porté leur fruit, l'homme comprend immédiatement, et nous emmène « presque » à destination. Dans un même quartier, beaucoup de noms de rue, d'avenues, ou même d'impasses, se ressemblent. Le chauffeur lui-même est un peu paumé. Mais après y avoir mis toute sa bonne volonté, il semble que nous soyons arrivés. Il est minuit, et si nous pouvions écourter la balade, nous n'en serions pas malheureux. Pas de chance, ce n'est pas la bonne rue. Alors, on marche un peu, on se repère dans les rues encore animées à cette heure de ce quartier proche du centre, et on finit par trouver la bonne direction, bien aidés par un occidental qui semble résider dans la capitale Chinoise. Nous rejoignons donc notre auberge et ne tardons pas à nous coucher.

 

Romantisme du Palais d'été...

 

Dès le lendemain matin, jeudi 7 mars, nous filons à l'ambassade de Russie avec l'objectif d'obtenir un visa touriste en urgence, quitte à y mettre le prix, et ainsi attraper le transsibérien du samedi 9 en direction de Moscou. Doux rêve ! « Tourist visa ? If you don't live in Beijing, you have to wait for 2 weeks !  But you can have a transit visa in one hour ».

La matinée est un peu trop avancée, nous ne parviendrons pas à réunir les pièces nécessaires pour faire le visa de transit ce jour, nous nous assurons donc que nous pouvons le faire le lendemain.

Il n'est pas très difficile d'obtenir un visa de transit. Il suffit d'acheter tous ses billets de transport, entrant et sortant du pays, et que la durée du transit n'excède pas 10 jours. Nous filons donc acheter les billets de train pour le samedi 9, et achetons également sur internet des billets Moscou / Riga pour la semaine suivante.

Vendredi 8 mars, 9h00 du matin. Retour à l'ambassade de Russie. Surpris que les portes soient toujours fermées à cette heure, nous devenons carrément inquiets à 9h20, alors qu'aucun signe de vie ne semble animer le bureau des visas. Nous nous dirigeons vers un panneau d'informations, et découvrons avec stupeur parmi la masse de documents rédigés en 3 langues que le service des visas sera « exceptionnellement » fermé ce vendredi 8 mars ! Parfait !

Outre les dizaines d'euros perdues pour les échanges de billets de train, nous voilà « condamnés » à passer une grosse semaine à Beijing.

 

Impressions, "798 art zone", Beijing.

 

Comme si nous n'avions pas vu un ami depuis longtemps, et dont nous recroiserions la route de manière inattendue, ces retrouvailles avec Beijing, finalement, constituent une étonnante surprise. Très vite, ce n'est plus de « condamnation » dont on parle, mais d'une opportunité qu'on avait oublié d'inviter à notre table afin de prolonger notre séjour en Chine. Ainsi, nous pourrons découvrir ce que la capitale Chinoise nous avait caché l'été dernier, nous régaler pour une semaine supplémentaire dans les petits restaurans de la mégapole, et arpenter les hutongs de cette ville, reflet partiel d'un pays si riche dans ses cultures et ses populations, que l'on a appris à aimer, tout autant qu'il peut nous irriter, heurter nos consciences politiques, contrarier nos bonnes habitudes de savoir-vivre, fatiguer nos corps de sa surpopulation et ses climats capricieux. Par la même occasion, Beijing s'impose comme la dernière étape de notre périple asiatique. Même s'il nous reste la Russie, puis l'Europe à traverser, elle s'apparente à la fin de ce voyage, dénouement que nous n'attendions pas, qui s'impose de lui-même, comme dans une histoire logique d'un voyage au long cours, où les imprévus sécrètent leur dose d'excitation. C'est le début de la fin, que nous souhaitons heureuse, et dont nous allons profiter à fond.


Nous avons usé de tant de superlatifs dans les tentatives de descriptions que nous avons fait des endroits où nous nous sommes arrêtés, inspirés simplement en les regardant avec des yeux d'enfants, grands ouverts, émerveillés de toucher du doigt le dépaysement que nous étions venus chercher. Alors aujourd'hui, les superlatifs, on les a rangés dans le placard ! L'énumération de quelques sites, dont les seuls noms, tellement évocateurs, jouent eux-mêmes aux superlatifs, suffira : le palais d'été, étourdissant de gigantisme, calme et beauté (décidément je n'y arrive pas !) ; le sommet du petit parc jinghang, qui offre une vue... (allez, au placard!) sur la cité interdite toute proche ; le parc olympique, où les illuminations du « nid d'oiseau » et du parc aquatique scintillent dans la nuit pékinoise, et la vaste art-zone 798, dédiée à la création. 

 

  

La piscine oylmpique / Vue d'ensemble du complexe olympique.


On s'offre même une toile au mégabox, grand multiplex qui passe des films en version originale. Le premier de l'après midi, « a good day to die hard », commence dans 5 minutes. Plus enthousiaste que Lucy à l'idée de voir les derniers exploits du flic fou de New York, je la convaincs... Hélas, l'intrigue se passe à Moscou ! Avec l'intégralité des dialogues alimentant le mystère autour du complot en Russe, sous-titrés en Chinois, difficile de s'y retrouver. Heureusement, John McClane est là, pour nous rappeler au bon souvenir de la langue de Shakespeare : « I love you son, let's kill some fuckers ! » ou encore « my fuckin' vacations » entre une chute de 30 mètres à travers un échaffaudage et une salve de tirs de mitraillettes faisant trembler le sol de la salle ! No comment ...


Ce moment de poésie Ricaine passée, nous retrouvons la réalité Pékinoise. D'ailleurs, dit-on Pékin ou Beijing ? Et bien les 2 ! En réalité, « Pékin », c'est « Beijing » prononcé par les habitants du sud du pays, où les colons occidentaux étaient massivement présents il y a quelques siècles. C'est pourquoi le terme est resté, et demeure toujours dans certaines contrées, comme la France ! Mais, prononcé dans un bon mandarin, c'est bien « Beijing ».

 

Intérieur du Palais d'été, Beijing.


A part ça, que fait-on de nos journées ? On mange, bien sûr, tellement bien que la gastronomie Chinoise nous manquera, c'est sûr : des raviolis à la viande, des soupes de nouilles bien chaudes, des légumes, froids ou chauds, agrémentés de sauces toujours succulentes... On se balade aussi, sur la place Tian'anmen par exemple, où l'accès se fait sur contrôle des papiers d'identité pour tous les ressortissants Chinois ! Incroyable ! Cette place, depuis plus de 20 ans, n'est décidément plus un espace public comme les autres. On affronte également, entre 2 journées printannières, un climat capricieux, comme ces violentes tempêtes de sable venant du désert de Gobi. On lit les journaux, enfin, où la passation de pouvoirs des dirigeants a lieu. Nouveau président, nouveau premier ministre, les premiers à être nés après l'instauration de la République Populaire de Chine par Mao, en 1949. Mais ne nous y trompons pas, les seuls sujets abordés concernent l'économie et la poursuite du développement du pays, et les relations internationales avec les Américains, les Japonais et les Européens. Pour le reste, on verra plus tard... Ou pas !


Notre semaine s'achève, et nous sommes un petit peu tristes. Ce n'est pas seulement la Chine que nous quittons, ni seulement l'Asie, mais c'est un mode de vie qui s'arrête. Un mode de vie prônant la découverte, le nomadisme, les imprévus, et forcément le respect des peuples et des cultures qui nous accueillent, même si, parfois, leurs différences nous ont heurtés, choqués, bouleversés. Nous aurons plus appris sur le monde durant ce voyage qu'en 20 ans sur les bancs de l'école, et plus sur nous-mêmes qu'en quelques années de vie professionnelle. Il est temps de rentrer. Heureux d'avoir vécu toutes ces histoires que nous avons essayé de vous raconter. Enfin, nous allons revoir la famille et les amis. Dans 2 semaines. Ouf, d'ici là, nous avons encore le temps de vous en raconter quelques unes...

 

En chine, les nombreuses séances photos précédent de plusieurs mois le mariage.

 

 


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Publié à 17:22, le 11/03/2013 dans Chine, Pékin
Mots clefs : visa russe depuis beijingtrain en chinechinepékinbeijing


Le panda géant du Sichuan

Le 20 février 2013, Chengdu, province chinoise du Sichuan.

 

Le panda géant est l'emblème de la Chine, de Chengdu et de WWF !

 

J'en rêvais, nous l'avons fait ! L'arrêt programmé à Chengdu nous permet d'aller admirer quelques spécimens d'une espèce désormais endémique à la Chine et menacée, le panda géant.

Nous nous sommes rendus au Centre de recherche sur la reproduction des pandas, situé à quelques kilomètres seulement du centre-ville de Chengdu. C'est l'endroit idéal pour faire connaissance avec l'animal et sa cause, car le centre n'a rien d'un triste zoo. En effet, il est spécifiquement dédié à la reproduction de l'animal. Or, pour l'amener à se reproduire, il faut qu'il se sente le mieux possible et le plus proche de son environnement naturel. Les enclos sont larges, non grillagés (séparés par des murets) et verdoyants. Les animaux sont bichonnés et suivis de près, cela se sent, et c'est chouette !

Nous sommes arrivés tôt le matin, à 8h, il y avait peu de visiteurs dans le parc et les animaux étaient en train de prendre leur petit-déjeuner. Ces gros nounours noirs et blancs sont vraiment très beaux !! Outre l'aspect ludique et charmant de la visite, le musée du parc et la projection vidéo nous en ont appris beaucoup sur les pandas.

 

Ses taches noires autour des yeux servent à leurrer ses prédateurs en donnant l'impression qu'il dort alors que ses yeux sont grands ouverts !

 

Si le panda disparaît, c'est essentiellement dû à l'activité économique de l'homme qui empiète sur son habitat et qui produit le réchauffement climatique. Sur les 60 espèces de bambous présentes dans les fôrets de l'ouest de la Chine où il vit, le panda géant n'en consomme qu'une quinzaine environ. Les modifications climatiques affectent directement ces forêts en modifiant la nature des bambous qui y poussent. Mais l'homme n'est pas le seul responsable. Le cycle naturel du bambou entraîne la mort de très nombreux arbres tous les 25 ans. Notre panda géant meurt alors de faim en pleine forêt... De plus, les femelles très exigentes sur le patrimoine génétique du père, ne peuvent plus se déplacer librement dans les montagnes à la recherche du mâle idéal à cause du surpeuplement humain des vallées. cela donne une espèce en voie de disparition !

Aujourd'hui, il ne resterait environ que 1 000 pandas géants à l'état sauvage, répartis dans 3 provinces de l'ouest de la Chine. Avant, il était présent dans presque toute l'Asie (Japon, Corée et Asie du Sud-Est également). WWF en a fait l'emblème de sa lutte, et sa mascotte vient justement de ce centre de Chengdu !

 

Malgré son air lourd, le panda géant est très agile dans un arbre.

 

Comme je vous le disais, dans la nature, le panda se reproduit déjà assez mal. D'abord parce que la femelle est très exigente sur son partenaire. Ensuite parce que les bébés pandas naissent "prématurés", bien avant le terme de leur développement suffisant à leur survie. Le nouveau-né mesure environ 15 cm, pèse de 50 à 150 grammes maximum, n'a pas de poils et est encore aveugle. Quand on sait qu'un panda adulte mesure en moyenne 1,80 mètre pour 135 kilos, on comprend que la mère soit parfois désemparée face à ces tous petits êtres fragiles. Il arrive qu'elle tue le nouveau né par erreur ou l'abandonne, ne sachant pas comment s'occuper d'une chose si petite. Enfin, 50% des naissances donnent lieu à des jumeaux. Dans la nature, la mère abandonnera systèmatiquement l'un des deux bébés pour assurer la survie de l'autre. Au final, le taux de reproduction est donc très faible.

Les efforts qui sont faits en captivité pour leur reproduction permettent de pallier ces problèmes, mais également de relâcher dans la nature de jeunes adultes jugés aptes à retrouver leur état sauvage après un petit camp d'entraînement ! Cela est fait afin d'aider l'espèce à se perpétuer dans son habitat naturel.

 

Depuis près de 20 ans le centre étudie le comportement des pandas géants et a développé un savoir-faire unique et mondialement reconnu pour leur reproduction comme pour leurs soins.

Côté reproduction, la première difficulté est de déceler la période des chaleurs d'une femelle car elle n'émet qu'une faible odeur et n'est féconde que 2 ou 3 jours par an. Lorsque cela est fait, on lui présente des mâles. Parfois la reproduction naturelle peut avoir lieu. Mais en captivité aussi la femelle est très exigente et repousse souvent les mâles qui lui sont présentés (parfois violemment, nous en avons eu la preuve en image !). Dans ce cas, les scientifiques procèdent alors à des inséminations artificielles. Puis ils suivent la grossesse au quotidien avec de nombreux tests afin de s'assurer que tout va bien et sont présents lors de l'accouchement pour éviter tout risque pour le bébé. A ce moment-là, si la mère est violente ou qu'elle abandonne son bébé, les scientifiques le récupèrent temporairement et l'élèvent en couveuse, en le nourissant du  colostrum de sa mère. Ils font de même lorsque ce sont des jumeaux. Dès que cela est possible, les scientifiques rendent les bébés à leur mère qui les prend en charge, gardent sur eux un oeil attentif et leur prodiguent des soins réguliers. Grâce à ce système, le pourcentage de survie des nouveaux-nés est très élevé, et même lorsque ce sont des jumeaux, la mère parvient à les élever tous les deux.

 

Voici les stades de développement à la naissance, à deux semaines et à deux mois :

 

   

  

 

Les bébés pandas naissent en été après environ 5 mois de gestation. Lors de notre passage, nous avons pu observer deux frères jumaux de 6 mois qui jouaient. Dans la nature ils sont livrés à eux-même à l'âge d'un an et demi, mais en captivité, il peuvent rester avec leur mère jusqu'à l'âge de 4 ans ! Les mères pandas sont très attentionnées : par exemple, dans la nature elles ne mangent presque pas pendant les 6 premiers mois pour mieux prendre soin de leur petit.

 

Nos bébés pandas de 6 mois, en chair et en os !

 

Enfin, d'autres informations nous ont beaucoup étonné !

Tout d'abord les scientifiques (contrairement à ce qu'indique Wikipédia) n'ont pas classé le panda dans la famille des ursidés, mais dans une famille à part, située dans l'arbre des espèces entre l'ours et le raton-laveur (ce qui se comprend bien lorsque l'on découvre le panda rouge).

 

Pandas rouges, la deuxième espèce de pandas existante.

 

Ensuite, bien que se nourissant quasi-exclusivemement de bambous, le panda a un "physique" (machoires et système gigestif) de carnivore ! Cela explique qu'il ait parfois recourt à la chasse pour se nourrir en cas de disette, même si certains d'entre eux n'y parviennent jamais. Par ailleurs cela explique également le fait qu'il assimile très mal les nutriments des bambous qu'il dévore, déjà eux-mêmes assez pauvres en ressources énergétiques. Il est donc obligé d'en consommer d'énormes quantités (15 à 35 kg /j), et peut passer 16 heures par jour à se nourrir. Le reste du temps, il évite de gaspiller le peu d'énergie qu'il a pu assimiler. C'est à cela qu'il doit sa réputation d'animal lent, gentil et dormeur !

 

Enfin, le panda géant a développé en plus de ses 5 "doigts" griffés une sorte de petit pouce, un 6ème "doigt". C'est pourquoi il peut attraper le bambou à "pleines mains" et le grignotter tranquillement, assis sur ses fesses, tandis que les autres animaux doivent plaquer l'objet au sol avec leurs deux pattes. 

 

Ses prédateurs naturels sont le léopard des neiges, le tigre et le loup.

 

Panda rouge qui se promène dans les allées et qui aimerait bien avoir à manger !

 

Au Sichuan, il était possible d'observer les pandas dans leur habitat naturel au sein de la réserve naturelle de Wolong, le plus grand lieu de protection et de conservation de pandas de Chine, mais elle a été fortement endommagée par le séisme qui a touché la région en 2008. Depuis, elle est fermée au public et on ignore la date de sa réouverture. En attendant, les pandas ont été transférés au centre de Ya'an, la "Bifengxia panda base", à une centaine de kilomètres de Chengdu.

 


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Publié à 12:19, le 27/02/2013 dans Chine, Chengdu
Mots clefs : bébés pandasmode de vie des pandasespèce en voie de disparitionpanda rougepanda géantsichuanchinebambous


Boten, mais qui es-tu, mais où sommes-nous ??

14 et 15 février 2013 / Quelques heures à Boten / Frontière Sino-Laotienne

 

Cela commençait mal ! Nous n'avions pas encore quitté Louang Namtha que le chauffeur du minibus nous demandait un bakshich, alors que nous avions déjà acheté nos billets au guichet de la gare routière. Il faut dire, la foule ne se précipite pas pour emprunter ce transport en direction de Boten. A tel point que le bus public reste à quai, et que la gare fait appel à un minivan privé pour prendre en charge les voyageurs. 

Renonçant à contre coeur à son "petit supplément", le chauffeur se met en route lorsque 2 Laotiennes nous rejoignent pour effectuer le trajet. Bien leur en a pris, cela devrait calmer les ardeurs de notre homme à nous soutirer un conséquent supplément et lui permettre de rentrer dans ses frais.

 

Les bornes sur le bas-côté de la route n'indiquent pas les kilomètres restants pour Boten, mais pour la frontière Chinoise. La ville frontalière étant censée se trouver un kilomètre avant le poste frontière.

8 kilomètres avant celui-ci, nous traversons un petit bourg. Notre chauffeur souhaite nous faire descendre là, sous prétexte qu'il n'y a pas d'hôtels à Boten, et qu'il est trop tard pour rentrer en Chine. 

Devant cette mauvaise foi apparente dont le seul but semble être l'économie d'un soupçon de carburant, d'une larme de temps, et peut être aussi le brin de vengeance prévisible après un refus de bakshich, un léger doute nous envahit malgré tout : lors de nos rapides recherches la veille, nous n'avons pas été en mesure de trouver des informations d'hébergement à Boten. Difficile à croire, puisque la ville est censée être le Las Vegas Laotien ! Nous feignons l'étonnement et demandons à notre homme de continuer. Quelques mètres plus tard, nous arrivons à des barrières de douane. L'homme râle à nouveau. Entre l'incertitude de ce qui nous attend à la frontière et la lassitude qui s'empare de nous face à l'attitude de ce chauffeur, nous descendons.

Un convoi de berlines immatriculées en Chine arrive au poste de douane. Nous leur demandons s'il y a des hébergements à Boten... "Bien sûr !" L'enfoiré !

 

Nous dégotons alors un tuk-tuk qui accepte de nous y déposer. Les derniers kilomètres de la route moderne construite récemment par les Chinois traverse la jungle. Comment imaginer un Las Vegas à cet endroit ? En approchant de la petite ville, nous apercevons d'imposants bâtiments aux couleurs vives s'extirpant avec aisance du paysage luxuriant du Nord Laos. Nous arrivons enfin dans ce que nous croyions être le coeur de la cité. Nous sommes alors surpris par le calme ambiant. Personne ne circule dans les rues, les herbes sauvages envahissent les bas- côtés des artères goudronnées, 2 ou 3 bouis-bouis sont ouverts, mais déserts ! Ce n'est pas possible, il doit bien y avoir un centre-ville...

Notre tuk-tuk nous dépose à l'entrée d'un gigantesque hôtel dont la façade rose bonbon semble flambant neuve. Le hall de l'hôtel est désert. Nous sortons la jeune réceptionniste de sa torpeur. Elle nous annonce un prix en Yuan Chinois. Nous sommes toujours au Laos que diable ! Sans doute pouvons-nous payer en Kip Laotien ? Certes, nous le pouvons. Seul problème, nous n'en avons plus suffisamment ! La devise qu'il nous reste est le Bath Thaïlandais. Nous partons alors en quête d'un bureau de change ou d'un distributeur automatique. Cela devrait être facile à trouver dans la ville Laotienne du jeu ...

 

Notre hôtel, immense bâtiment rose dont nous sommes les seuls clients !

 

Nous arpentons des rues désertes. Seuls quelques aboiements de chiens parviennent à troubler le silence ambiant. Certains bâtiments, aux peintures fraîches, semblent être à peine sortis de terre, mais laissent apparaître un flagrant manque de finition. D'autres, au contraire, ont l'air abandonnés et complètement défraichis. Nous pénétrons dans un hôtel-casino dont le hall est allumé. Des chaises s'entassent dans un coin, des rideaux sales cachent tant bien que mal l'accès à certaines pièces où moisissent pas mal de fournitures diverses dans un sacré fatras. Pourtant, il y a bien une réceptionniste. Elle nous indique qu'elle ne fait plus de change.

C'est dans une rue manquant cruellement d'activités citadines, d'enfants qui jouent, de femmes qui font du shopping et de Chinois crachant par terre (!) que nous finissons par croiser l'un des rares représentants de la vie sur terre dans cette ville : Je montre à l'homme en question ma carte de crédit et lui mime le geste du retrait d'argent. "oh no no no no no..." me dit-il en effectuant un grand geste du bras semblant signifier que je ne trouverai rien ici.  

 

Une rue de Boten à l'heure de pointe !

 

Finalement, après avoir cherché en vain pendant une bonne demi-heure une trace, même minime, de services bancaires et financiers, nous abandonnons. Sur le chemin du retour la tenancière passablement éméchée de ce qui semble être un établissement plus ou moins en activité de livraison de plateaux repas, accepte de nous changer 1000 baths. Nous nous retrouvons avec 200 yuans, suffisants pour payer la nuit d'hôtel et manger. 

 

Le crépuscule tombe sur la ville tandis que de rares éclairages ne nous permettent pas d'y voir à 5 mètres. Nous rejoignons alors l'artère principale qui traverse Boten et mène à la frontière. Quelques commerces de frippes chinoises sont ouverts... et déserts eux aussi. Un premier restaurant refuse de nous servir, sans que l'on sache trop pourquoi. A l'intérieur, un groupe de bruyants Chinois semblant apprécier la bière locale apporte un contraste saisissant avec l'atmosphère atone de la ville. L'établissement voisin accepte de nous servir... dans un enthousiasme très intériorisé ! Boten est déserte et ils rechignent à recevoir les rares clients ! 

Nous dégainons nos sourires les premiers et déridons nos hôtes. L'ambiance se détend et nous retrouvons avec joie les saveurs de la cuisine chinoise. L'horloge du restaurant indique l'heure... chinoise. Nous payons en monnaie... chinoise. Et regardons un programme télévisé... chinois bien sûr. Pourtant nous ne sommes pas encore en Chine, mais nous ne sommes plus vraiment au Laos. 

 

Sorte de no man's land éteint dont on ne saurait dire s'il a un avenir radieux ou un passé subversif, s'il se construit une destinée ou porte les stigmates d'un temps révolu, Boten nous met d'abord mal à l'aise. On se demande où est-ce qu'on a mis les pieds ? Ce que l'on fait dans cette ville fantôme, abandonnée, quasi morte ? La surprise est de taille quand on s'attend à trouver une ville frontalière dynamique, tenter le jackpot sur une ou deux machines à sous, ou simplement s'adonner à des activités urbaines normales comme retirer de l'argent, croiser des gens ou juste observer la vie qui s'écoule. Ici, la vie est rare, et le silence s'engouffrant dans ses rues désertes dominées par d'austères bâtiments tout ausi déserts, est un peu angoissant. De plus, pourquoi l'influence Chinoise (monnaie, fuseau horaire, programme télé) se fait tant sentir alors que nous sommes toujours au Laos ?

Puis elle aiguise notre curiosité, notre envie de comprendre ce qu'il se passe ici : quel est ce mystère entourant cette ville ? Alors, c'est sûr, dès qu'une connexion nous permettra d'en savoir plus, nous ferons chauffer nos moteurs de recherche !

 

Le lendemain matin, tandis qu'une brume épaisse a recouvert la petite ville toujours plongée dans son coma artificiel, nous prenons la direction de la frontière. Le poste Laotien, sous un stuppa doré, se limite à quelques bureaux dans une cabane en bois. C'est sommaire, et contraste avec l'ultra-moderne poste Chinois quelques centaines de mètres plus loin : bâtiment design à l'architecture originale, lecture électronique des passeports, contrôle des bagages comme dans un aéroport, et quelques mots d'accueil en Français (après un petit interrogatoire sur nos projets dans le pays !) de la part d'un gradé sans doute un peu surpris de voir débarquer 2 Européens à une frontière terrestre (ben ouais, on est censé avoir des billets d'avion) ! Mais cette fois, nous rentrons pour de bon en Chine. C'est à Mohan, la ville frontalière, que démarre notre contre-la-montre. 17 jours pour rejoindre le Nord-Ouest du pays, faire un visa, et rentrer au Kazakhstan. Délai à priori suffisant... A priori...

 

En route vers la Chine... la vraie !

 

 

Le poste frontière Laotien / Le poste frontière Chinois

 

Note : Après quelques recherches, nous avons pu nous informer sur l'histoire de Boten.

En 2004, le gouvernement Laotien a voulu imiter son voisin Chinois en créant une ZES, une Zone Economique Spéciale. Ces zones, en Chine, sont le moteur de la croissance et le symbole de l'ouverture de l'empire du milieu au capitalisme. Par le biais d'un système fiscal avantageux pour les entreprises, étrangères notamment, celles-ci s'y implantent en masse, attirant ainsi des millions de travailleurs, créant des millions d'emplois et aboutissant à l'avènement de gigantesques mégapoles comme Shenzhen, Chongqing, ou le quartier de Pudong à Shanghaï.

C'est ainsi que le gouvernement Laotien a cédé Boten a des investisseurs Chinois qui ont souhaité en faire la ville du jeu au Laos, les jeux d'argent étant interdits en Chine, excepté à Macao. Des milliers de clients Chinois en provenance de la province voisine du Yunnan ont commencé à affluer en masse. Les hôtels casinos de la ville se sont mis à recruter et former des travailleurs en provenance de toute l'asie du sud-est aux métiers de l'hôtellerie et du jeu. Mais très vite, la ville est devenue une zone de non-droits, loin des règles et des polices. Abandonnés aux triades chinoises, les lieux étaient devenus une plate forme du crime organisé. Le gouvernement Laotien a alors réagi en fermant le grand casino début 2012 mettant ainsi fin à l'histoire de Boten comme capitale du jeu au Laos. En attendant sa réorientation vers le commerce et le tourisme, Boten est une ville économiquement morte.

Quelques liens retraçant l'étrange histoire de la ville dans le temps :

- http://aquarium-asia.over-blog.com/article-33370628.html

- http://www.liberation.fr/grand-angle/010199641-laos-vegas

- http://www.jeuxcasino.com/casino/news/543-le-laos-ferme-son-casino-boten

- http://fr.wikipedia.org/wiki/Boten

- http://talent.paperblog.fr/5450832/laos-plus-de-casinos-chinois-dans-le-boten/

 

 


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Publié à 15:50, le 23/02/2013 dans Laos, Ban Botèn
Mots clefs : mohanfrontière sino laotiennelas vegas laotienbotenlaoscasinochineville fantôme


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Qui suis-je ?


Prendre le temps. Prendre le temps avec les gens, avec la vie, avec nous-même. Prendre le temps de découvrir des cultures, des langues, des coutumes. Prendre le temps d'apprendre des autres, d'apprendre à se débrouiller dans un environnement totalement inconnu, d'apprendre sur soi. Pour prendre ce temps, quel meilleur moyen que de se déplacer en train depuis Paris jusqu'au bout de l'Asie...

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